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CAN 2025 : la malédiction des champions roule encore, la Côte d’Ivoire 8e victime

Dès le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, une question obsède les tribunes : qui portera le flambeau du tenant du titre, alors que l’étiquette même du trophée semble porter malheur ? Huit fois de suite, le champion en titre n’a pas su garder son trophée. Et aujourd’hui, c’est au tour de la Côte d’Ivoire d’en payer le prix, comme si l’histoire choisit désormais de se répéter jusqu’à l’épuisement.

Depuis 2012, les champions d’Afrique en titre n’arrivent pas à prolonger leur élan jusqu’au sacre final. Même lorsque l’édition semble leur sourire et qu’ils se hissent dans la course, les couronnes s’effilochent en cours de route. La magie de l’hiver africain ne les épargne pas  : les quarts, à l’exception de la Côte d’Ivoire, et les demi-finales restent hors portée, comme si le destin tirait constamment deux coups de sifflet dans le même match.

Le parcours des anciens champions, une marche vers l’impasse

Samedi 10 janvier 2025, en quarts de finale, les Éléphants ont livré une bataille héroïque mais perdue 3-2 face à l’Égypte. Un score qui résume l’étiquette : duel acharné, regrets tenaces et une élimination qui résonne comme le chant du cygne d’un titre, malgré tous les efforts.

La désillusion ne devrait pas surprendre les Ivoiriens. Il y a deux ans, ils avaient déjoué les pronostics en signant l’arrêt du Sénégal en 8e de finale, alors champion de l’édition 2021 et sérieux candidat à sa propre succession.

Après son triplé historique entre 2006 et 2010, l’Égypte ouvre un précédent en échouant à se qualifier pour la Guinée-équatoriale. La Zambie, en 2012 : championne inattendue sous Hervé Renard, puis échec à confirmer, avec des nuls qui n’aident pas à franchir la phase de groupes. Le Nigeria, vainqueur en 2013, voit l’épreuve de 2015 bifurquer sans les Super Eagles.

Leçons pour 2025 et le prochain chapitre

La Côte d’Ivoire est peut-être en train d’apprendre une vérité simple et cruelle : gagner, c’est déjà un exploit ; rester au sommet, c’est un travail sans cesse renouvelé. Le premier cas ivoirien : élimination prématurée en 2017, telle une répétition de la dramaturgie où le chemin du titre s’éloigne au premier tour. Le Cameroun (champion cette année-là) puis l’Algérie (en 2019) et des années de ténacité illustrent autant de sacres suivis de chutes sur le ring des groupes ou des huitièmes.

Pour le champion de 2025, il n’est plus question de se détourner du miroir. La CAN, avec son lot d’exaltations et de désillusions, demande une autre lecture : peut-on survivre à la malédiction en réinventant l’approche, la préparation, l’esprit d’équipe ? Le scénario propose une fin possible : écrire sa propre légende, en franchissant les obstacles, sans céder au destin qui s’amuse à écrire les mêmes chapitres.

Mohamed NDIAYE

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