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CAN ET JURY D’APPEL CAF : Non, ils ne pourront pas nous l’enlever

Le football a cette particularité d’être un sport populaire, ce qui le rend unique et presque intouchable. Il transcende les peuples, réveille les passions et nourrit les émotions. Ce sport, dont les enjeux financiers, politiques et géopolitiques ne cessent de grandir, attirent des faucons de tous bords. Certains sont prêts même à subtiliser une coupe d’Afrique pour des intérêts personnels. Mais ce qu’ils ne savent pas c’est que le football appartient surtout au peuple.

La décision du Jury d’appel de la Caf de retirer le titre de champion d’Afrique au Sénégal pour le remettre au Maroc est assez cocasse. Des interprétations lunaires pour un match qui a connu certes une interruption temporaire, mais qui est allé jusqu’ à son terme. On peut faire toutes les acrobaties déductives sur les articles 82 ou 84, l’appel que la FSF va déposer au Tas a mille chances d’aboutir, car au final, le Tas n’a même pas besoin de légitimer la victoire des Lions. Car le football dans toute sa splendeur populaire l’a déjà fait. Le ballon rond reste ce sport où la part d’incertitude constitue un charme enivrant. Un match n’est jamais gagné d’avance et on a beau mettre tous les atouts de son coté, y compris des moyens financiers, cela n’est jamais gage de succès. Le Maroc l’a expérimenté d’ailleurs, puisqu’il a tout tenté. D’abord en mode soft power, se présentant comme le sauveur de la Caf, accueillant la plupart de ses tournois, et ses équipes qui n’ont pas de terrains homologués. Ils ont mis les petits plats dans les grands, faisant une démonstration de force dans l’organisation, se mettant dans la poche les dirigeants des instances du football, dont Gianni Infantino, président de la Fifa et Patrice Motsepe, président de la Caf. Les Marocains ont tout fait pour gagner, mais au soir du 18 Janvier, c’est bien Pape Gueye qui a marqué, et c’est bien le Sénégal qui a gagné. Le football offre ce type de scénario, un arbitre contre vous, un pays d’accueil contre vous, des supporters contre vous, et pourtant vous réussissez à rafler le trophée, c’est ça le football. Et son aspect populaire a transformé le retour des champions en scènes de joies immenses, comme en 2O22. Qui pourra enlever à Pape Gueye son bonheur indescriptible quand il voit sa frappe gauche nettoyer la lucarne de Bono ? Qui pourra retirer aux sénégalais cette explosion et ce concert de cris assourdissants à ce moment précis ? Qui fera renier à tous les amoureux du football ce moment où le temps s’arrête laissant place à la valse des émotions ?

Les Sénégalais ont fêté leur titre de champion ensemble, un bonheur qui ne sera jamais effacé, ni substitué. Même les passionnés du foot neutres ont vibré dans cette victoire, car ce sport transcende au-delà des équipes et supporters concernés. Ces moments font l’essence du foot, ils appartiennent à toutes ces personnes qui ne sont là que pour vibrer.

La vague d’indignation exprimée à travers le monde depuis l’annonce de cette décision lunaire de la Caf en est d’ailleurs la preuve.

Le Sport et le foot véhiculent des valeurs essentielles, courage, persévérance, résilience, fair-play. Pas sûr que les joueurs marocains auraient aimé même cette faveur, ils se sont battus pour un objectif, ce serait les mépriser de les faire gagner de cette manière.

L’aspect populaire du football est malheureusement de plus en plus menacée. Les instances du foot ressemblent maintenant à des endroits où on défend tous les intérêts exceptés ceux du foot, l’enjeu financier autour de ce sport grandit de plus en plus et les joueurs sont parfois traités comme juste de la marchandise. Le foot-business dans toute sa splendeur.

Le comble, c’est que les dirigeants font tout pour jouer un match avant le début de celui-ci, essayant de gagner une lutte d’influence dans les bureaux. Mais ce qu’ils n’ont toujours pas compris, c’est que le foot se joue sur le terrain, et cela, ceux qui ne vibrent pas pour le foot populaire, ne peuvent pas le comprendre.

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