Comme aux plus belles heures du football national…
Un retour au stade Léopold Sédar Senghor complètement remis à neuf, six ans plus tard… Une finale de Coupe du Sénégal de football pleine de promesses entre Génération Foot et le Jaraaf, deux équipes réputées joueuses… Et un public venu en très grand nombre comme aux plus belles heures du football national… Pourtant, malgré tout, un double retard à l’allumage avec d’une part le match dont le coup d’envoi n’est donné qu’une demi-heure après l’heure initialement retenue et d’autre part, le tableau magnétique qui met quelque deux bonnes minutes à se déclencher.
Qu’importe ! Pas de quoi fouetter un chat. Mais, soudain, alors que les deux équipes semblaient se chercher sur la pelouse et que, donc le match tardait à s’emballer, une folle clameur s’éleva des tribunes : à quelques kilomètres de là, à l’Arène nationale, Siteu « le phénomène de la lutte sénégalaise », venait de battre Balla Gaye 2 ! A défaut d’avoir le don d’ubiquité pour être en même temps ici et là-bas, certains spectateurs se sont rabattus sur leur téléphone connecté pour ne rien perdre de ce qui se passe du côté de la lutte, et auraient bien aimé souffrir, ne serait-ce que passagèrement, de strabisme divergent. Avec un œil sur le terrain pour suivre la finale et l’autre sur l’écran de téléphone pour être informés en temps réel du déroulement du « choc de titans ».
Mais, très vite, le public eut de bonnes raisons d’avoir préféré se rendre au stade plutôt qu’à l’Arène : au quart d’heure de jeu et au bout d’une belle séquence de possession, Abdoulaye Agne Bâ, l’excentré gauche de Génération Foot, envoya un amour de ballon enroulé dans la lucarne opposée de Cheikh Lô Ndoye, le portier du Jaraaf, réveillant tout le stade. Ironie du sport, le buteur n’est autre que le fils d’Ibrahima Bâ « Eusebio », le très offensif latéral gauche international du … Jaraaf des années 1970. Comme un clin d’œil à son papa qui, sur ce même stade avait organisé en décembre 1989 son jubilé, devant des gradins remplis à ras-bords et, sur la pelouse, des stars du football international de l’époque comme ses compatriotes Boubacar Sarr « Locotte », Lamine Ndiaye ou Pape Fall, les Français Alain Giresse, les frères Boli (Basile et Roger), Dominique Rocheteau, Marcel Desailly ou le Camerounais Roger Milla et l’Algérien Nordine Kourichi…
GF avait ainsi pris un avantage décisif et grâce à son jeu technique, léché et de déséquilibre, à ses combinaisons et à ses passes redoublées, elle ne tarda pas à « renverser » le public qui, apparemment, était essentiellement composé de supporters du Jaraf. Les « Académiciens » maîtrisaient parfaitement le match. Et alors qu’on s’acheminait tranquillement vers la mi-temps, un important mouvement de foule fut observé dans la tribune découverte : l’arène s’était à nouveau invitée au stade. Ada Fass, le populaire lutteur et supporter du Jaraaf qui, la veille, avait battu Liss Ndiago, venait de faire une apparition qui ne pouvait passer inaperçue, pour communier avec ses fans.
Malgré ce renfort inattendu, les « Vert et blanc », sacrés champions fin juin, n’ont jamais réussi à faire la jonction au score. Pour le doublé Coupe du Sénégal – Championnat, ils devront patienter encore. Dimanche, ils n’étaient pas de taille pour rivaliser avec les « Grenats ».
B.K.N






