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Entretien avec Mame Moussa Cissé : « Le Sénégal a des ambitions légitimes à la CAN 2026 »

Placées dans la même poule que le Maroc, pays hôte, l’Algérie et le Kenya, les Lionnes du Sénégal savent à quoi s’attendre lors de la CAN féminine 2026. Entre ambitions assumées, préparation minutieuse et objectif de dernier carré, le sélectionneur Mame Moussa Cissé se projette dans cet entretien exclusif avec Dsports.

Coach Mame Moussa Cissé, après le tirage au sort de la phase de groupes de la CAN féminine 2026, comment analysez-vous la poule du Sénégal, composée du Maroc, de l’Algérie et du Kenya ?

De l’avis de nombreux observateurs, cette poule fait partie des plus relevées de cette CAN féminine. Quand vous avez le Maroc, pays organisateur, double finaliste lors des deux dernières éditions (2022 et 2024), qui va évoluer à domicile devant son public avec l’ambition de remporter enfin le trophée, vous savez que le défi est immense.

Il y a aussi l’Algérie, quart de finaliste lors de la précédente édition, et le Kenya, une équipe qui revient dans la compétition après de longues années d’absence (Ndlr 10 ans). Tout cela montre que nous sommes dans une poule difficile.

Mais aujourd’hui, nous avons l’habitude de ce genre de défis. Nous avons affronté pratiquement toutes les grandes nations africaines. Il faut être prêt et jouer sur nos valeurs. Nous avons désormais une certaine expérience de la compétition, nous avons gagné en maturité, en solidité et en confiance. Il faudra surtout bien se préparer pour réussir une bonne CAN et, dans un premier temps, sortir de cette poule compliquée.

Le Maroc, pays hôte, reste sur deux finales consécutives et dispose d’un effectif ainsi que d’un sélectionneur très expérimentés. Que représente ce match pour le Sénégal ?

Affronter le pays organisateur est toujours compliqué. C’est une équipe qui veut absolument gagner, surtout après deux finales perdues. Même si atteindre la finale est déjà une performance, leur objectif est clair : soulever le trophée à domicile. D’autant plus que la compétition se joue pour la troisième fois consécutive chez eux sans qu’ils ne l’aient encore remportée.

Cela dit, nous sommes prêts, quel que soit l’adversaire. Le public est un facteur important, mais il compte pour les deux équipes. Ce sont des matchs que les joueuses aiment disputer, car toutes les conditions sont réunies : de bons terrains, une forte affluence et un niveau d’exigence élevé. À nous d’élever notre niveau de jeu.

Il faudra être à notre meilleur niveau sur tous les plans. Ce sont des matchs qui nous font grandir. Nous savons que ce sera difficile, mais ce ne sera pas facile non plus pour le Maroc, car il sait désormais que le Sénégal a progressé et affiche des ambitions légitimes.

Le Kenya est peut-être moins médiatisé. Comment éviter le piège face à une équipe qui revient à ce stade ?

Le Kenya a déjà connu la CAN, même s’il a été absent pendant longtemps. S’il se qualifie aujourd’hui, c’est qu’il a de la qualité et de la valeur. C’est une équipe que nous allons étudier avec beaucoup d’attention, car nous la connaissons moins.

Chaque match a sa propre histoire et nécessite une préparation spécifique. Nous allons tout mettre en œuvre pour bien nous préparer et mettre en place la stratégie adéquate. Aucun match n’est facile à la CAN, quel que soit l’adversaire. Nous nous battrons avec le staff pour mettre les joueuses dans les meilleures conditions, car ces rencontres seront très importantes pour la suite de la compétition.

« J’ai proposé à la Fédération d’organiser un camp d’entraînement pour les joueuses locales dès la semaine prochaine. À partir du 24 février, lors de la fenêtre FIFA, nous espérons jouer deux matchs amicaux ».

Le Sénégal reste sur deux quarts de finale consécutifs lors des éditions 2022 et 2024. Pour cette 16ᵉ édition, quel objectif vous fixez-vous avec les Lionnes ?

Nous n’avons jamais caché notre objectif. Après avoir manqué de très peu la qualification pour la Coupe du monde en 2022 et après deux quarts de finale consécutifs, notre ambition est de faire mieux et d’atteindre le dernier carré.

Ce groupe mérite d’aller en Coupe du monde. Pour cela, il faudra se donner les moyens lors de cette CAN très relevée. L’objectif prioritaire est de sortir de cette poule difficile, puis de tout faire pour accéder aux demi-finales. C’est notre rêve et, une fois à ce stade, tout devient possible.

La préparation s’annonce particulière, d’autant plus que l’équipe nationale n’a pas disputé de matchs lors de la dernière fenêtre FIFA de décembre. Comment comptez-vous gérer cette phase ?

La préparation est essentielle. Nous avons des adversaires de qualité dans notre poule et nous devons bien les connaître. Cela passe par l’analyse, la mise en place de stratégies adaptées et la recherche d’adversaires similaires pour les matchs amicaux. Nous souhaitons disputer deux ou trois rencontres avant la CAN afin d’arriver prêts. Le travail est déjà en cours.

La CAN se jouera du 17 mars au 3 avril. Avez-vous une idée du nombre de matchs amicaux à programmer avant la compétition ?

J’ai proposé à la Fédération d’organiser un camp d’entraînement pour les joueuses locales dès la semaine prochaine. À partir du 24 février, lors de la fenêtre FIFA, nous espérons jouer deux matchs amicaux.

Tout est en train d’être peaufiné, car il fallait d’abord connaître nos adversaires pour mieux planifier. J’ai également ciblé certaines joueuses évoluant en Europe que je souhaite aller observer. Il y a peut-être la possibilité d’effectuer un déplacement avant un dernier regroupement, puis de finaliser notre préparation dans un pays proche du Maroc afin de faciliter l’acclimatation et d’entrer pleinement dans la compétition.

Avez-vous déjà identifié les profils d’équipes que vous aimeriez affronter en amical pour préparer au mieux cette CAN ?

Oui, nous travaillons déjà sur les profils des équipes. Ici à Rabat, j’ai pris contact avec certains sélectionneurs qui souhaitent également nous affronter. Il reste maintenant à formaliser ces échanges entre les différentes fédérations.

Dès le début de la semaine prochaine, nous aurons plus de visibilité afin d’envoyer les courriers nécessaires et de sceller définitivement les matchs amicaux qui nous permettront d’aborder la CAN dans les meilleures conditions.

Entretien réalisé par Chérif Aidara Seydi

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