Entretien exclusif avec Victor Diagne : « Ce qu’il s’est réellement passé »
Dans un entretien exclusif, Victor Diagne revient sur les circonstances de son départ de Linguère de Saint-Louis. Le technicien saint-louisien évoque des divergences avec sa direction, notamment autour de l’arrivée de coach Amara sur le banc, et livre sa version des faits.
Coach Victor Diagne, nous avons appris votre départ de la Linguère. Que s’est-il réellement passé ?
Ce qu’il s’est passé, c’est qu’après chaque match, surtout après celui contre l’US Ouakam, le président m’appelait pour échanger sur la rencontre et les deux suivantes. Il m’a suggéré d’avoir davantage d’aide sur le banc. En l’occurrence, il voulait que Amara rejoigne le banc. Je lui ai demandé à quel titre. Le président m’a répondu qu’il se plaignait de ne pas être suffisamment impliqué dans l’équipe. Je lui ai dit que quelqu’un qui est chaque jour aux entraînements, qui participe aux séances et qui parle aux joueurs, était déjà impliqué.
Il m’a alors répondu qu’en tout cas, Amara devait être sur le banc. Le lendemain, il y a eu des échos et des rumeurs selon lesquels Amara allait désormais diriger l’équipe. J’ai appelé le président Bamba Ba pour avoir des explications. Il m’a confirmé qu’il voulait que Amara rejoigne le banc de la Linguère. Je lui ai répondu que personnellement, je ne suis pas d’accord. Soit il me fait confiance, soit il ne me le fait plus. Et que Amara n’accepterait pas d’être adjoint.
Il a insisté. Je lui ai demandé ce que cela signifiait exactement. Il m’a alors dit que Amara devait prendre l’équipe en charge. Je lui ai répondu que ce serait donc sans moi. Une demi-heure plus tard, il m’a rappelé pour me dire tout est ok je reste jusqu’à la fin de saison.
Mais à ma grande surprise, ce mardi matin, comme d’habitude, je me suis rendu à l’entraînement et j’ai trouvé Amara qui avait déjà balisé le terrain et commencé la séance. Et c’est coach Amara lui-même qui m’a dit qu’à partir de maintenant, il allait prendre l’équipe en charge. Je suis alors ressorti du terrain. Mais je n’ai pas démissionné. Le président n’a pas voulu prendre ses responsabilités.
À votre arrivée, quel objectif la direction du club vous avait-elle fixé ?
À mon arrivée à la Linguère de Saint-Louis, j’étais venu comme assistant du coach Abdoulaye Sy, qui avait demandé que je vienne l’aider. Ce que j’ai fait. Ensuite, il a démissionné et je devais également partir avec lui. Mais le président a insisté pour que je prenne les commandes de l’équipe, alors que j’avais refusé au départ. Il a même fallu que coach Abdoulaye Sy insiste lui aussi pour que je reste. L’objectif fixé était le maintien : essayer de maintenir l’équipe en Ligue 1, puis prendre les décisions nécessaires à la fin de la saison.
Selon vous, qu’est-ce qui explique cette saison très difficile de la Linguère ?
Je ne peux pas trop parler du début de saison parce que je n’étais pas encore là, même si je suivais l’équipe de près. J’entretiens de très bonnes relations avec coach Abdoulaye Sy. Quand j’avais le temps, j’allais voir les matchs, que ce soit à Dakar, à Mbour ou dans d’autres régions. Je ne peux donc pas trop m’avancer sur ce qui s’est passé entre le début de saison et le mois de décembre, période à laquelle je suis arrivé. Quand je suis arrivé, il y avait une série de défaites. L’objectif était donc d’arrêter cette saignée, de construire un mental solide et de gagner des matchs. Malheureusement, cela n’a pas totalement suivi. Mais ce qui est satisfaisant, c’est qu’il y a eu un gros travail effectué sur le plan mental et sur le plan défensif depuis notre arrivée, Alhamdoulilah.
Comment appréciez-vous cette expérience avec la Linguère ? Vous donne-t-elle envie de relever un autre défi en Ligue 1 ?
Mon passage à la Linguère m’a beaucoup appris, surtout dans le domaine des relations humaines. Je ne regrette rien. Je me dis que dans tout ce que l’on vit, il n’y a pas que du négatif. Même si aujourd’hui, ce que je traverse est extrêmement difficile, je prends cette situation avec beaucoup de philosophie.
Je rends grâce à Dieu, parce que j’y ai acquis beaucoup d’expérience, notamment en matière de confiance. Cela ne m’empêche pas, si l’occasion se présente, d’aller relever un autre défi en Ligue 1. Je ne regretterai jamais mon passage à la Linguère. Au contraire, je vais essayer de retenir le positif pour mieux avancer.







