Foot féminin : Une fronde menée par 6 clubs de D1
Alors que le championnat féminin de première division du Sénégal touchait presque à sa fin, la 21e journée a été marquée par un épisode inédit : quatre des cinq matchs programmés n’ont pas eu lieu. En cause, un mouvement collectif des clubs, motivé par un profond sentiment d’incompréhension face à l’attitude jugée inflexible de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF).
Dans un communiqué officiel publié le 12 juin 2025, la Coordination des clubs de football féminin a expliqué les raisons de ce boycott massif. Le texte revient sur une demande formulée par 9 des 11 clubs de D1 féminine, qui avaient sollicité — sans succès — le report des matchs prévus le 4 juin, en raison de leur proximité avec deux grandes fêtes religieuses : la Tabaski et la Pentecôte, toutes deux largement célébrées au Sénégal.
Une demande ignorée par la FSF
Selon le communiqué, cette demande avait été adressée par courrier le 2 juin à la FSF. Les clubs affirment n’avoir reçu aucune réponse, malgré des relances antérieures sous forme de courriers individuels ou d’appels téléphoniques.
Face à ce silence et à l’absence de dialogue, les clubs ont pris la lourde décision de déclarer forfait collectivement pour les matchs du 4 juin, marquant ainsi une rupture inédite dans l’histoire du football féminin sénégalais. Une dernière tentative de médiation a pourtant été menée le 3 juin, avec un représentant des clubs qui s’est déplacé personnellement au siège de la FSF. Là encore, l’initiative est restée vaine. « Face à l’absence de dialogue et de volonté d’écoute, les clubs signataires ont pris la lourde décision de ne pas disputer les matchs programmés lors de cette 21e journée, en déclarant tout bonnement forfait. Cette décision n’a été prise qu’en ultime recours », justifie le communiqué.
Un ras-le-bol face à une organisation défaillante
Les clubs dénoncent une situation à la fois prévisible et facilement évitable, surtout que la Ligue professionnelle masculine avait, elle, anticipé et décalé ses matchs autour des mêmes dates. Cette différence de traitement illustre, selon les signataires (Dakar Sacré-Cœur, Dorades de Mbour, Jappo Olympique de Guédiawaye, Kaolack FC, AFA Grand Yoff, USPA), le manque de considération pour le football féminin, souvent relégué à l’arrière-plan.
Au-delà de cet incident précis, le communiqué met en lumière des problèmes structurels récurrents dans l’organisation du championnat : calendrier flou, modifications tardives, absence de concertation. Ces dysfonctionnements ont un coût réel pour les clubs : dépenses imprévues, perte de ressources, désorganisation des effectifs, frustration croissante chez les joueuses, entraîneurs et dirigeants.
« La saison 2024-2025, censée s’achever fin mai, s’éternise aujourd’hui au détriment des clubs et de leurs ressources », déplore la Coordination.
Un appel à un vrai changement
Par cette action forte, les clubs veulent tirer la sonnette d’alarme et exiger une planification plus claire, équitable et concertée du championnat. Ils demandent que la voix des acteurs du football féminin soit entendue et que les réalités sociales, culturelles et religieuses du pays soient prises en compte dans l’élaboration du calendrier sportif.
Khadim DIAKHATÉ






