FSF : Le premier fusible a sauté, et c’est tout ?
Le premier fusible a sauté. Le Sélectionneur national Pape Thiaw a été le premier à faire les frais du fiasco des Lions au Mondial 2026. Mais les remous de l’après mondial ne font que commencer, car la fédération, aussi au banc des accusés, est toujours attendue pour son évaluation en situant les responsabilités à l’origine des couacs organisationnels qui ont été notés. A voir aussi, comment le Ministère des Sports et Pape Thiaw, autres parties prenantes, vont réagir après cette décision du Comex de la Fédération Sénégalaise de Football.
La Fédération sénégalaise de football n’a pas perdu de temps. Dès la première réunion d’après Mondial de son Comité Exécutif, l’instance a sorti le sabre, pour couper la tête du Sélectionneur. Le premier fusible a donc sauté, et ceci n’est que le premier épisode d’une série dont les rebondissements sont certainement loin d’être finis.
Pape Thiaw : échec sportif et managérial
C’est presque une loi incontournable dans le « football circus », quand il y a des mauvais résultats ou une mauvaise campagne à un tournoi, l’entraineur est le premier à payer les conséquences. Une loi dont l’arrêté « Il est plus facile de changer l’entraineur plutôt que 11 joueurs » se veut indiscutable. Au-delà de toutes ces considérations, la responsabilité du Sélectionneur Pape Thiaw dans les mauvaises performances au Mondial 2026 est réelle. Le premier écueil est bien évidemment sportif : 3 défaites en 4 matches, 9 buts concédés et une piteuse élimination en 16e de finale face à la Belgique après avoir mené par 2-0 jusqu’à la 85e minute.
L’autre écueil est dans le management. Sa gestion du groupe a été défaillante en alignant des joueurs qui n’étaient pas au mieux sur le plan physique. La débâcle sportive a eu des relents jusqu’au vestiaire. Un vestiaire fracturé peut être un frein au management du Sélectionneur.
Seulement, la manière interpelle, le Sélectionneur n’a pas été entendu avant d’être limogé, et même sur le communiqué publié par la FSf faisant état de son limogeage, aucun mot de remerciement ne lui a été attribué. D’ailleurs, Moussa Mbaye, membre du Comex, dans les colonnes du journal L’Observateur, se désolidarise de la décision de la FSF et sur la manière dont Pape Thiaw a été limogé : « Pape Thiaw n’a pas été à la hauteur des attentes, à commencer par les deux défaites, et la manière dont nous les avons subies, qu’il s’agisse de la préparation ou de la débâcle contre la Belgique. Sur la base de ces faits, je suis d’accord avec son limogeage. Cependant le Président a dressé tout un rapport à, charge, exposant dans les détails des échanges privés. En tant que membre du Comex, notre droit à l’information et à la transparence impliquent autre chose. Il y’avait plus urgent. Le Président occulte l’essentiel pour se focaliser sur ses relations personnes avec le sélectionneur, afin de légitime son éviction alors que l’intéressé n’a même pas pu se justifier ou être entendu au préalable. Si on doit limoger Pape Thiaw sur la seule base de ce rapport unilatéral, alors je m’y oppose. L’intéressé dispose d’un droit de réponse ».
Quelles stratégies pour Pape Thiaw et le Ministère ?
La décision de la FSF de démettre le sélectionneur n’est pourtant que le premier épisode de cette saga post-mondial, car dans ce dossier, il y a trois parties prenantes, la Fédé, le sélectionneur et le Ministère des sports. IL faudra donc voire comment les deux autres parties vont se positionner suite à cette décision.
Pape Thiaw, la stratégie du bras de fer ?
Le sélectionneur a signé son contrat le jour du match Sénégal-Norvège : A voir les clauses et objectifs inclus dans le contrat pour savoir si Pape Thiaw peut engager un bras de fer avec l’instance dirigeante et ne pas lui faciliter la tâche. D’ailleurs, des sources proches du Sélectionneur affirment qu’il va prendre prochainement la parole. On imagine alors que pour lui le dossier n’est pas encore clos. Entre bars de fer et possibles déballages, le Sélectionneur pourrait mettre un grain dans la machine de la FSF.
Quelle sera la position du Ministère ?
Le ministère des Sports, de son coté, a le dernier mot. Car c’est l’entité qui paie le Sélectionneur national, et c’est elle qui devra avaliser la décision du Comex de la FSF. La position du Ministère sur l’éviction de Pape Thiaw sera un élément décisif dans ce dossier.
Quid des responsabilités de la Fédé ?
S’il est établi que le sélectionneur Pape Thiaw est un des responsables de la faillite sportive des Lions au Mondial, il est aussi évident qu’il n’est pas le seul. La fédération sénégalaise de football est aussi au banc des accusés pour des défaillances organisationnelles, logistiques et un manque de planification.
L’instance a fragilisé son Sélectionneur qui a débuté la Coupe du monde sans contrat, alors que 5 mois ont passé entre la fin de la Can et le début du Mondial. Les couacs notés lors du séjour aux Etats Unis avec les problèmes de primes, de restauration et de tensions entre joueurs et membres et le retard par rapport au vol (entre autres la liste n’est pas exhaustive) sont des griefs adossés à la fédération. Seulement, l’instance dirigeante, n’a pas pour l’instant situé ses responsabilités.
Certes, une conférence de presse du Président de la Fédération Sénégalaise de football est prévue ce lundi (16H). Une nouvelle réunion du Comex devrait suivre. Les fédéraux n’ont visiblement pas eu le temps de faire toute l’évaluation de ce Mondial 2026, mise à part la décision de démettre le Sélectionneur : et ils sont attendus au tournant. Et sur ce point, Moussa Mbaye en rajoute une couche : « Nous portons également une part de responsabilité dans cet échec. Nous refusons de l’assumer et préférons faire de Pape Thiaw le bouc émissaire. Pape Thiaw ne peut pas être l’unique responsable de cette débâcle. L’évaluation est en cours et tout sera clarifié. Il est temps de nous regarder honnêtement dans un miroir et de nous dire la vérité ».
Si Jamais la décision de démettre le Sélectionneur était entérinée, un autre débat se poserait :
Quel profil pour le remplacer ? Entre un entraineur local ou étranger, un tacticien ou un manager d’hommes. Mais surtout, pour quelle grille salariale ?
Et là aussi, la fédération devra s’entendre avec le Ministère des Sports car c’est l’entité qui paye, qui avalise.







