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Tabane Dieng, ex coach AJEL : «Le prochain défi, je le veux à la hauteur, au Sénégal, en Afrique…»

Cinq saisons. Une montée et une place de vice-champion, à l’issue de la dernière campagne. Des dizaines de joueurs lancés vers le haut niveau. Tabane Dieng a fait de l’AJEL de Rufisque bien plus qu’un club de football : une vitrine. Alors qu’il quitte le banc rufisquois, le coach se confie sur son passage, ses regrets, ses fiertés et surtout la suite de sa carrière. Sans détour avec l’un des trois meilleurs techniciens de Ligue 1.

Entretien

Après cinq saisons à la tête d’AJEL de Rufisque, vous quittez le club. Quel sentiment vous habite aujourd’hui ?

C’est un mélange de fierté et de nostalgie. Quand je suis arrivé, l’objectif était clair : poser les bases d’un projet solide. Aujourd’hui, AJEL de Rufisque est respectée, compétitive et reconnue au niveau national. Partir la tête haute, ça fait du bien.

Vous avez emmené AJEL du National à la Ligue 1. C’est historique pour le club. À quoi attribuez-vous cette réussite ?

Cette réussite résulte du travail, de la discipline et de l’exigence. Je n’ai jamais voulu brûler les étapes. On a construit étape par étape, avec une idée de jeu claire et beaucoup de rigueur. L’ambition était de rendre AJEL durable, pas seulement performante sur une saison.

Cinq saisons, une montée et une deuxième saison en Ligue 1 terminée à égalité de points avec le leader. Vous avez aussi installé AJEL parmi les meilleures équipes du pays…

Les résultats parlent, oui. Mais au-delà des points, ce qui me rend fier c’est l’identité qu’on a créée. Une équipe intense, disciplinée tactiquement et qui joue pour gagner. Les gens savent aujourd’hui à quoi s’attendre quand ils voient AJEL de Rufisque jouer.

On vous présente souvent comme le plus grand révélateur de talents du championnat. Ibrahima Ba, Lamine Bèye, Ousseynou Fall Seck, Pape Youssou Niang… Plusieurs sont déjà en Europe. Mohamed Diop et Samba Mbengue sont annoncés sur le départ. Comment appréciez-vous cela ?

Mon rôle n’est pas seulement de gagner des matchs. C’est aussi de former des hommes et des professionnels. Si un joueur d’AJEL peut signer en Europe, en Belgique ou ailleurs, et faire vivre sa famille, alors j’ai réussi ma mission. Le club y gagne aussi en valorisation.

Et côté sélections nationales (locale et jeunes), le bilan est tout aussi lourd : Mamadou Touré, Seydina Mandione Mbaye, Amadou Bène Coly, Ousseynou Fall Seck…

C’est une grande fierté de participer à la réussite des joueurs. Et la liste continue. Il y a Moustapha Sembène, Alioune Faye, Soumah, Sékou, Mansah, Adama Sène, Cheikh Diakhaté, Babacar Pouye… Beaucoup sont aujourd’hui en Arabie saoudite, au Koweït, au Liban, en Asie et en Europe. C’est la preuve que le travail de formation porte ses fruits.

On dit qu’AJEL est devenue le club le plus performant du Sénégal en matière de valorisation et de transferts. Vous avez réussi l’exploit de concilier performance sportive et performance économique…

C’est le football moderne. Un club doit être compétitif sur le terrain et intelligent en dehors. On a travaillé le marketing sportif, on a donné de la valeur à nos joueurs. Aujourd’hui, AJEL de Rufisque pèse dans le championnat, et pas seulement sportivement.

Beaucoup vous classent aujourd’hui parmi les trois meilleurs coachs de Ligue 1. Quelles sont vos forces en tant que technicien ?

Je dirais la capacité à construire un projet sur la durée. Le leadership, la culture de la performance et surtout la confiance aux jeunes. Un entraîneur doit être exigeant mais aussi être un accompagnateur.

Après votre départ, vous laissez un lourd héritage sur le banc du club. Quelle sera votre prochaine destination ?

Pour AJEL de Rufisque, je souhaite qu’on continue le travail. Le club a une base solide. Il faut juste la préserver. Pour moi, je prends le temps de réfléchir. Les grands clubs cherchent des entraîneurs qui gagnent. Les grands projets cherchent des entraîneurs qui construisent un héritage. J’appartiens à cette deuxième catégorie. Le prochain défi, je le veux à la hauteur, au Sénégal, en Afrique ou à l’international. Avant de terminer, je remercie la population de Rufisque, AJEL de Rufisque, les joueurs et supporters. J’ai voulu laisser une trace. Si aujourd’hui on parle d’AJEL comme d’une référence nationale, alors mon contrat est rempli.

Par Cheikh Demba NDIAYE

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