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Édouard Mendy : « Qu’on se souvienne de moi comme d’un patriote qui a toujours fait passer son pays avant tout »

À 34 ans et 60 sélections, Édouard Mendy entre peut-être dans les pages finales de sa légende internationale. Candidat au Trophée Yachine, il prépare une sortie orchestrée pour ouvrir grand la porte à la prochaine génération. Un adieu assumé par l’un des plus grands portiers d’Afrique, un témoignage qui sonne comme un devoir accompli.

Le point d’inflexion, c’est le moment où le Sénégal s’est imposé à la CAN au Maroc. Puis la Coupe du monde a dessiné la suite d’un destin. « C’était le bon moment pour moi d’arrêter, après avoir représenté mon pays dans toutes les compétitions possibles », confie-t-il à L’Équipe.

Deux Coupes du monde, deux CAN et « demie » (la première tronquée par une blessure), et deux titres qui ont émergé dans l’élan d’un prodige qui a longtemps porté la nation sur ses épaules. Le message d’Édouard est simple et puissant : un « devoir accompli », une « transmission » assurée et une proximité tangible avec la génération montante pour préparer l’avenir.

« Patrick Vieira a quand même essayé de me convaincre »

Avec l’arrivée de Vieira, la réalité s’est un peu complexifiée. Le coach a appelé, a esquissé son projet, sa vision et son importance dans une stratégie ambitieuse. Mendy se dit touché par l’aura et le respect que lui inspire « ce rôle qu’il voulait m’attribuer ». L’échange fut sincère et profond : « Patrick Vieira a quand même essayé de me convaincre. » Mais la logistique du futur a pris le dessus : « Je ne voulais pas commencer un autre cycle avec ce groupe en sachant qu’il y avait un grand pourcentage de chances que je ne le finisse pas. » Mieux vaut laisser la porte ouverte à une reconstruction rapide, éviter les brouillages et laisser le nouveau vestiaire prendre ses repères.

Que restera-t-il chez les Lions ? « Ce dont j’ai envie qu’ils se souviennent, c’est d’un patriote qui a toujours fait passer son pays avant tout. Pendant huit ans, j’ai mis la sélection avant tout. » Et il a répondu à l’appel de la nation avec la meilleure version de lui-même. « D’avoir eu ces résultats et d’avoir rendu le peuple sénégalais fier, c’est ma plus grande victoire. »

« Aujourd’hui, la fierté et le sentiment qui prédominent pour tous les amoureux du football, c’est qu’on est champions d’Afrique pour la deuxième fois »

Parmi ses 60 matchs disputés avec le Sénégal, un seul s’impose comme l’apogée : la finale de la CAN 2021 au Cameroun contre l’Égypte, remportée aux tirs au but (0-0, 4-2 t.a.b., le 6 février 2022). Sa première finale continentale, signée après une fracture en 2019, a porté le poids de l’attente et l’ivresse rare de la victoire. « Gagner cette première étoile a été un sentiment incroyable, inégalable. » La deuxième étoile ? Mendy la revendique, même si le doute plane. « Aujourd’hui, la fierté et le sentiment qui prédominent pour tous les amoureux du football, c’est qu’on est champions d’Afrique pour la deuxième fois. Après, ce qu’il se passera n’est pas de mon ressort. »

L’honneur suprême de l’instant : être nommé pour le Trophée Yachine. Pour Mendy, c’est « une très grande fierté », peut-être même « plus fort qu’à Chelsea ». Signe d’une année exceptionnelle tant en club qu’en sélection. Capitaine en club, cadre en sélection, il tient à rappeler que l’excellence n’est pas qu’un vain mot. Le sommet, c’est ce que l’on peut encore accomplir, peu importe où.

C’est ainsi qu’un chapitre se referme avec humilité et fierté. Édouard Mendy signe une version héroïque du service public, où le pays demeure au cœur et l’excellence devient un héritage permettant à une nouvelle génération de s’épanouir dans la lumière du continent.

Mohamed NDIAYE

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