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Pape Thiaw et la FSF : Abdoulaye Fall dévoile les coulisses d’un divorce marqué par des désaccords contractuels

La fin de l’aventure entre Pape Thiaw et la Fédération sénégalaise de football continue de faire parler. Quelques jours après le limogeage du sélectionneur national et de son staff, le président de la FSF, Abdoulaye Fall, a livré sa version des faits.

Réunis ce lundi au stade Léopold Sedar Senghor, les fédéreras ont accompagné le président de la FSF et les discussions ont tourné autour des questions salariales, primes, objectifs sportifs et divergences sur certaines clauses du contrat. Le patron du football sénégalais affirme que les désaccords étaient nombreux avant la rupture.

« La manière dont notre relation s’est terminée ne nous a pas plu »

Pour Abdoulaye Fall, la séparation avec Pape Thiaw n’est pas liée uniquement aux résultats sportifs. Le président de la FSF explique que les discussions autour du contrat avaient commencé plusieurs mois avant la fin de collaboration. « Notre relation avec Pape Thiaw ne date pas d’aujourd’hui. La manière dont notre relation s’est terminée ne nous a pas plu », a-t-il déclaré.

Selon lui, les premiers échanges avaient débuté avant la fin de l’année. « Avant la fin d’année, nous avons discuté. Je lui ai demandé de m’envoyer son contrat et j’ai échangé avec le Secrétaire général. »

Une proposition envoyée le 25 février, un retour le 8 mars

Abdoulaye Fall revient ensuite sur la chronologie des discussions. « Le 25 février, je lui ai envoyé une proposition en attendant sa validation. Il était à La Mecque. Il m’a envoyé un retour le 8 mars. »

Après réception du document transmis par l’ancien sélectionneur, plusieurs points auraient posé problème. « J’ai reçu le contrat, mais certaines dispositions étaient un peu compliquées. Il voulait notamment indexer son contrat au taux de la Banque centrale. » Une demande qui aurait nécessité de nouveaux échanges entre les différentes parties.

Le rôle du ministère dans la valorisation financière de Pape Thiaw

Le président de la FSF affirme avoir sollicité l’intervention du ministère des Sports dans les discussions financières. « Je lui ai demandé de parler avec Madame le ministre. Elle me disait très souvent de valoriser Pape sur la partie financière. Elle estimait que c’était l’État qui devait payer, pas seulement la Fédération. »

Selon Abdoulaye Fall, les discussions ont duré plusieurs semaines avant une nouvelle proposition. « À un moment, il n’y avait plus de retour. Il m’a envoyé un message et j’attendais le retour de la ministre pour consigner et envoyer le contrat. »

Il explique avoir ensuite écrit au ministère pour clarifier les attentes du sélectionneur. « J’ai demandé au SG de contacter Madame le ministre pour lui dire le salaire de Pape et la prime de signature. » La réponse du ministère serait arrivée après plusieurs semaines. « La lettre a été envoyée le 17 avril et la réponse est venue le 18 mai. Les instructions étaient de se baser sur les derniers émoluments d’Aliou Cissé. »

Le salaire d’Aliou Cissé comme référence

La question salariale aurait été l’un des principaux points de discussion. Abdoulaye Fall explique que beaucoup avaient une mauvaise perception du salaire de l’ancien sélectionneur. « Beaucoup pensaient qu’on payait Aliou Cissé à 30 millions alors que c’était 20 millions plus les primes de signature. »

Après les échanges, Pape Thiaw aurait finalement accepté une proposition. « Comme le président en a parlé, je suis d’accord avec les 30 millions », a déclaré le sélectionneur selon Abdoulaye Fall.

Mais l’ancien entraîneur des Lions souhaitait également un effort supplémentaire de la Fédération. « Pape m’a dit : avec l’État, ça y est, mais je veux que la Fédération fasse aussi un effort. »

Les primes de victoire et la prime exceptionnelle au cœur des discussions

Autre sujet de désaccord : les primes liées aux performances. « Sur le pourcentage des primes de victoire, il nous avait proposé 1%. Dans le document qu’il nous avait envoyé au départ, il était écrit 13%. »

Le président fédéral explique que Pape Thiaw avait également demandé une prime exceptionnelle. « Je lui ai dit que c’était un peu compliqué, mais que j’allais faire un effort. »

Finalement, la Fédération a accepté de faire un sacrifice financier, selon Abdoulaye Fall. « Le Secrétaire général m’a dit qu’on était obligé d’accepter. Nous avons pris l’argent de la Fédération pour régler cela. »

Les clauses fiscales et les garanties financières qui ont bloqué

Certaines dispositions contractuelles auraient cependant été impossibles à accepter pour la FSF. « Il y avait des dispositions que nous ne pouvions pas accepter. Il voulait aussi enlever les obligations fiscales personnelles. »

Pour Abdoulaye Fall, une fédération ne peut pas prendre en charge les obligations personnelles d’un entraîneur. « Une Fédération ne peut pas faire les déclarations fiscales à votre place. »

Il ajoute que certaines clauses prévoyaient des engagements financiers lourds en cas de rupture. « Quelle que soit la situation de rupture, il fallait lui payer certains montants. »

Les objectifs du Mondial et de la CAN refusés par Pape Thiaw

Au-delà de l’aspect financier, les objectifs sportifs auraient également créé des tensions. « Le ministre nous avait écrit : “Je vous invite à souscrire le contrat afin d’assigner les objectifs pour le Mondial et la CAN.” »

Mais selon Abdoulaye Fall, Pape Thiaw n’a pas accepté ces objectifs. « Pape n’a pas accepté les objectifs. Finalement, il y avait beaucoup de désaccords. »

Le contrat signé avant le match contre la Norvège

Le président de la FSF est également revenu sur l’épisode précédant le match contre la Norvège. Selon lui, le sélectionneur avait conditionné sa présence sur le banc à la finalisation de son contrat. « Avant le troisième match, contre la Norvège, le Secrétaire général m’a expliqué que Pape n’allait pas amener l’équipe sans son contrat. »

Face à cette situation, Abdoulaye Fall affirme avoir pris ses responsabilités. « J’ai tiré son contrat et je l’ai signé. » Pour conclure sur ce dossier, le président fédéral rappelle une règle qu’il considère essentielle : « L’équipe nationale doit être au-dessus de tout le monde. »

Khadim DIAKHATÉ

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