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Habib Diarra : « Pape, c’est comme un père pour nous…Ce que Mané nous a dit dans les vestiaires »

Suspendu, le regard en feu, Habib Diarra a dû suivre la fin de la finale de la CAN 2025 du banc, impuissant, tandis que la scène tournait au chaos. La dernière ligne droite, c’est une injustice sportive qui lui reste en travers de la gorge. Le Sénégal s’offre une victoire 1-0 face au Maroc, mais la polémique ne lâche pas. Au cœur de l’orage : Pape Thiaw et Sadio Mané, deux figures qui ont incarné l’esprit de cette équipe.

« Nous avions le sentiment que c’était une injustice », déclare Diarra à Sky Sports. « Ça fait partie du football. Parfois, l’arbitre fait des erreurs. Nous sommes humains, tout le monde fait des erreurs. Quand l’arbitre a consulté la VAR et a sifflé un penalty, nous n’avons pas vu la faute. C’était incroyable. »

« Il ne faut pas tout mettre sur le coach… il a réagi comme ça parce qu’il a vu comment on s’est battus pendant le tournoi »

Près de deux semaines après cette finale endiablée, qui a provoqué une onde de choc dans le monde entier, le milieu de Sunderland repasse en boucle cette fin de match. Un but sénégalais refusé, puis un penalty marocain dans le temps additionnel… La tension est à son comble.

« Il ne faut pas tout mettre sur le coach. Je pense qu’il a réagi comme ça parce qu’il a vu comment on s’est battus pendant le tournoi. Il a vu les sacrifices qu’on a faits pour arriver jusque-là. Il est comme un père pour nous. Il voulait nous protéger », insiste Diarra.

« Quelques minutes auparavant, nous avions marqué un but valable. Mais l’arbitre a sifflé un peu trop tôt. Normalement, on laisse le jeu se dérouler jusqu’au bout. Ensuite, s’il y a faute, on consulte la VAR pour déterminer s’il y a faute ou but. Nous étions furieux », ajoute-t-il.

Sadio, le leader naturel : « Il lui suffit de dire un mot et tout le monde obéit »

Les images des Lions quittant le terrain, le regard en feu, resteront dans les mémoires. Pape Thiaw, furieux, gesticulant pour faire partir ses hommes, non pas en défi, mais en signe d’unité. À l’extérieur, ça peut passer pour une protestation, mais pour Diarra, c’était surtout un acte de solidarité. « J’ai compris le message », confie le joueur. « Ce qui s’est passé était une décision collective. On ne peut pas pointer du doigt certains joueurs ou certaines personnes. »

Dans cette tempête, Sadio Mané joue aussi son rôle. Le guide, l’étoile qui rassure. « Sadio est un vrai leader », s’émerveille Diarra. « Il lui suffit de dire un mot et tout le monde obéit. C’est un grand frère pour tous les jeunes joueurs. Il est un exemple pour tous. »

Et quand il les retrouve dans les vestiaires, l’émotion est palpable. Mais Mané garde son sang-froid. Il leur rappelle que si Dieu a prévu quelque chose, personne ne pourra changer le destin. « Il nous a dit que, quoi qu’il arrive, Dieu aura toujours le dernier mot », raconte Diarra.

« Ceux qui nous critiquent font partie du football »

Certes, la finale a offert son lot de moments spectaculaires. L’arrêt de Mendy sur la Panenka de Brahim Diaz, le tir de Pape Gueye en prolongation, la victoire convaincante du Sénégal. « C’était l’une des meilleures finales, de très haut niveau et à haute pression, de toutes les éditions. » Mais l’exploit n’a pas empêché l’équipe de subir les critiques.

« Je n’y prête pas beaucoup d’attention. Je ne pense pas que les joueurs sénégalais y prêtent attention non plus », balance Diarra. « Ceux qui nous critiquent font partie du football. Nous serons toujours critiqués, sur le terrain, chaque week-end. Cela fait partie de notre métier. »

Une finale qui restera dans les annales, pas seulement pour la performance, mais aussi pour la tempête médiatique et émotionnelle qu’elle a provoquée. Le Sénégal a gagné, mais l’histoire retiendra aussi la colère face à l’injustice, la solidarité et la foi en un futur meilleur.

Mohamed NDIAYE

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