Le Onze All Time des Lions du Sénégal à la CAN
Crime de lèse-majesté, crieront sûrement les aficionados des générations Asmara 68 et Caire 1986. Mais, circonstances atténuantes ou pas, ces équipes n’ont pas dépassé le premier tour. Et, avec tout le respect dû au talent individuel de certains de leurs héros, difficile de rivaliser avec ceux qui ont amené le Sénégal en finale… ou carrément soulevé la Coupe. Les émotions, ça compte, mais les titres aussi.
Gardien : Édouard Mendy
L’une des plus belles trouvailles d’Aliou Cissé. Après un passage express et anecdotique avec la Guinée-Bissau, Doudou dit finalement “oui” au Sénégal en 2018. Depuis, 50 sélections, 29 clean sheets, une CAN remportée et un penalty décisif stoppé dans la séance fatidique de tirs au but face à l’Égypte en finale. En CAN, c’est 11 matchs et seulement 4 buts encaissés, dont un penalty. Sur sa ligne, il a des ressorts de kangourou et des réflexes de ninja. Il passe devant Tony Sylva, monstrueux en 2002 mais moins convaincant par la suite, et Cheikh Seck, dont la longévité n’a malheureusement jamais rattrapé le fait qu’il n’a jamais gagné un match à élimination directe.
Arrière droit : Lamine Gassama
Souvent critiqué pour son manque de folie offensive, Gassama sort pourtant une CAN 2019 digne d’un coffre-fort suisse : quasi impassable défensivement, deux passes décisives offensivement, et une place dans l’équipe type de la compétition. Oui, rien que ça. Il devance Pape Fall et Ferdinand Coly.
Défense centrale : Kalidou Koulibaly
Pas besoin d’argumentaire. On coche, on valide, on encadre. C’est Kalidou Koulibaly, le capitaine des Etoilés.
Défense centrale : Pape Malick Diop
Associer quelqu’un à Koulibaly ? Pas simple. On a pensé à Roger Mendy, présent dans l’équipe-type de la CAN 1986 malgré une élimination au 1er tour, à Abdou Diallo, son complice modèle en 2022, et à Lamine Diatta, impérial en 2002. Mais c’est finalement Pape Malick Diop qui rafle la mise. Sobre, teigneux, dur à cuire, il fut l’une des valeurs sûres de la génération des Guerriers de 2000 et des ‘’Fous’’ de 2002.
Arrière gauche : Saliou Ciss
Comme Gassama, lui aussi a beaucoup été conspué par le public. Jusqu’à 2021, où il a décidé de tout mettre dans un one-shot mémorable. Au Cameroun, avec Sadio Mané sur son aile, il sort une CAN stratosphérique, multipliant les dédoublements et les interventions propres. Il finit logiquement dans l’équipe type du tournoi.
Milieu gauche : Idrissa Gana Guèye
Peut-être pas le milieu sénégalais le plus technique ou le plus élégant de l’histoire, mais probablement le plus constant et le plus infatigable. Gana Guèye, c’est 90 minutes multipliées par un moteur diesel : ça ne s’arrête jamais. Au Maroc, il devrait jouer sa 6e CAN, record qu’il établira avec Sadio Mané. Chapeau GG.
Milieu droit : Pape Bouba Diop
Il force le respect. Héros du Mondial 2002, Pape Bouba Diop a démarré son ascension quelques mois plus tôt à Bamako. À la CAN. Entré en demi-finale contre le Nigeria, il marque et s’installe définitivement. Il deviendra le premier Sénégalais à marquer dans trois CAN consécutives (2002, 2004, 2006).
Attaquant excentré droit : Ismaïla Sarr
Beaucoup auraient certainement préféré voir Henri Camara, auteur de 5 réalisations en 5 CAN disputées. Mais rien que pour son acharnement à vouloir jouer la CAN 2021 malgré sa blessure, il mérite sa place. Mais en plus, dès qu’il arrive en quarts, il marque contre la Guinée équatoriale et offre la passe décisive à Mané en demi-finale. Speedy Iso dans toute sa splendeur.
Milieu offensif : Khalilou Fadiga
Il fallait un gaucher offensif, et les Lions n’en produisent plus comme avant. Nostalgie, oui, mais aussi mérite : Fadiga a illuminé 2000 et 2002 de son élégance et de sa patte gauche qui envoyait des caviars à tout va.
Attaquant excentré gauche : Sadio Mané
Lui, c’est la case “évident”. Meilleur joueur de l’histoire du Sénégal, meilleur buteur sénégalais en CAN (9 buts), buteur dans chaque édition depuis 2017, et MVP de la CAN 2021. Son penalty décisif aux tirs but de la finale contre l’Egypte de son coéquipier à Liverpool Mohamed Salah restera dans les livres… et dans les cœurs.
Attaquant : El Hadj Ousseynou Diouf
On entend déjà les rabat-joie rappeler sa maigre statistique : un seul but en quatre éditions. Certes. Mais la CAN 2002 de Diouf, c’est autre chose : des dribbles, des provocations, des accélérations et un chaos permanent dans les défenses adverses. Des prestations “Benzemasques” avant l’heure.
Coach : Aliou Cissé (avec Abdoulaye Sarr en adjoint)
Pour gérer ce 1-4-2-3-1, il faut un meneur d’hommes XXL. Aliou Cissé s’impose naturellement : finaliste en 2019, champion en 2022, première étoile gravée à jamais. On aurait pu l’associer à Bruno Metsu, mais les deux sont tellement opposés dans la gestion humaine que le banc aurait probablement fini… en zone rouge. Pour accompagner Aliou Cissé, on choisit donc Abdoulaye Sarr : un vrai adjoint, passé sous Schnittger, Metsu, Stephan et Traoré.
Remplaçants
Tony Sylva – Henri Camara – Oumar Guèye Sène, Pape Fall – Salif Diao – Thierno Youm, Yatma Diouck






