Mercato : À l’AS Pikine, c’est la débandade
Après deux saisons particulièrement compliquées sur le plan sportif, l’AS Pikine traverse une profonde crise. Comme son voisin de Guédiawaye, le club de la banlieue dakaroise paie aujourd’hui les conséquences d’une gestion chaotique, marquée par des tensions internes, des difficultés financières et un recrutement qui n’a jamais répondu aux attentes.
Une politique de recrutement qui a coûté cher
Il y a deux ans, la politique de recrutement ambitieuse menée par Modou Guèye, dit Modou Fall, avait suscité beaucoup d’espoirs. Mais cette stratégie, qualifiée de « bling-bling » par de nombreux observateurs, a surtout fait exploser la masse salariale du club. Les conséquences n’ont pas tardé à apparaître : retards de salaires, primes impayées, menaces répétées de boycott de la part des joueurs, tensions avec les supporters et un niveau de jeu très décevant malgré un effectif composé de plusieurs joueurs expérimentés. Deux ans plus tard, le constat est sans appel : cette politique est un échec.
Une direction fragilisée
La crise ne touche pas uniquement le terrain. En interne, plusieurs dirigeants ont quitté le navire ou ont pris leurs distances. Une partie des supporters attend désormais le départ de certaines figures de la direction. Les deux présidents, Mamadou Guèye et Modou Guèye (Modou Fall), sont confrontés à des déboires judiciaires. Le secrétaire général, Famara Soly, a gelé ses activités. Lamine Guèye, membre de la commission communication, ainsi qu’un vice-président, ont également décidé de quitter le club. Tous deux appartenaient au groupe de dirigeants proches de Modou Fall, vivement critiqué par une partie des Ultras pikinois.
Un effectif qui se vide
Sur le plan sportif, l’effectif est en pleine recomposition. À l’exception du gardien Amar Fall, toutes les principales recrues arrivées il y a deux ans arrivent en fin de contrat et ne souhaiteraient pas prolonger leur aventure avec le club. Libre de tout contrat, Ousseynou Touré est convoité par Dakar FC, le club de son quartier natal, récemment promu en Ligue 2. Son avenir semble désormais s’écrire loin de Pikine, où il avait pourtant rejoint le club après avoir porté le brassard de capitaine au Jaraaf.
Le constat est similaire pour Mangoné Ndiaye. Son retour à Pikine, après une belle progression à Dakar Sacré-Cœur, avait nourri de grandes attentes. Finalement, son passage restera une immense déception. Libre lui aussi, il pourrait être tenté par une nouvelle expérience à l’étranger. L’ailier Mor Talla Faye s’est déjà engagé avec le Jaraaf. Son coéquipier Bara Fall pourrait suivre le même chemin.
L’arrière gauche Modou Sèye Ndiaye, le robuste défenseur central Samba Oumar Hann ainsi que l’ailier Meissa Waly Dione ne sont, eux non plus, plus liés contractuellement à l’AS Pikine.
Une réduction de la masse salariale assumée
En interne, certains dirigeants ne cachent pas que ces départs représentent également une opportunité. Plusieurs de ces joueurs percevaient des salaires élevés, largement au-dessus des standards de la Ligue 1 sénégalaise, sans pour autant offrir les performances attendues. Néanmoins, deux ou trois d’entre eux pourraient finalement être conservés afin d’encadrer les nombreux jeunes qui devraient intégrer l’équipe première cette saison.
Une interdiction de recrutement qui complique tout
Comme si la situation n’était pas suffisamment compliquée, l’AS Pikine est actuellement sous le coup d’une interdiction de recrutement prononcée par la FIFA. Le club ne pourra enregistrer aucun nouveau joueur tant que cette sanction ne sera pas levée, une procédure qui pourrait prendre plusieurs semaines, voire plus de deux mois.
Les dirigeants disposent toutefois d’un délai jusqu’au 22 octobre, date de clôture de la période d’enregistrement des joueurs au Sénégal, ouverte le 1er août, pour régulariser leur situation et obtenir la levée de cette interdiction.
Malang Sané







