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Mondial 2026 – Boucounta Cissé : «Ne pas perdre ce premier match contre la France»

À l’approche du Mondial, Cheikh Boucounta Cissé revient sur les clés d’une bonne entrée en compétition. Pour l’ex-sélectionneur des U17 du Sénégal, la clé d’un bon parcours au Mondial passe par une entrée en matière maîtrisée. L’actuel Directeur technique de l’US Gorée revient sur l’importance du premier match du Sénégal contre la France, de la préparation et de l’état d’esprit pour permettre à l’équipe d’aller loin.

Entretien

Coach, le Sénégal est logé dans le groupe I en compagnie de la France, Norvège et Irak. Que vous inspire ce Groupe ?

Ce n’est pas un groupe facile. Dans une compétition, il va falloir prendre tous les paramètres. Il ne faut rien négliger si on veut faire un bon parcours. À mon sens, le Sénégal doit viser un bon résultat dès le premier match pour se libérer psychologiquement. Quand on gagne ou qu’on fait match nul d’entrée, on aborde la suite avec plus de sérénité et de confiance. À l’inverse, perdre d’entrée met une pression inutile sur le groupe et peut coûter cher pour la suite de la compétition. Il faut donc tout faire pour ne pas perdre ce premier match contre la France.

Le Sénégal démarre la compétition contre la France le 16 juin au stade MetLife aux USA. Est-ce un cadeau empoisonné ou l’occasion de frapper fort dès l’entame ?

Pour le premier match contre la France, il faut l’aborder avec sérénité. La France est une équipe qui joue sans se découvrir, elle attaque tout en restant en place. Il ne faut pas se faire piéger. Il faut garder une bonne organisation défensive, rester compact, et éviter de laisser des espaces. Je crois que si les joueurs respectent les consignes et jouent sur leur vraie valeur ils pourront s’en sortir, Inch’Allah.

«Je pense que le Sénégal a une équipe capable de franchir le premier, le deuxième, voire le troisième tour»

Pour la Norvège et l’Irak que d’aucuns disent que ce sera un match piège. Quelles attitudes doivent prendre les Sénégalais pour contrecarrer Haaland ou Ødegaard dans l’entrejeu ou éviter d’entrer dans l’excès de confiance contre les Irakiens ?

La clé se travaille à l’entraînement : il faut prendre le jeu en main pour chaque rencontre. On ne va pas à la Coupe du monde ou à la CAN sans imposer son football. Pour ces deux autres rencontres contre la Norvège (prévu le 23 juin au stade MetLife aux USA) et l’Irak (programmé le 26 juin au BMO Field Toronto-Canada), tout dépendra du résultat contre la France. Si on sort avec un bon résultat, on peut gagner les deux. Si le résultat est mauvais, il faudra se battre pour revenir, et ça devient plus compliqué psychologiquement.

Actuellement, le Sénégal est un habitué de la Coupe du monde, avec une quatrième participation (2002, 2018, 2022 et 2026). Quel doit être l’objectif du Sénégal lors de cette compétition ?

Je pense que le Sénégal a une équipe capable de franchir le premier, le deuxième, voire le troisième tour. C’est avant tout une question de gestion. Si l’équipe est bien encadrée, on peut y arriver. La Coupe du monde a déjà montré au monde que le Sénégal a une belle équipe.

Donc, ce ne sera pas donc facile pour les Lions qui seront très attendus ?

Effectivement, rien ne leur sera facile. Pendant la dernière Coupe d’Afrique des Nations, les joueurs sénégalais ont montré une bonne dynamique. Il faut transférer cette dynamique au Mondial. Le niveau change, le nom de la compétition change, mais le niveau de jeu reste le même.

«Aujourd’hui, les joueurs africains et européens se valent. Ils évoluent dans les mêmes championnats, dans les mêmes stades. Il ne faut pas avoir de complexe»

Thierry Henry dit : «dans une Coupe du Monde, beaucoup de choses peuvent arriver». D’après vous les sélections africaines auront-elles la possibilité de défendre crânement leur chance, après une récente qualification du Maroc en demi-finale en 2022 au Qatar ?

Aujourd’hui, les joueurs africains et européens se valent. Ils évoluent dans les mêmes championnats, dans les mêmes stades. Il ne faut pas avoir de complexe. Que ce soit le Sénégal ou les autres sélections africaines, il va falloir jouer son jeu pour essayer de passer le premier tour. Passer le premier tour donne la confiance nécessaire pour aller plus loin.

Six jours entre France et Norvège, puis 4 jours avant l’Irak. Comment le sélectionneur Pape Thiaw doit gérer la récupération et la rotation de ses joueurs sur 3 matchs en 10 jours ?

La préparation est essentielle. Il ne faut pas aller au Mondial sans une préparation sérieuse. D’ici le 16, il faut avoir une équipe prête à tout donner pour se qualifier et gagner ses matchs. Le sélectionneur et son staff en sont conscients. Le Sénégal a l’expérience des grands rendez-vous.

Dans tous les cas, il faut faire preuve de patience et de lucidité durant la compétition. Il faut gérer le regroupement, gérer chaque match, pour que le Sénégal joue à chaque fois avec toutes ses qualités. Comme je l’ai dit tantôt, la récente CAN a montré que le Sénégal est une équipe attendue. Il faut donc faire attention à ne pas se faire piéger. Voilà mon analyse sur la préparation du Sénégal et les enjeux.

Boucounta Cissé

Boucounta Cissé, Directeur technique US Gorée

Par Cheikh Demba NDIAYE

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