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Moussa Niakhaté, patron en club, cadre en sélection

De flop annoncé à pièce maîtresse de la défense lyonnaise, Moussa Niakhaté s’est imposé en patron depuis le début de la saison. À ses côtés, l’Angolais Clinton Mata complète une charnière centrale aussi complémentaire qu’efficace. Un tandem défensif solide, mais menacé par la prochaine CAN.

Il y a encore quelques mois, Moussa Niakhaté faisait figure de mauvais pari. Recruté à l’été 2024 pour 32 millions d’euros (environ 21 milliards FCFA) en provenance de Nottingham Forest, le défenseur central sénégalais n’avait pas convaincu. En difficulté, parfois dépassé, sa première saison à Lyon avait laissé sceptique.

D’autant plus que dans le même temps, le club s’était séparé de Mamadou Sarr, jeune espoir de 19 ans, pour 10 millions d’euros (6,5 milliards FCFA). Et le natif de Lyon brillait déjà à Strasbourg, pendant que Niakhaté enchaînait les prestations moyennes et les critiques.

Mais le vent a tourné. À l’image de l’Olympique Lyonnais version Paulo Fonseca, le Lion s’est métamorphosé.

Le patron de la défense lyonnaise

Depuis la reprise, Niakhaté est tout simplement impérial. Il a participé à 7 clean-sheets en 8 matchs de Ligue 1, et n’a concédé que 3 buts toutes compétitions confondues — contre Rennes (3-1), alors que Lyon jouait à 10.

Son match référence ? Une 6ᵉ journée face à Lille et Olivier Giroud, qu’il a complètement éteint. Solide dans les duels aériens, précis à la relance, sûr de lui dans les interventions, il rayonne dans l’axe de la défense lyonnaise.

Paulo Fonseca lui fait pleinement confiance : Niakhaté est désormais vice-capitaine, derrière Corentin Tolisso. Et ses performances ont été récompensées par une place dans l’équipe-type du mois d’août selon WhoScored (note de 7,48).

Le casse-tête de la CAN

S’il brille autant, c’est aussi grâce à l’homme à sa droite : Clinton Mata. L’international angolais, initialement latéral, a glissé dans l’axe avec une aisance remarquable. Ensemble, Mata et Niakhaté forment une charnière redoutable, mélangeant puissance, intelligence tactique, complémentarité et expérience. Niakhaté sécurise l’axe et s’impose dans les duels. Mata compense, couvre, relance et lit le jeu avec justesse. Une association sobre mais diablement efficace, qui explique la solidité défensive d’un OL aujourd’hui co-leader de la Ligue 1 avec le PSG, et auteur de deux victoires sans encaisser en Europa League.

Mais cette stabilité pourrait être remise en question dès décembre, avec le coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc (21 décembre – 18 janvier). Le Sénégal et l’Angola qualifiés, Niakhaté et Mata devraient quitter Lyon au même moment, privant le club de sa charnière centrale pendant une période cruciale du calendrier. Un coup dur potentiel pour l’OL, alors en pleine lutte pour les premières places en championnat et engagé sur la scène européenne.

Indispensable en sélection

Niakhaté confirme également son statut avec l’équipe nationale du Sénégal. Désormais titulaire indiscutable aux côtés du capitaine Kalidou Koulibaly, il a relégué Abdou Diallo sur le banc. Le duo KK–MN a déjà signé plusieurs clean-sheets, dont un récent face au Soudan. Et si le Sénégal a battu la RD Congo 3–2 quelques jours plus tard, l’absence de Niakhaté s’est cruellement fait ressentir : la défense a souffert et a montré des signes de fébrilité inhabituels. Heureusement, sa récente blessure au genou s’est révélée sans gravité. Il sera bien présent pour les prochaines rencontres qualificatives pour la Coupe du monde 2026, contre le Soudan du Sud (10 octobre) et la Mauritanie (14 octobre).

Yacine DIENG

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