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Moustapha Bayal Sall : « J’étais jeune, j’avais faim et je rêvais de ce Mondial 2010 »

Ancien défenseur des Lions du Sénégal et de l’AS Saint-Etienne, Moustapha Bayal Sall revient sur son rêve inachevé de participer au Mondial 2010 et son regard sur l’équipe nationale actuelle. L’ex-capitaine de Saint-Étienne évoque les défis qui attendent le Sénégal lors de la Coupe du monde 2026.

Moustapha Bayal Sall, vous avez sûrement vu la liste des Lions retenus par le sélectionneur. Comment la trouvez-vous ?

Dans l’ensemble, elle est bonne. Pape Thiaw a misé sur la continuité. Il maintient sa confiance à ses hommes, ce qui est logique et compréhensible. Pour moi, cette liste est cohérente.

Au niveau de la défense, beaucoup attendaient l’arrivée de Malang Sarr, qui a réalisé une très bonne saison avec Lens, surtout avec l’incertitude autour de Kalidou Koulibaly…

Le coach a préféré miser sur la continuité, ce qui est tout à fait normal. Concernant Malang Sarr, il est peut-être rattrapé par sa communication passée. Mais bon, il était jeune. Aujourd’hui, il paie peut-être cette sortie. C’est dommage, car c’est un bon défenseur. Pour Kalidou Koulibaly, je ne connais pas exactement la nature de sa blessure, mais au vu des déclarations du sélectionneur, on peut rester optimiste.

« Sénégal – France en 2002. Ce match est à part pour moi. Entre la victoire, l’adversaire et le scénario, c’est le plus grand match que j’ai vécu en Coupe du monde. »

Il y a aussi l’option Pathé Ciss en défense centrale, au cas où Kalidou serait indisponible. Partagez-vous cette idée ?

Pas vraiment. C’est vrai que j’ai moi-même joué aux deux postes. Un milieu défensif peut dépanner en défense centrale s’il est intelligent tactiquement et techniquement. Mais je ne trouve pas cela très intéressant dans ce cas précis, car on dispose déjà de défenseurs centraux comme Mamadou Sarr, Abdoulaye Seck ou Moustapha Mbow. Pourquoi chercher une autre option alors qu’il y a déjà des spécialistes du poste ?

Moustapha Bayal Sall, quand on parle de Coupe du monde, quel est le premier souvenir qui vous vient à l’esprit ?

2002, sans hésitation ! C’était exceptionnel. Une épopée inoubliable.

Comment avez-vous vécu ce Mondial 2002 ?

Tous les matins, ma mère me réveillait pour suivre les matchs. Je regardais les rencontres à côté de mon père. Après les victoires, on sortait célébrer dans les rues. C’était vraiment magnifique. Jusqu’à l’élimination, cette aventure a été exceptionnelle.

Dans l’histoire de la Coupe du monde, quel match vous a le plus marqué ?

Sénégal – France en 2002. Ce match est à part pour moi. Entre la victoire, l’adversaire et le scénario, c’est le plus grand match que j’ai vécu en Coupe du monde.

Que représente une Coupe du monde pour un joueur ?

C’est le sommet du football. Tous les joueurs rêvent de disputer une Coupe du monde. Cette compétition réunit les meilleurs joueurs de la planète et elle est suivie dans le monde entier. Représenter son pays dans un tel tournoi, c’est exceptionnel. Moi, je l’ai énormément rêvé et recherché.

Bayal Sall, ancien milieu des Lions

Vous n’avez pourtant jamais réussi à y participer, notamment lors des éliminatoires du Mondial 2010, organisé en Afrique. Pourquoi cet échec ?

C’est difficile à expliquer. J’étais l’un des plus jeunes du groupe. Il y avait des cadres comme Souleymane Diawara, Kader Mangane ou encore El Hadji Diouf. On avait une très belle équipe à l’époque. L’envie était là, mais malheureusement cela n’a pas suffi. Je me souviens surtout de ces éliminatoires combinées CAN-Mondial contre la Gambie. C’était très amer et frustrant. Le match retour au stade Léopold Sédar Senghor, en octobre 2008, reste un très mauvais souvenir. Le stade était plein, l’ambiance extraordinaire, le public y croyait… Mais au final, la déception a été immense pour tout le groupe. Personnellement, je l’ai très mal vécu. J’étais jeune, j’avais faim et je rêvais de ce Mondial 2010.

« Chaque génération a son histoire. Alhamdoulilah, aujourd’hui, la génération actuelle avec les Gana, Sadio et Kalidou, enchaîne les qualifications pour les Coupes du monde ».

Vous avez finalement suivi cette Coupe du monde à la télévision. Comment l’avez-vous vécue à distance ?

Comme tous les amoureux du football. Bien sûr, je voulais y être pour défendre les couleurs de mon pays, mais malgré cela, j’ai suivi tous les matchs. C’était une grande fête du football, en plus organisée en Afrique. Impossible de manquer ça.

La suite avec l’équipe nationale a-t-elle été compliquée après un tel échec ?

Oui, ce n’était pas facile de se relever. Avant cela, on avait déjà vécu une CAN catastrophique au Ghana, puis cette désillusion contre la Gambie. Après cet échec, il y a eu une reconstruction avec Amsatou Fall comme sélectionneur intérimaire.

N’avez-vous pas de regrets de n’avoir jamais disputé une Coupe du monde ?

C’est le destin. Dieu en a voulu ainsi et je suis croyant. Chaque génération a son histoire. Alhamdoulilah, aujourd’hui, la génération actuelle avec les Gana, Sadio et Kalidou, enchaîne les qualifications pour les Coupes du monde.

Pour le Mondial 2026, le Sénégal évoluera dans une poule relevée, avec notamment la France comme premier adversaire. Comment jugez-vous ce groupe ?

Oui, c’est une poule très relevée. Ce ne sera pas facile. La Coupe du monde, c’est le très haut niveau. La France possède de grands joueurs et elle voudra certainement prendre sa revanche après la défaite de 2002. Je pense toutefois que cette équipe française peut avoir certaines lacunes défensives. Pour nous, il faudra être solides mentalement, capables de bien défendre et surtout efficaces dans les transitions. La Norvège aussi sera un adversaire compliqué. Ce seront des matchs très disputés, mais on espère que nos Lions seront prêts pour relever ces défis.

Moustapha Bayal Sall

Entretien réalisé par Mohamed Fodé Gassama

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