Patrick Vieira : « On est en train de poser des bases solides pour être compétitifs »
À la veille du match amical contre les Comores, prévu dimanche au stade Vélodrome de Marseille, Patrick Vieira s’est présenté en conférence de presse. Le sélectionneur des Lions est revenu sur les deux premières rencontres de son mandat, les enseignements tirés des matches contre le Mozambique et l’Éthiopie, les axes de progression de son équipe, mais aussi sur plusieurs cas individuels, notamment Moussa Niakhaté, Ismaïla Sarr, El Hadji Malick Diouf, Kalidou Koulibaly et Ismaïl Jakobs.
Patrick Vieira poursuit la construction de son équipe. Après le match nul contre le Mozambique (1-1) et la victoire face à l’Éthiopie (1-0), le sélectionneur sénégalais considère que ses deux premières sorties lui ont déjà permis d’identifier plusieurs éléments sur lesquels travailler. Face aux Comores, il entend continuer cette progression en donnant du temps de jeu à certains joueurs encore peu ou pas utilisés.
« On a la chance de jouer dans un stade mythique, un stade important d’Europe. On doit continuer à progresser, c’est notre objectif, et tirer les enseignements de ces trois matches. Il y a eu des choses positives dans le premier match contre le Mozambique, et contre l’Éthiopie, c’était la même chose », a expliqué Vieira. Le sélectionneur veut toutefois aller au-delà des résultats pour analyser le contenu des rencontres. « Sur les deux matches qu’on a eu à jouer, on tire des enseignements sur les axes de progrès qu’on doit avoir collectivement », a-t-il poursuivi.
Depuis sa prise de fonction, Vieira savait qu’un travail important l’attendait. Ces deux premiers matches lui ont également permis de mieux connaître ses joueurs, notamment leur état d’esprit et leur envie de représenter le Sénégal. « Depuis mon arrivée, je savais que j’avais des choses à mettre en place. Il y avait des axes d’amélioration et j’ai eu aussi des confirmations sur les joueurs, par rapport à l’état d’esprit, par rapport à leur envie de représenter l’équipe nationale. Mais je trouve que, par rapport à ces deux matches, on est en train de poser des bases solides pour être compétitifs », a-t-il estimé.
Un amical, mais pas sans importance
Même s’il s’agit d’un match amical, Vieira ne considère pas cette rencontre contre les Comores comme une simple formalité. Elle doit lui permettre de poursuivre son évaluation du groupe. « Ce dernier match sera un match amical, mais c’est un match important pour moi et le staff parce qu’on doit tirer des enseignements pour justement améliorer et aussi avoir l’opportunité de voir certains joueurs qui n’ont pas eu l’opportunité de jouer jusqu’à présent », a-t-il indiqué.
Certains joueurs devraient donc bénéficier d’une opportunité dimanche après avoir montré leur motivation à l’entraînement. Pour Vieira, la construction d’une équipe compétitive passe d’abord par l’exigence quotidienne. « L’exigence fait partie du haut niveau. L’exigence, c’est au quotidien. Ce que moi je demande aux joueurs, c’est l’exigence à partir du moment où on est sur le terrain, c’est l’exigence au comportement qu’on doit avoir en dehors du terrain. Et c’est la même chose pour moi, c’est la même chose pour tout le staff », a-t-il déclaré.
Le sélectionneur rappelle également qu’au niveau international, les détails peuvent faire basculer une rencontre. « Quand on a la chance de faire partie de l’équipe nationale du Sénégal, on se doit d’être dans la compétition. On a tous de l’expérience, sachant qu’une victoire ou une défaite, ça se joue sur les détails », souligne-t-il. Ces détails constituent justement l’un des principaux chantiers du nouveau staff. « Sur les matches qu’on a joués, il y a l’axe d’amélioration dont je parlais auparavant : comment justement améliorer ces détails qui vont nous permettre d’être collectivement plus solides », a-t-il expliqué.
Quatre points sur six : un bilan positif, mais du travail à faire
Vieira se montre satisfait du bilan comptable de ses deux premiers matches de qualification pour la CAN 2027. Le Sénégal a pris quatre points lors de deux déplacements. « Sur le plan comptable, quatre points sur les deux déplacements, difficiles, très très difficiles, parce qu’il n’y a pas de match facile, prendre ces points sur ces deux matches à l’extérieur, c’est un bilan comptable très positif », a-t-il reconnu. Mais le technicien français refuse de s’arrêter aux chiffres. « Après, quand on regarde un peu plus sur le contenu, il y a des axes d’amélioration et on est conscients de ça. Quand on regarde l’attitude des joueurs, on est sur la bonne voie », estime-t-il.
Vieira revendique également une ambition partagée avec ses joueurs et le pays. « Je suis un entraîneur ambitieux, j’ai des joueurs ambitieux, un pays ambitieux. » Le sélectionneur a aussi évoqué la pression populaire autour de l’équipe nationale du Sénégal. « La force du Sénégal, qui peut être aussi un défaut, c’est qu’il y a 19 millions d’entraîneurs. Mais c’est seulement de la passion. Ils veulent voir le Sénégal le plus haut possible », a-t-il lancé.
Vieira assure comprendre cette attente et promet de tout mettre en œuvre pour y répondre. « On est conscients des points forts et des manquements. On fera tout ce qu’il faut », a-t-il ajouté. Selon lui, le succès passera nécessairement par le travail et la mise en place progressive d’une identité. « Il faut continuer à travailler. Il faut de l’exigence, un projet de jeu, une organisation et tout ça, on est en train de le mettre en place. À partir de là, quand on travaille bien, le succès viendra. »
Niakhaté forfait, Ismaïla Sarr incertain
Patrick Vieira a également apporté des précisions sur la situation de Moussa Niakhaté. Le défenseur sénégalais a ressenti une douleur derrière la cuisse après le match. « Il a senti une petite douleur derrière la cuisse. Il a passé des examens et on a décidé avec le docteur de le laisser partir dans son club », a expliqué le sélectionneur. Le Sénégal dispose néanmoins de solutions dans ce secteur. « En défense, on a de la qualité avec Malang et Kalidou Koulibaly », a-t-il assuré.
Concernant Ismaïla Sarr, la décision n’était pas encore arrêtée au moment de la conférence de presse. L’attaquant souffre d’une gêne aux adducteurs. « Il a eu une petite gêne au niveau des adducteurs et on n’a pas voulu prendre de risques. C’est un joueur qui n’a pas beaucoup joué. Il a senti quelque chose physiquement et on a voulu le protéger. On va évaluer sa blessure ce soir et on prendra une décision demain matin par rapport à sa présence ou non au match », a indiqué Vieira.
Le cas Ismaïla Jakobs
Interrogé sur une éventuelle retraite internationale d’Ismaïla Jakobs, Vieira a reconnu ne pas avoir été informé par le joueur. « Je ne savais pas qu’Ismaïla Jakobs avait pris sa retraite internationale. J’ai eu beaucoup de joueurs au téléphone et il ne m’a jamais communiqué qu’il avait pris sa retraite internationale », a-t-il déclaré.
El Hadji Malick Diouf, qui a terminé le dernier match particulièrement sollicité physiquement, fait également l’objet d’une évaluation. « El Hadji Malick a fini ce deuxième match essoufflé, mais c’est quelqu’un qui récupère très rapidement. On va attendre demain matin pour prendre ce choix. Je ne suis pas inquiet par rapport aux choix que j’ai pour ce poste », a indiqué Vieira.
Koulibaly, le modèle des jeunes
Le cas de Kalidou Koulibaly a également été largement abordé. Pour Vieira, le capitaine reste un élément essentiel du groupe, notamment par son influence auprès des jeunes. « Kalidou, c’est un joueur important pour cette équipe. C’est notre capitaine. C’est l’expérience, le professionnalisme, c’est l’exemple à suivre », a-t-il expliqué.
Le sélectionneur apprécie particulièrement le comportement du défenseur en dehors du terrain. « Ce que j’aime chez lui, c’est son comportement qu’il a en dehors du terrain. On a un effectif avec beaucoup de jeunes joueurs et ils ont besoin de rôles modèles, de joueurs exemplaires au niveau de ce qu’ils font au quotidien. Et on ne trouve pas mieux que Kalidou. »
Vieira précise toutefois que son statut de capitaine ne l’empêche pas de faire des choix sportifs. « Après, sur le terrain, j’ai fait des choix, mais je discute avec lui et il y a cette relation de confiance avec moi. C’est un compétiteur, il a envie de jouer. Il n’est pas là seulement pour être présent. C’est un professionnel que je respecte beaucoup. »
Une sélection, un fonctionnement différent d’un club
Enfin, Vieira a rappelé qu’être sélectionneur impose une organisation particulière. « La vie d’un sélectionneur est différente de celle d’un entraîneur. On ne peut pas tout couvrir, mais il faut trouver les priorités et travailler dessus », a-t-il expliqué.
Avant son rendez-vous au Vélodrome, le technicien français assume donc une approche basée sur l’observation, l’exigence et la progression. Face aux Comores, il veut désormais obtenir de nouvelles réponses, notamment auprès des joueurs qui attendent encore leur première opportunité sous sa direction.
Khadim DIAKHATÉ







