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Pourquoi les meilleurs buteurs de Ligue 2 peinent à confirmer en Ligue 1

Almamy Mateuw Fall puis Mapathé Mbodj : terminer meilleur buteur de Ligue 2 n’est pas forcément un passeport pour la réussite à l’étage supérieur. Entre manque de temps de jeu, difficultés d’adaptation et choix tactiques des entraîneurs, plusieurs goléadors ont vu leur ascension freinée en Ligue 1.

Transféré de l’AS Kaffrine à Ajel de Rufisque en juillet dernier après avoir terminé meilleur buteur de Ligue 2 (16 buts), Mapathé Mbodj a connu le même scénario qu’Almamy Mateuw Fall au Jaraaf. Tous deux avaient pourtant marqué la Ligue 2 sénégalaise en inscrivant leur nom au palmarès des meilleurs buteurs. Beaucoup attendaient alors leur confirmation en Ligue 1. Mais la marche s’est révélée plus haute que prévu.

À cette liste peut également s’ajouter Pape Souleymane Dione. Son transfert de la SONACOS au Jaraaf en 2024, alors qu’il venait de terminer troisième meilleur buteur de Ligue 1, avait suscité beaucoup d’espoirs. Pourtant, lui aussi a vu son temps de jeu diminuer au fil des mois.

Choix des entraîneurs, environnement plus exigeant, concurrence accrue ou adaptation difficile : plusieurs facteurs peuvent expliquer les difficultés rencontrées par ces attaquants pourtant considérés comme de grands espoirs du football sénégalais.

L’ambition… puis le banc

La saison dernière, sous les couleurs de l’AS Kaffrine, Mapathé Mbodj avait largement dominé la course au titre de meilleur buteur de Ligue 2 avec 16 réalisations. Son arrivée à Ajel devait lui permettre de franchir un cap et de rivaliser avec les meilleurs attaquants de l’élite. Mais l’aventure a rapidement pris une autre tournure : seulement cinq matchs disputés, dont deux titularisations, sur toute la saison. Dans ses propos, on ressent encore l’enthousiasme qui accompagnait son arrivée : « En arrivant à Ajel, j’avais beaucoup d’ambitions. Je voulais confirmer mon titre de meilleur buteur en allant chercher celui de la Ligue 1 et remporter aussi un trophée collectif. Si cela ne s’est pas réalisé, je considère que c’est la volonté divine. »

Un an avant lui, Almamy Mateuw Fall avait débarqué au Jaraaf avec les mêmes ambitions après son sacre en Ligue 2. L’attaquant avait même réussi des débuts prometteurs avec cinq buts inscrits lors des cinq premières journées. Mais subitement, il a connu une disette jusqu’à la fin de saison. Pour l’exercice qui vient de s’écouler, c’est seulement une réalisation au compteur.

Pape Souleymane Dione, lui aussi, avait bien lancé son aventure au Jaraaf. Titulaire lors des premières journées de la saison 2024-2025, l’ancien attaquant de Thiès FC a progressivement perdu sa place dans le Onze médinois. « Le Jaraaf ne devait être qu’une étape. Mon objectif était de prouver et d’atteindre un niveau capable de m’ouvrir les portes d’un club à l’étranger », confie-t-il.

Les raisons d’une chute brutale

Malgré leurs ambitions et leur potentiel, ces buteurs n’ont pas réussi à reproduire en Ligue 1 les performances réalisées dans leurs clubs d’origine. Pression, adaptation difficile, manque de confiance ou simples choix techniques : les explications sont nombreuses. Mapathé Mbodj évoque surtout la frustration liée au manque de temps de jeu : « C’est frustrant de ne pas avoir beaucoup joué et de ne pas avoir confirmé mon titre de meilleur buteur de la saison passée. Signer à Ajel et ne pas jouer est ma plus grande déception. Cela m’a fait mal. Cette situation peut faire douter, mais j’ai un bon mental et cela m’a aidé à gérer cette période. »

De son côté, Pape Souleymane Dione estime que les décisions du staff technique ont pesé dans sa situation. Lorsqu’on évoque une éventuelle pression liée au statut ou au changement de club, l’attaquant balaie cette hypothèse : « Aucune pression ne peut m’ébranler. »

L’explication qui revient le plus souvent concerne toutefois les choix tactiques des entraîneurs. Le profil de certains buteurs, très efficaces dans des équipes de Ligue 2 construites autour d’eux, ne correspond pas toujours aux exigences des clubs de Ligue 1. Dans des formations plus ambitieuses et plus structurées tactiquement, les attaquants doivent souvent participer davantage au jeu collectif, au pressing ou aux phases défensives.

Une relance encore possible

Si Pape Souleymane Dione a fini par trouver un nouveau point de chute à Ouakam pour relancer sa carrière, Almamy Mateuw Fall vient de boucler, lui, sa deuxième et dernière année de contrat avec le Jaraaf. Mapathé Mbodj, de son côté, ne semble pas encore avoir tranché sur son avenir. Continuer à travailler pour s’imposer, changer de club pour retrouver du temps de jeu ou tenter un nouveau défi : plusieurs options s’offrent encore à ces attaquants, bien décidés à relancer une trajectoire qui semblait promise à un avenir brillant.

Abdoulaye Diouf

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