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Reportage I A 8 mois de la CAN : Casablanca, un air de Dakar au cœur du marché Medine

À huit mois de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, l’ambiance monte déjà d’un cran chez les Sénégalais établis au Maroc. À Casablanca, le marché Medina s’est imposé comme un véritable carrefour de la culture sénégalaise : plats traditionnels, café Touba, condiments typiques et musique mbalax plongent les visiteurs dans une atmosphère digne des marchés dakarois. Dans ce haut lieu d’échange, commerçants, supporters et travailleurs se préparent à leur manière à vivre une CAN pas comme les autres, sur un sol familier.

On se croirait au beau milieu du marché Sandaga à Dakar… Pourtant, nous sommes bien dans le royaume chérifien, au Maroc, plus précisément à Casablanca. Dans ce coin vibrant de la capitale économique marocaine, le décor, les odeurs, les sons et les visages rappellent irrésistiblement le Sénégal.

Ici, tout tourne au rythme du « wakhalé », l’art du marchandage sénégalais, entre cris de vendeurs, échanges colorés et rires complices. Le marché Medina est devenu au fil des années le poumon économique de la communauté sénégalaise de Casablanca, et le reflet fidèle de son intégration.

On y trouve tous les ingrédients emblématiques de la cuisine sénégalaise : riz parfumé, poisson séché, piment, feuilles de laurier, netétou, bouillon, bissap… Le tout est souvent accompagné par un fond sonore typiquement sénégalais : du mbalax qui jaillit d’un haut-parleur accroché à une étagère en métal.

Un parfum de Sénégal en plein cœur du Maroc

Au détour d’une allée, le doux arôme du café Touba attire les curieux. Le vendeur, originaire de Kaolack, prépare sa boisson avec minutie, entre grains moulus sur place et touche de poivre de Guinée. Les clients, Sénégalais pour la plupart, viennent retrouver ici un goût d’enfance, un lien avec leur pays. « Ce café-là, c’est notre ADN. Sans lui, la journée commence mal », sourit-il en tendant une tasse fumante à une cliente marocaine conquise.

Le marché Medina, c’est aussi la diversité des activités sénégalaises : coiffure, alimentation générale, restauration rapide, vente de tissus et de produits artisanaux. Un véritable écosystème sénégalais en terre marocaine.

Paroles de résidents sénégalais

Baye Dame Diagne, joueur du club Rachid Bernoussi en D2 marocaine : « Pour la CAN, ce sera comme jouer à la maison. Les Marocains ont du respect pour nous. Ceux que je côtoie en club ne veulent surtout pas croiser le Sénégal. Leur crainte numéro 1, c’est nous ! Tanger est à deux heures de Casablanca avec le TGV, ce n’est pas si loin. »

Khadim Thiam, livreur à moto

« On aurait préféré que le Sénégal joue à Casa, mais Tanger, ça se fait rapidement. En TGV, c’est 270 dirhams aller-retour, environ 45 000 F CFA. Certains prendront des bus, c’est plus économique. Beaucoup de Sénégalais se préparent déjà pour le déplacement. »

Les femmes, piliers de cette présence

Nabou Zizo Diop, restauratrice

« Je vends des plats 100 % sénégalais ici à Casablanca. Thiéboudiène, yassa, soupe kandja… tout est fait maison. On a même ajouté l’attiéké pour élargir l’offre. Je préfère rester ici pendant la CAN, car le Sénégal ne joue pas tous les jours. »

Zeyna Sonko, commerçante de produits locaux

« Mes épices, mon riz, mes bouillons viennent du Sénégal. Les Marocains adorent. J’aimerais aller à Tanger pour exposer mes produits à la diaspora pendant la CAN. Ce serait une belle opportunité. »

Plus qu’un marché, un symbole d’attachement

Le marché Medina de Casablanca est bien plus qu’un simple espace commercial. C’est un pont entre deux cultures, une terre de retrouvailles pour des milliers de Sénégalais installés ou de passage. Entre souvenirs et nouvelles perspectives, l’endroit reflète la vitalité d’une communauté qui a su s’implanter, sans jamais perdre son identité.

Et à chaque coin de rue, dans chaque plat servi ou chaque salut lancé en wolof, une seule certitude : le Sénégal n’est jamais bien loin.

Khadim Diakhaté, envoyé spécial au Maroc

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