Souvenirs de CAN : Catalogue de déceptions et kaléidoscope de belles sensations
Le sacre, forcément ! Le seul et unique jusqu’ici ! Ce dimanche 6 février 2022 à 21h44 GMT où Le Sénégal est champion d’Afrique, au stade d’Olembé dans la banlieue de Yaoundé ! Cette étoile décrochée au Cameroun, pays de foot par excellence et face à l’Egypte, recordman de victoires finales en CAN avec 7 titres (1957 au Soudan, 1959 à domicile, 1986 à domicile, 1998 au Burkina Faso, 2006 à domicile, 2008 au Ghana et 2010 en Angola). Forcément, ce souvenir est impérissable et tient le haut de l’affiche au hit-parade des moments ayant marqué ma trajectoire de journaliste sportif…
Au bout de la 16e participation des « Lions » à ce rendez-vous continental, ce n’était pas trop tôt pour une équipe nationale qui n’avait jusqu’alors rien gagné mais qui, ô paradoxe, était rangée parmi les favoris au titre presqu’à chaque fois qu’elle se qualifiait. Au bout aussi, à titre personnel, de ma 16e couverture de la compétition. Cependant, pas parce que j’avais toujours été là lorsque le Sénégal s’était qualifié (puisque qu’en 1965, 1968 et 1986 je n’y étais pas pour diverses raisons). Mais, parce que, depuis ma toute première CAN en 1990 en Algérie, il m’est arrivé d’être là alors que le Sénégal n’y était pas. Notamment en 1998 au Burkina en 2010 en Angola et en 2013 en Afrique du Sud. La seule fois où les « Lions » n’y étaient pas et moi non plus, c’était en 1996 en Afrique du Sud.
C’est dire si, par la grâce d’Allah, j’avais souvent été là. Et j’avais … trop souvent essuyé des déceptions, en même temps que les « Lions » et tous leurs compatriotes. De la finale ratée par manque d’ambition en 1990 sous Claude Le Roy – on avait préféré reporter les ambitions sur l’édition suivante prévue à Dakar – aux deux finales perdues – la première sur un coup de dés (aux tirs au but) en 2002 au Mali contre le Cameroun avec Bruno Metsu sur le banc et la seconde en 2019 en Egypte parce que l’équipe entrainée par Aliou Cissé n’avait pas su apporter la réplique nécessaire au but algérien très tôt intervenu – Des regrets de 2012 en Guinée équatoriale avec comme coach Amara Traoré – et l’unique zéro pointé ramené d’une phase finale – à 2017 au Gabon et 2022 en Côte d’Ivoire avec Cissé à chaque fois, où à mon avis, le Sénégal avait objectivement les moyens de remporter le trophée. De la désillusion de 1992 à domicile et les espoirs de finale et même de premier sacre nourris deux ans plus tôt en Algérie se sont envolés dès les quarts de finale… Que d’espoirs déçus donc – parmi tant d’autres – qui ont jalonné « mes » Coupes d’Afrique des Nations de football.
Sadio et Gabaski
Alors, forcément, ce dimanche 6 février 2022 – là dans la chaude nuit yaoundaise, lorsque Sadio Mané a expédié le cinquième tir au but sénégalais au fond des filets de Gabal Ali alias Gabaski, les souvenirs se sont à ce point bousculés dans ma tête que j’en étais incapable de réagir. J’avais tout simplement « du mal à réaliser » ; ce que j’avais toujours cru être une formule souvent balancée juste pour faire son petit malin. Il a fallu que cela m’arrive pour que je m’en convainque enfin. Et c’était pour mieux exploser de joie, d’émotions et de fierté … le lendemain matin quand je me suis effectivement aperçu que je n’avais pas rêvé.
Un bouquet de belles sensations à retardement que j’ai ensuite espéré revivre en live deux ans plus tard en Côte d’Ivoire. Je croyais le signe indien définitivement vaincu et la « malédiction » exorcisée pour de bon par un groupe qui s’était bonifié et avait pris de la bouteille entretemps. Surtout que, contrairement à la précédente CAN au Cameroun entamée poussivement avant la montée en puissance qui avait débouché sur la première couronne continentale, cette fois les « Lions » avaient d’entrée enclenché le turbo. Trois belles victoires qui auguraient d’une suite glorieuse.
La chute n’en fut que plus dure ! Tout le crédit accumulé au fil des précédentes éditions et la montée en puissance notée après l’élimination au premier tour en 2015 (avec une place de quart-de-finaliste en 2017 et une de finaliste en 2019) fut inexplicablement dilapidée au cours d’un quart de finale pourtant entamé de la meilleure des manières. Malgré un but inscrit en tout début de partie, les « Lions » avaient « perdu le fil de la rencontre », selon l’aveu même de leur coach Aliou Cissé. Ce qui avait permis à des Ivoiriens fantomatiques depuis le début de « leur » tournoi, de reprendre du poil de la bête pour finalement revenir au score avant de s’imposer aux tirs au but pour ensuite filer vers un troisième sacre continental après 1992 à Dakar au Sénégal et 2015 à Bata en Guinée équatoriale.
Revoici donc les « Lions » sur le point de partir pour une nouvelle campagne au Maroc. Et, en même temps que les souvenirs qui affleurent, naissent – comme presque toujours – de nouvelles espérances. Il reste à savoir si elles se concrétiseront et nous laisseront un autre kaléidoscope de belles choses à revivre et à savourer jusqu’en 2027 ou si elles se mueront en un énième catalogue de clichés en noir et blanc…
B.K.N







