Teungueth FC-Ajel de Rufisque : Dans les coulisses du derby
Teungueth FC-Ajel, c’était l’affiche phare de la 26e journée de Ligue 1 sénégalaise. Un derby rufisquois avec la première place en en jeu. Un match où les a cotés étaient plus croustillants que la rencontre en elle-même.
Le Stade Ngalandou Diouf est le décor pour accueillir ce duel des voisins entre Tengueth Fc 2e (44 points) au classement qui recevait le leader Ajel de Rufisque (45 points).
A Dsports, il faut se réveiller tôt pour assurer la meilleure couverture pour ce type d’évènement. Dès 11H, l’équipe technique était déjà sur place, la chaine assurant la diffusion en direct du match.
Avant midi, les techniciens avaient déjà fini d’installer. Il ne manquait alors plus que le spectacle commence.
Mais à ce moment, le stade est presque vide naturellement. Seuls quelques membres de la Ligue Professionnelle de Football sont présents pour préparer au mieux l’évènement et procéder aux dernières mises en place.
Dans les gradins, on aperçoit au loin les drapeaux aux couleurs des deux équipes, le jaune bleu de TFC scintillant notamment en tribune couverte et le rouge et blanc d’Ajel flottant en tribune découverte.
Pour nous faire passer le temps, des deux côtés des tribunes, on tente de nous bercer avec du matériel sono et des chansons de variété. Du côté d’Ajel, on a opté souvent pour du Waly Seck. A Tfc, c’est plutôt la chanson officielle du club qui est mise en valeur.

Les supporters d’Ajel Rufisque
Le même marabout ?
A 14H, les forces de l’ordre font leur apparition. Ils ont un match à jouer eux aussi, avec un objectif clair, réduire au maximum les incidents. Leur avant match est marqué par une réunion qui a duré plus de 30 minutes. Après ce briefing où le plan de sécurité a été défini, les éléments de la Police se déploient.
Pile au moment où l’effervescence commence à se faire sentir à l’entrée du stade. 14H43, Les files sont déjà formées, mais les portes sont encore fermées. « Ils attendent quoi pour ouvrir les portes ?» peste l’un d’entre eux.
Et soudain, les supporters aperçoivent le bus de TFC au loin, suffisant pour que les rangs se dispersent. Leur préoccupation à ce moment n’est plus de rentrer mais plutôt d’aller encourager leurs joueurs. Et c’est à cet instant que la température commence à monter, ouf, le match a commencé. Le bus du club approche et les supporters commencent déjà à exulter. « Rien que la victoire aujourd’hui », scandent-ils en chœur.
L’entrée des joueurs de Teungueth FC ressemble à un cérémonial bien connu du monde la lutte. De l’eau et du sel sont versés aux alentours sous les hourras des supporters.
Une scène qu’on a vue aussi à l’entrée des vestiaires des joueurs d’Ajel de Rufisque. Peut-être que les deux clubs ont sollicité le même marabout, qui sait ?
Les gris-gris de Maguette Diop, lueur dans la grisaille
Le match a alors démarré, du côté des tribunes en tout cas. L’entrée des joueurs de Teungueth à l’échauffement à 16H14 fait encore plus monter la température du côté des gradins. Les chants commencent à résonner, les papiers en tifos survolent les tribunes et la fumée des fumigènes se disperse dans le décor.
A l’heure du coup d’envoi, le stade est plein à craquer. Ngalandou Diouf est visiblement trop étroit pour ce derby, des centaines de supporters sont obligés de regarder le match debout derrière les grilles du stade, sans oublier les heureux qui ont rempli les maisons d’à coté pour regarder ce match certes de loin, mais gratuitement.
17h, coup d’envoi, et bizarrement l’ambiance retombe. La ferveur laisse la place à la tension. Les supporters sont visiblement tétanisés par l’enjeu du match. Il faut alors les accélérations et les gris-gris de Maguette Diop pour réveiller le public qui entre doucement dans ce match.
Et au fur et à mesure du déroulement de la rencontre, le spectacle s’invite beaucoup plus en tribunes que sur la pelouse. Les supporters des deux camps rivalisent entre chants et encouragements. Au coup de sifflet final, le 0-0 est atténué par le folklore plaisant vécu dans les tribunes.

Les supporters de Teungueth FC
Deux bons amis au coude à coude
Et surtout, on retient la leçon de fair-play administrée par les supporters des deux camps. Malgré l’enjeu, aucun incident n’a été noté. Les supporters ont encouragé leurs équipes respectives.
Aux abords du stade deux supporters des deux clubs refont le match. « Vous l’avez échappé belle, vous n’avez pas voulu ouvrir le jeu, mais nous serons champions », lance le jaune-bleu. « N’importe quoi, l’objectif c’était de rester devant vous au coup de sifflet final, et ce sera pareil jusqu’ la fin ; le titre est pour nous », rétorque le rouge-blanc.
Il en est ainsi du derby rufisquois, deux bons amis au coude à coude pour le titre, dans la bonne ambiance et la bonne humeur.
Aziz Kane






