« (Diouf), une incompatibilité totale » : Gerrard, la rancune tenace 23 ans après
Vingt-trois ans après, Steven Gerrard ne digère toujours pas l’arrivée d’El Hadji Diouf à Liverpool. Une « erreur » de recrutement, symbole d’un choix manqué, que l’ancien capitaine des Reds n’oublie pas. Sur le podcast Rio Ferdinand Presents, il ressasse sa rancune aussi vive que sa passion.
« On avait le choix entre Nicolas Anelka et El Hadji Diouf. Et on a opté pour Diouf, après une période de quatre ou cinq matchs en Coupe du monde. C’était la décision finale. Je ne sais pas qui a pris la décision finale », lâche-t-il. Le silence de Rio Ferdinand, qui lui avait demandé paradoxalement de ne pas nommer directement, contraste avec la frustration de Gerrard.
« C’est l’un des plus grands déséquilibres qu’on puisse évoquer : choisir entre Diouf et Anelka », souligne-t-il, encore visiblement marqué. « Et puis une décision a été prise et, honnêtement, c’était une incompatibilité totale. C’est un exemple, je vous le donne, où je n’arrivais pas à croire ce qui se passait. » Ce choix, incompréhensible dans la logique de l’Anglais, aurait peut-être jeté une ombre définitive sur la relation entre Gerrard et Diouf à Liverpool, nourrissant un ressentiment durable qui perdure encore aujourd’hui.
Recruté en juin 2002 après un Mondial éclatant avec le Sénégal, El Hadji Diouf a marqué les esprits en étant élu homme du match lors de la belle victoire 1-0 contre la France, alors championne en titre. En Corée du Sud et au Japon, il a porté avec fierté le drapeau sénégalais vers les sommets, hissant les Lions jusqu’en quarts de finale, leur meilleure performance mondiale à ce jour.
Mais à Liverpool, la magie tourne court. En tout, Diouf n’inscrit que six buts en 80 matchs toutes compétitions confondues. Sa deuxième saison, particulièrement décevante, se conclut sans aucun but en 33 rencontres sous les couleurs des Reds. Avant la saison 2004/05, l’attaquant sénégalais rejoint Bolton Wanderers. Et, là, il revint à ses meilleures couleurs : 24 buts, 18 passes décisives. La renaissance, enfin, après un passage à Lens où il avait déjà laissé perler sa flamme (19 buts, 6 passes).
Mohamed NDIAYE







