« Yalla », la Chronique CAN de BKN : l’épreuve du feu
« Une finale, on ne la joue pas ; on la gagne » ! Combien de fois n’a-t-on pas entendu la formule ressortir de la bouche de fringants acteurs du dernier match d’un tournoi majeur qui promettaient de tout renverser sur leur passage pour décrocher la timbale ? Les « Lions » s’inscrivent dans la même logique au moment d’aller à l’assaut du Maroc pour le titre suprême du foot africain. Trois ans après avoir décroché leur seule étoile, en février 2022 au Cameroun, ils rêvent éveillés d’un deuxième soir qui serait encore plus grandiose.
Avoir remporté la mise face au septuple champion d’Afrique, l’Egypte, et au Cameroun, grand pays du football africain s’il en est, avait été un must. Récidiver, ce dimanche au Maroc même, face aux « Lions de l’Atlas », premiers au classement africain de la FIFA depuis plusieurs années et seule équipe africaine à avoir disputé une demi-finale de Coupe du monde (en 2022 au Qatar) serait tout simplement sublime. Ce serait le top du top, d’autant que ce pourrait être la dernière grande finale continentale de Sadio Mané, le Magnifique qui l’a lui-même laissé entendre.
Or, une dernière, ça se soigne. Et le génial SM10 est particulièrement décidé. Tout son monde avec. Ils savent qu’ils vont vers une épreuve du feu. Face à une équipe qui n’a plus soulevé le trophée depuis un demi-siècle, en 1976 en Ethiopie, qui sera très revancharde après avoir échoué à remporter « sa » précédente CAN en 1988 et pour avoir perdu sa dernière finale continentale en 2004 en Tunisie. Et qui a mis les petits plats dans les grands, afin que le trophée ne sorte pas du Royaume chérifien.
Epreuve du feu, avons-nous dit ? Bien sûr, surtout en référence aux (trop) nombreuses expériences malheureuses du Sénégal face aux pays organisateurs de la CAN. Depuis 1986 et son victoire mémorable en match d’ouverture de la CAN égyptienne après 18 ans d’absence au plus haut niveau, l’équipe nationale de football n’a plus battu un pays hôte de la compétition. La liste est aussi longue et ennuyeuse que certains matches sans but : demi-finale de la CAN 1990 contre l’Algérie (0-1), quart de finale de la CAN 2000 contre le Nigeria (1-2 AP), quart de finale de la CAN 2004 contre la Tunisie (0-1), demi-finale de la CAN 2006 face à l’Egypte (1-2), huitième de finale de la CAN 2023 devant la Côte d’Ivoire (1-1 et 4 tirs au but à 5) et même match de Groupe de la CAN 2012 contre la Guinée équatoriale (1-2)…
Mais puisque toutes les séries sont appelées à se terminer un jour, il est temps que les « Lions » tournent cette page sombre de leur histoire pourtant glorieuse au plan africain. Ils ont rarement maîtrisé leur sujet autant que sur cette CAN, et semblent vraiment taillés pour aller au bout. Leur dernière production, en demi-finale, face à l’Egypte autorise toutes les attentes et tous les espoirs, même face à un adversaire qui s’appelle Maroc.
40 ans que le Sénégal n’a plus battu l’équipe du pays hôte de la CAN. Or, cette fois, le défi est encore plus exaltant : un duel de « Lions » pour une couronne continentale. On demande juste aux nôtres d’être dignes de l’évènement…
B.K.N






