Sœur d’Amadou Onana : Melissa, agent de cœur
Agent et sœur d’Amadou Onana, Melissa a tracé son parcours pour se faire un prénom, sans jamais être loin du petit frère. Entre expérience de vie et parcours professionnel, Melissa Onana porte un regard aiguisé sur le milieu du foot.
Melissa Onana n’a jamais eu la sensation de vivre dans l’ombre de son petit frère. Sœur et agent d’Amadou, international belge d’origine sénégalaise, elle a construit ses premiers souvenirs footballistiques avec les éditions de la Coupe du monde : « On se retrouvait à Bruxelles avec des amis pour suivre la Coupe du monde, on suivait les matches sur écran géant. Au-delà des matches, c’est l’aspect retrouvailles avec les amis qui me plaisait le plus ».
Agent protectrice
Bruxelles est aussi la ville qui a vu naitre Melissa, un 26 Novembre 1988. Après des études en management, secrétariat de direction et tourisme, elle glisse dans le monde du foot pour accompagner son frère : « avant même d’être son agent, j’ai toujours accompagné Amadou dans ses stages, j’allais à ses matches et ça été mes premiers contacts dans le monde du football » se souvient-elle.
Sa licence d’agent Fifa en poche, elle devient officiellement agent de son frère, un instinct de protection avoue-t-elle : « A vrai dire, je n’‘ai pas choisi ce métier par passion, mais par instinct de protection pour mon frère. J’ai 14 ans de plus que lui. Puisque j’avais déjà côtoyé le milieu du foot, j’ai vu des choses qui ne m’ont pas plu et j’avais cette volonté de le protéger. J’ai fait aussi des cours de renforcement en scouting. Et heureusement qu’avec mon parcours en management, j’ai eu à gérer des artistes, donc cette expérience m’a aidé car après c’est un transfert de compétences avec des présentations en vidéo par exemple ».
« On a une relation forte avec le Sénégal. Amadou vient à chaque vacance à Dakar, et moi aussi je viens quand je peux car la famille de sa mère vit toujours à Dakar. C’est un pays qui représente beaucoup pour lui ».
Se faire une place dans le milieu
Dans un milieu souvent dominé par les hommes, Melissa n’a pas eu de mal pour se faire une place: « Pour moi c’est un avantage d’être une femme, car je ne fonctionne pas comme les hommes, je n’analyse pas de la même manière et j’appréhende les situations différemment, et je ne suis pas fanatique. Je prends beaucoup de recul. J’essaie d’être à l’écoute, dans l’empathie car on travaille avec des humains qui incluent les clubs, les dirigeants, les familles ».
Quand on l’interpelle sur la réputation parfois douteuse de certains agents, Melissa reconnait: « Avant même d’être agent, j’ai vu comment le milieu pouvait changer les gens, ce qui m’a poussé à représenter mon frère. Il y’a malheureusement des agents malhonnêtes, mais je dirais que les responsabilités sont partagées, car dans un contrat il y’a le rédacteur et le signataire, et celui-ci doit tout lire et comprendre avant de signer ».
Malgré son statut d’agent, Melissa reste une sœur de… Une étiquette beaucoup plus difficile à porter : « cela a un coup et ça se paye très cher. Les gens pensent que comme mon frère gagne bien sa vie, c’est pareil pour moi. Or, je ne gagne pas autant que lui. Les perceptions et les attentes sont malheureusement faussées et j’en paye le prix ».
Pour un agent, il n’y a pas meilleur souvenir que de voir un de ses protégés signer un contrat professionnel : « En Février 2025, on a eu Mory Gbane qui a signé à Reims en provenance Gil Vicente et j’étais heureuse car c’est un joueur intelligent avec qui j’aime échanger. Il y a aussi Paul Valère Bassène qui a signé à Berkane en aout 2023, un attaquant qui se bat et qui ne lâche rien ».
Même si la meilleure signature pour Melissa reste le transfert d’Amadou Oanana d’Everton à Aston Villa : « C’est un transfert qui m’a marqué, car à Aston Villa on a trouvé des gens sérieux et professionnels. Tout a été fait rapidement et bien fait. Les discussions n’ont pas trainé car il y avait la volonté de signer de part et d’autre. Ce qui n’est pas toujours le cas dans ce milieu ».
En 18 ans de présence dans le monde du football, Melissa Onana en a assez vu pour analyser froidement les réalités l’heure de ce sport : « Le moment que j’adore le plus c’est quand je vais voir les matches de jeunes, parce qu’ils ne sont pas formatés, robotisés comme chez les grands. Ils jouent avec sincérité. C’est un football pur, les jeunes sont aussi naturellement fair-Play. Et malheureusement, quand ils arrivent chez les grands, ils sont obligés de changer, car le football chez les adultes, c’est un autre monde avec une pression pesante aussi. Je pense que le football gagnerait en s’inspirant d’autres sports comme la NFL où on voit des athlètes complets, qui ont même des aptitudes athlétiques comme les spécialistes de l’athlétisme ».
« Saint Louis est en haut de ma liste. C’est une ville que j’adore même si je n’y suis jamais allée. Je compte y aller lors de ma prochaine visite ».
Les racines sénégalaises
Melissa et Amadou Onana ont aussi une histoire commune avec le Sénégal. Amadou est né à Colobane le 16 Aout 2001. Melissa est venu pour la première fois à l’âge de 6 ans : « On a une relation forte avec le Sénégal. Amadou vient à chaque vacance à Dakar, et moi aussi je viens quand je peux car la famille de sa mère vit toujours à Dakar. C’est un pays qui représente beaucoup pour lui ».
Elle travaille d’ailleurs avec des académies au Sénégal, plaçant la formation au cœur de ses priorités : « C’est un pays qui a beaucoup de potentiel, j’essaie d’apporter mon expertise et mon expérience. Je pense qu’on a juste des problèmes structurels qu’il faut régler. Mais il y a tellement à faire au niveau de la formation. J’essaie d’apporter ma modeste contribution en travaillant avec certaines académies en apportant du matériel, de l’encadrement mais surtout des conseils ».
Après Dakar, Saly, Toubab Dialaw, et Thiès, Melissa a noté dans son carnet la prochaine ville à visiter: « Saint Louis est en haut de ma liste. C’est une ville que j’adore même si je n’y suis jamais allée. Je compte y aller lors de ma prochaine visite ».
Ainsi avance donc Melissa. Proche de son frère tout en se frayant son propre chemin.
Aziz KANE







