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Mondial 2026 : Les matchs de préparation ne déterminent pas le champion

Une défaite surprenante. Un nul décevant. Des Lions du Sénégal qui semblent naviguer à tâtons sur les pelouses américaines. Et déjà, les voix s’élèvent, les doutes s’installent, le pessimisme gagne du terrain. Pourtant, l’histoire du football nous enseigne une vérité que nous oublions à chaque cycle : les matchs de préparation sont très importants mais ne conditionnent pas la performance durant la compétition.

Revenons en arrière. Mai 2002. Le Sénégal s’apprête à vivre son premier Mondial. Dans les bagages, une défaite 3-2 concédée face à l’Arabie Saoudite en préparation. De quoi alimenter les sceptiques. Cette même Arabie Saoudite sera balayée 8-0 par l’Allemagne en phase de groupes. Le Sénégal, lui, renversera la grande France championne du monde en titre (1-0) et atteindra les quarts de finale. Pas par hasard. Par solidarité, par adrénaline, par foi collective. Des vertus qui ne se voient jamais dans un match amical au cours duquel personne ne veut s’arracher, mettre le pied par peu de se blesser juste avant la grand-messe.

Plus récemment, avant la CAN 2025 au Maroc, les Lions avaient été dominés 2-0 par le Brésil, submergés par le pressing brésilien, incapables de poser leur jeu. Deux mois plus tard, ils soulevaient le trophée continental avec une maîtrise et une sérénité qui contredisaient totalement le tableau noir de la préparation.

Et la France de 1998 ? Aimé Jacquet était contesté, ses choix incompris, son équipe jugée fade. La presse l’éreintait. Résultat : un groupe soudé par l’adversité, décuplé dans sa motivation, qui ira au bout dans son jardin. Les critiques avaient forgé l’acier là où l’euphorie aurait pu ramollir l’équipe.

Car l’euphorie, justement, est un piège. Le Sénégal en a fait l’amère expérience lors de la CAN 2012. Préparation réussie, confiance affichée, favoris désignés. Et dès le coup d’envoi de la compétition, une machine qui se grippe, un groupe trop sûr de lui, incapable de gérer la pression du moment. La certitude endort, l’adversité réveille.

Les Stoïciens le disaient avec une lucidité saisissante : moins d’attentes, c’est moins de place pour la désillusion. Une équipe qui sait qu’elle devra hausser son niveau de jeu ne se présente pas en terrain conquis. Elle se présente concentrée, affamée, prête à construire sur le terrain ce qu’elle n’a pas pu montrer dans les coulisses de la préparation.

C’est précisément la leçon que ces deux matchs aux États-Unis offrent à la Tanière. Le groupe sait désormais que rien ne sera acquis dans ce groupe I où les adversaires sont redoutables. La semaine qui reste sera celle de la concentration maximale, du repli dans la bulle collective, du travail sur les détails qui font la différence quand cela compte.

Le PSG de Luis Enrique est l’exemple récent le plus parlant. Double champion d’Europe en titre, le club parisien se présentait souvent en phase à élimination directe de la Ligue des champions avec des doutes, des joueurs-clés au bord de la forme, un collectif en construction apparente. Mais quand la philosophie de jeu est ancrée, quand le système est maitrisé, le déclic peut être immédiat face à la pression compétitive.

Les Lions ne sont pas au niveau attendu. C’est une réalité qu’il faut regarder en face, sans complaisance. Mais ce constat n’autorise pas le pessimisme absolu. Le premier tour est négociable, et la montée en puissance possible.

D.V.

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