Mame Saher Thioune : « Je n’ai pas pris ma retraite, je veux continuer à jouer »
L’ancien défenseur du Casa Sports n’est pas prêt à arrêter sa carrière malgré une blessure qui l’a écarté des terrains depuis plus de six mois. Mame Saher Thioune (36 ans) espère se rétablir et continuer à jouer. En attendant, il évoque ses meilleurs souvenirs et sa fierté de voir la montée de Essamaye FC en Ligue 1.
Mame Saher Thioune, cela fait un moment que le grand public n’a pas eu de vos nouvelles… Comment allez-vous ?
C’est vrai. Je suis là, je vais bien, Al Hamdoulilah. Je suis venu en vacances chez moi, à Kolda. J’étais aussi blessé et j’ai décidé de revenir au pays afin de me reposer et de me ressourcer. Aujourd’hui, je vais bien.
»Le souvenir le plus fort pour moi reste le titre remporté en Coupe de la Ligue en 2010 contre le ASC Jaraaf. C’était mon premier trophée avec le Casa. »
Revenons sur votre parcours. Vous êtes passé par Avenir Kolda, Casa Sports, Ndiambour, TFC, puis le Maroc, l’Arabie saoudite, l’Irak… Comment évaluez-vous votre carrière jusqu’à maintenant ?
Cela a été un magnifique parcours. Je dis Al Hamdoulilah. Déjà au Sénégal, j’ai vécu de très belles années dans mon club de cœur, le Casa Sports, avec plein de souvenirs magnifiques. J’ai aussi joué dans d’autres clubs, porté le maillot de l’équipe nationale dans presque toutes les catégories, sauf chez les A. J’ai pu voyager et découvrir d’autres championnats. Franchement, j’ai pris énormément de plaisir. C’est un riche parcours.
Vous avez parlé de magnifiques souvenirs avec le Casa. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
Oui, avec plaisir ! Le Casa, c’est autre chose. J’y ai passé de très belles années. C’est un club extraordinaire. Le souvenir le plus fort pour moi reste le titre remporté en Coupe de la Ligue en 2010 contre le ASC Jaraaf. C’était mon premier trophée avec le Casa. Je choisis ce moment parce qu’à l’époque, le club traversait une longue période sans trophée. Remporter cette coupe et voir l’accueil qui nous a été réservé était exceptionnel. Je me souviens du cortège dans les rues de la Casamance : des jeunes, des vieux, des femmes, tous unis pour célébrer. Ce trophée avait renforcé la solidarité en Casamance. C’était très fort.
Dans votre palmarès, vous avez quand même remporté de beaux trophées…
Clairement ! Après ce sacre en 2010, nous avons remporté la Coupe du Sénégal l’année suivante avec cette belle génération de joueurs et de dirigeants. En 2012, nous avons aussi gagné le championnat. Je n’oublierai jamais ces moments. Ensuite, j’ai rejoint TFC, un magnifique club également, avec de très bons supporters. D’ailleurs, je les félicite pour leur sacre.
»Avec Laye Diallo, il nous arrivait même de parier pour savoir de quel côté passerait un ballon dangereux. Si cela passait de son côté, il me devait de l’argent, et vice-versa ! C’était vraiment agréable de jouer à ses côtés. »
Vous étiez un défenseur central élégant. Votre tandem avec Laye Diallo était très solide. Quel était votre secret ?
Ah (sourire), Laye représentait beaucoup pour moi. On s’entendait très bien, sur le terrain comme en dehors. On se comprenait les yeux fermés. On faisait beaucoup de choses ensemble, on buvait du thé ensemble, c’était un véritable ami. Il nous arrivait même de parier pour savoir de quel côté passerait un ballon dangereux. Si cela passait de son côté, il me devait de l’argent, et vice-versa ! C’était vraiment agréable de jouer à ses côtés. C’était un grand défenseur, teigneux et courageux.
Avez-vous des regrets sur certains choix dans votre carrière ?
Non. C’est vrai que je rêvais d’évoluer en Europe, mais cela ne s’est pas fait. Malgré tout, je suis fier de la carrière que j’ai eue. Je suis croyant et je me dis que c’était mon destin. Je n’ai aucun regret.
Suivez-vous toujours le football local ? Quel regard portez-vous dessus ?
Oui, évidemment. Je suis un pur produit du football local. Je le suis avec beaucoup d’intérêt. Le niveau est là. Il faut simplement mettre davantage de moyens pour accompagner le secteur.
Votre club de cœur, le Casa Sports, a terminé à la 8e place. Comment jugez-vous sa saison ?
Nous avions bien démarré, mais ensuite nous avons enchaîné les matchs sans victoire. À un moment, cela permet aux prétendants au titre de prendre le large. Il faudra renforcer l’équipe et espérer un retour en force la saison prochaine, inchallah.
ESSAMAYE est champion de Ligue 2 et évoluera en Ligue 1 l’année prochaine. Une bonne nouvelle pour le football de Ziguinchor ?
Absolument. D’ailleurs, je félicite le club. C’est magnifique de voir deux clubs de la région en Ligue 1. La Casamance est une terre de football. J’en suis très heureux.
»Le coaching est une belle expérience que j’ai envie de découvrir. Et au Casa, ma maison, ce serait encore plus spécial. »
Vous poursuivez toujours votre carrière de footballeur, mais pensez-vous déjà à la reconversion ?
Oui, bien sûr. Je continue encore mon chemin et je prends toujours beaucoup de plaisir à jouer. Mais c’est certain que je pense aussi à la reconversion. Pourquoi pas devenir entraîneur ? C’est dans mes plans et j’espère y arriver, inchallah.
Pourquoi ne pas revenir au Casa Sports comme votre ancien coéquipier Stéphane Badji ?
C’est une possibilité. Mais pour le moment, je veux continuer à jouer. Je récupère de ma blessure et je compte revenir plus fort, inchallah. Ensuite, je n’exclus rien. Le coaching est une belle expérience que j’ai envie de découvrir. Et au Casa, ma maison, ce serait encore plus spécial.
Allez-vous poursuivre à Al Tadamon ou regarder ailleurs ?
On verra. Pour l’instant, je me concentre sur ma récupération. J’ai aussi quelques offres ailleurs. J’évaluerai la meilleure option avant de prendre une décision.
Pour finir Mame Saher Thioune, nous sommes en pleine Coupe du monde. Comment voyez-vous l’équipe nationale du Sénégal ? A-t-elle de réelles chances d’aller au bout ?
Pourquoi pas ? Nous avons une excellente équipe et de grands joueurs. Il faut croire en nous et faire confiance au groupe. Certes, il y aura de grandes nations du football, mais nous sommes champions d’Afrique et nous devons être à la hauteur. Inchallah, je crois que nous pouvons marquer un grand coup lors de ce Mondial.
Mohamed Fodé Gassama






