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Adji Ndiaye sans détour : « Ce fut très frustrant… »

Après une CAN féminine 2026 frustrante conclue par une élimination au premier tour, la gardienne internationale sénégalaise Adji Ndiaye entame sa deuxième saison sous les couleurs de Bourges FC, fraîchement promu en Deuxième division. La portière des Lionnes se livre sans détour.

Adji Ndiaye, comment se passe votre début de saison avec Bourges FC ?

Ça se passe très bien pour l’instant, Alhamdoulillah. On s’accroche bien aux entraînements malgré un renforcement de l’effectif qui est très exigeant. Je me sens bien intégrée pour ma deuxième saison ici à Bourges. Je commence maintenant à mieux connaître un peu le club, la ville, et cela m’aide beaucoup, surtout pour cette année.

« C’est à moi de travailler dur chaque jour, pendant les séances d’entraînement, pour gagner la confiance du coach. C’est mon objectif d’être titulaire »

Votre équipe évolue cette année en Deuxième division. En quoi ce championnat est-il différent de celui de la Troisième division ?

Il y a une très grande différence entre ces deux divisions. En effet, en D3, c’est très physique, avec beaucoup de contacts, et il faut être prête mentalement, mais surtout rester concentrée du début jusqu’à la fin. En Deuxième division, c’est aussi plus compliqué, car tout va encore plus vite et la moindre erreur se paie cash pour nous, les gardiennes. On est beaucoup plus sollicitées dans nos cages, et cela demande aussi une concentration maximale, même à l’entraînement.

Pensez-vous que vous pourrez être titulaire cette saison ?

Écoutez, toute gardienne de but rêve d’être titulaire avec son club ou avec sa sélection. Maintenant, c’est à moi de travailler dur chaque jour, pendant les séances d’entraînement, pour gagner la confiance du coach. C’est mon objectif d’être titulaire dans les cages avec mon club pour cette nouvelle saison. Malgré la concurrence qui est présente, je me sens prête.

Quels sont les objectifs d’Adji Ndiaye avec le club pour cette nouvelle saison ?

D’abord, jouer le maintien. On est promues, on sait que ça va être très dur, mais l’objectif, c’est d’assurer le maintien et de montrer qu’on a mérité notre montée en Deuxième division. C’est l’un de mes objectifs avec le club, et pour moi, c’est le plus important cette année.

Vos objectifs personnels ?

M’imposer comme numéro 1 à Bourges FC en enchaînant les matchs, et surtout garder ma place avec les Lionnes du Sénégal. J’en suis consciente, maintenant c’est à moi de travailler.

Quelle relation entretenez-vous avec les joueuses sénégalaises évoluant à Bourges FC ?

À Bourges, je suis avec Nguenar Ndiaye, avec qui j’entretiens de très bonnes relations. C’est ma grande sœur, on se parle beaucoup à propos de l’équipe, de la saison et de notre apport pour aider nos coéquipières, mais aussi la sélection sénégalaise en vue des prochaines éliminatoires des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Nguenar me conseille sur le terrain comme en dehors. Aujourd’hui, je suis vraiment chanceuse d’avoir une coéquipière, surtout une Sénégalaise, à mes côtés, mais aussi une grande sœur.

«C’était vraiment très dur pour toute l’équipe. En effet, si on avait pu se qualifier en demi-finale, on aurait validé notre ticket historique pour la Coupe du monde féminine Brésil 2027. »

Récemment, vous avez été héroïque avec les Lionnes lors de la CAN féminine Maroc 2026, malgré votre élimination au premier tour. Quelle analyse faites-vous de la compétition ?

Ce fut une compétition frustrante. On n’a pas bien débuté cette CAN féminine 2026, avec une défaite dès notre entrée en lice face à l’Algérie, perdue 2-0. Pourtant, on avait beaucoup d’occasions de buts, mais malheureusement on n’a pas pu les concrétiser, par manque d’efficacité devant les buts. Ensuite, on a gagné notre deuxième match contre le Kenya, avant de tenir tête au Maroc devant son public, zéro but partout. Un résultat insuffisant, puisqu’on est éliminées avec 4 points au compteur. C’était vraiment très dur pour toute l’équipe. En effet, si on avait pu se qualifier en demi-finale, on aurait validé notre ticket historique pour la Coupe du monde féminine Brésil 2027. On n’a pas pu le faire, d’où la frustration de toute l’équipe. Mais ce n’est pas la fin du monde, on va continuer à travailler davantage pour les prochaines compétitions, afin d’aller plus loin et de viser surtout les demi-finales.

Qu’est-ce qui a manqué à l’équipe pour se qualifier en quart de finale ?

L’efficacité devant les buts, surtout le manque de réalisme. Que ce soit contre l’Algérie, le Maroc, ou surtout face aux Kenyanes, on avait l’occasion d’inscrire plus de trois buts. On a aussi encaissé des buts évitables ; autrement dit, nos adversaires étaient plus habiles devant le but que nous.

Mame Moussa Cissé a démissionné par la suite. Comment avez-vous pris cette décision ?

J’ai appris cette décision du coach Mame Moussa Cissé avec beaucoup d’émotion, car c’est un coach qui m’a vue évoluer d’année en année et qui m’a beaucoup aidée dans ma carrière, de footballeuse jusqu’à joueuse professionnelle. Il a joué un rôle déterminant dans mon parcours, même s’il reste encore beaucoup de choses à accomplir. Mame Moussa me conseillait et m’encourageait dans les moments de doute, mais aussi dans les périodes de réussite, même en dehors du terrain. C’est une décision personnelle du coach, on la respecte, et on lui souhaite bonne chance pour la suite de sa carrière. Surtout, merci beaucoup pour les années qu’on a travaillé ensemble. Dieuredieuf, coach !

Propos recueillis par Chérif Aidara Seydi

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