Jaraaf : Pape Mansour Gueye, 16 ans et déjà des airs de Lamine Yamal
À seulement 16 ans, Pape Mansour Gueye a illuminé la deuxième journée de Ligue 1 sénégalaise. Entré en jeu à la pause face à l’US Ouakam cet après midi,le joyau du Jaraaf a signé un doublé en 18 minutes et terminé homme du match, faisant basculer la rencontre par son talent, son audace et son efficacité. Pied gauche soyeux, dribbles déroutants et insouciance désarmante : le jeune Médinois fait déjà rêver les supporters et rappelle, par certaines de ses qualités, le prodige espagnol Lamine Yamal.
Il y a des entrées en jeu qui changent un match. Et puis, il y a celles qui révèlent un talent. Celle de Pape Mansour Gueye appartient incontestablement à la seconde catégorie. À seulement 16 ans, le jeune attaquant du Jaraaf a transformé le visage des Médinois, apportant cette étincelle, cette audace et cette efficacité qui font basculer une rencontre. En 18 minutes, il a inscrit un doublé et décroché le titre d’homme du match. Une performance majuscule pour un garçon qui n’a visiblement pas l’intention de patienter longtemps avant de se faire une place chez les grands.
À la Médina, son nom est désormais sur toutes les lèvres. Son pied gauche fait des merveilles, ses dribbles donnent le tournis et ses accélérations mettent les défenses à rude épreuve. Mais ce qui frappe surtout chez Mansour, au-delà de ses qualités techniques, c’est cette insouciance propre aux joueurs qui semblent avoir été faits pour les grandes scènes. Il ose, provoque, tente et frappe. Sans complexe, avec une maturité étonnante pour son âge et cette spontanéité qui fait le charme des grands talents.
Lamine Yamal comme source d’inspiration ?
La comparaison est flatteuse, mais elle mérite d’être posée : le Jaraaf tient-il son propre Lamine Yamal ? À ce stade, il ne s’agit évidemment pas de placer le jeune Médinois au niveau du prodige du FC Barcelone, mais de souligner des similitudes dans leur manière de jouer. Cette capacité à provoquer en un contre un, cette qualité de dribble, cette liberté dans les prises d’initiative et cette facilité à faire la différence dans les petits espaces.
Pour Amadou Dieng, dit Coach Sock, qui l’a dirigé dans les catégories cadettes, le rapprochement est évident.
« Il est beaucoup plus proche de Yamal qu’Olise sur son insouciance, sa qualité de dribble et ses tirs », témoigne-t-il.
Un compliment qui en dit long sur le potentiel du garçon. Mais Mansour ne se résume pas à une comparaison. Il construit déjà sa propre histoire, à coups de performances et de gestes techniques qui séduisent les supporters du club de la Médina.
Un talent repéré depuis les petites catégories
Cette explosion n’a rien d’un accident. Avant de faire sensation chez les seniors, Mansour Gueye avait déjà commencé à attirer l’attention lors des compétitions de jeunes. Ses prestations au tournoi du Nord, organisé à Saint-Louis, où les jeunes du Jaraaf s’étaient particulièrement illustrés, avaient donné un premier aperçu de son potentiel.
Dès la première journée de Ligue 1 face à l’AJEL, il avait également marqué les esprits. Entré en cours de jeu, il avait provoqué le penalty de l’égalisation dans les ultimes secondes, démontrant qu’il pouvait peser sur le sort d’une rencontre même avec un temps de jeu limité.
Son parcours au Jaraaf remonte à 2024, après des tests réussis en provenance de Jappo Olympique de Guédiawaye. Deux années en catégorie cadette lui ont permis de poursuivre sa progression avant d’alterner, la saison dernière, entre les cadets et les juniors. Une évolution accélérée qui témoigne de la confiance placée en lui par les formateurs du club.
Coach Sock se souvient notamment de ses performances lors du tournoi de Ligue organisé à Kounoune en 2024.
« En 2024, lors du tournoi de Ligue organisé à Kounoune, il a terminé à chaque fois homme du match », raconte-t-il.
Une précocité qui n’a pas échappé aux observateurs du Jaraaf. Car chez Mansour, la progression n’est pas seulement une affaire de talent individuel : elle s’inscrit dans un travail de formation et d’accompagnement mené depuis plusieurs saisons.
Un joueur aux multiples facettes
Ailier gauche, milieu offensif, voire arrière gauche : Mansour a déjà évolué à plusieurs postes, avec une capacité d’adaptation qui constitue un atout supplémentaire. Sa technique lui permet d’éliminer, sa vivacité de déséquilibrer les défenses et son pied gauche de créer le danger dans les derniers mètres. Il possède également cette faculté à tenter sa chance de loin, une arme qu’il utilisait déjà dans les catégories inférieures.
Assane Mbodj, entraîneur adjoint des juniors du Jaraaf, qui l’a découvert par l’intermédiaire de Coach Sock, confirme l’étendue de ses qualités et insiste sur la continuité du travail effectué au sein du club.
« J’ai découvert Mansour par le biais de Coach Sock, qui l’avait en cadets. Lui et Mourtala Sow sont des joueurs pétris de talents. Il a l’habitude de marquer ce genre de buts. Déjà avec les petites catégories, il marquait très souvent des buts de 40 ou 60 mètres », explique-t-il.
Le technicien insiste également sur la préparation qui accompagne l’éclosion de ces jeunes joueurs : « C’est un travail bien coordonné qui commence à donner satisfaction. Tout est préparé en amont avec les petits, on ne tâtonne sur rien. »
Derrière les éclairs de génie de Mansour, il y a donc une méthode, un suivi et une volonté de préparer progressivement les jeunes talents à franchir les étapes.
Les U17 en ligne de mire, le Mondial dans le viseur
Les performances du jeune Médinois commencent également à trouver un écho au-delà des frontières du Jaraaf. Récemment convoqué par Lamine Sané chez les U17 du Sénégal, Mansour se rapproche d’un nouveau palier. À 16 ans, il peut désormais prétendre à une place dans le groupe appelé à disputer la Coupe du monde U17, sous réserve de la sélection définitive.
Une perspective qui donne une autre dimension à son ascension. Pour un joueur encore en pleine formation, intégrer la sélection nationale de sa catégorie serait une étape importante, autant pour sa progression que pour son exposition au plus haut niveau international.
Le chemin reste long, et les attentes devront être accompagnées de patience. Mais les premiers signaux sont prometteurs : une capacité à faire basculer les matchs, une personnalité affirmée sur le terrain et une marge de progression encore considérable.
Le digne héritier d’Issaga Kane ?
À la Médina, les comparaisons ne manquent jamais lorsqu’un jeune joueur commence à faire vibrer les supporters. Aujourd’hui, une question revient avec insistance : Mansour Gueye peut-il devenir le digne héritier d’Issaga Kane, qui avait lui aussi réussi à mettre tout le monde d’accord ?
Le parallèle est tentant. Le Jaraaf a toujours eu besoin de jeunes capables d’incarner son identité, de porter ses ambitions et de faire vibrer ses supporters. Mansour semble posséder plusieurs ingrédients pour s’inscrire dans cette tradition : le talent, l’audace, l’efficacité et cette capacité à susciter l’enthousiasme.
Mais le plus beau reste peut-être à venir. À 16 ans, le prodige du Jaraaf n’en est qu’au début de son histoire. Son doublé en 18 minutes constitue un premier coup d’éclat, pas une ligne d’arrivée. La suite dépendra de sa progression, de son encadrement et de sa capacité à confirmer sur la durée.
En attendant, la Médina peut savourer l’éclosion de son nouveau joyau. Un gamin au pied gauche magique, au dribble insolent et à l’appétit déjà féroce. Le Jaraaf tient peut-être là l’une de ses prochaines grandes figures. Et le football sénégalais, un talent à suivre de très près.
Khadim DIAKHATÉ







