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Guédiawaye FC – Casa Sports 0-0 : nous étions à Amadou Barry et le spectacle était en tribunes

Malick Gakou, en tribunes, a dû avoir la chair de poule lorsqu’il est arrivé au stade Amadou Barry, à vingt minutes du coup d’envoi. Dans les gradins, ça poussait déjà. Les derniers retardataires se faufilaient pour trouver une place. Les travées, bondées, ne laissaient plus un mètre de gradin libre.

À l’époque où il présidait Guédiawaye FC, c’était la période des vaches maigres, avec seulement quatre pelés et un tondu dans les travées. Resté supporter du club, l’ancien ministre des Sports a pu constater le travail remarquable accompli par le comité des supporters ces dernières années. Guédiawaye est peut-être devenu le public le plus fidèle de la Ligue 1 sénégalaise, et les matchs du GFC n’ont plus rien à envier aux derbys Juboo-Jamono des années 2000. Des supporters engagés, de belles femmes souriantes trustent désormais les gradins. Comme avant chaque coup d’envoi, l’hymne du club, fredonné par tout le Kop Jaune et Bleu, a donné des frissons. Debout, bras levés, écharpes tendues au-dessus des têtes, la tribune a chanté d’une seule voix à la sortie des joueurs des vestiaires.

Les infrastructures, en revanche, n’ont pas changé depuis le temps de Malick Gakou. Nos stades restent très peu confortables et accueillants. Et les pelouses, comme l’a constaté l’entraîneur de Génération Foot Boubacar Gadiaga la semaine passée, sont les premiers adversaires des joueurs. Le jeu en pâtit gravement, même si cela n’explique pas tout. Sur ce terrain irrégulier, le ballon sautait, les contrôles s’allongeaient et les passes mouraient souvent avant d’atteindre leur cible.

Résultat : les 45 premières minutes de ce Guédiawaye FC – Casa Sports comptant pour la 3e journée de Ligue 1 ont été ternes en termes d’occasions : beaucoup de duels dans l’entrejeu, mais des animations offensives encore en quête de justesse technique et d’automatismes. Youssoupha Dabo, ancien coach du club, aperçu dans la loge officielle (si l’on peut appeler cet espace une loge), a été vu à plusieurs reprises en train de pianoter sur son téléphone. Il s’est peut-être ennuyé devant cette première période. À la pause, c’est dans les gradins que ça continuait de vibrer, tandis que les joueurs rejoignaient les vestiaires sous quelques applaudissements polis.

Ce GFC n’a pas encore retrouvé le niveau du Guédiawaye de Dabo et puis Cheikh Guèye, deuxième de Ligue 1 en 2017 derrière l’inarrêtable Génération Foot d’Olivier Perrin et des Ibrahima Niane. Mais c’est bien compréhensible. Tabane Dieng, aux commandes depuis l’intersaison, a repris une formation en manque de confiance, sortie d’une saison très compliquée sur le plan mental, avec des résultats loin des attentes. Après trois journées l’an passé, les Crabes ne comptaient qu’un petit point, avaient encaissé quatre buts et n’en avaient marqué qu’un seul.

Ce dimanche, avec une seconde période bien plus intéressante que la première, ils auraient pu décrocher un deuxième succès de suite devant leur public. À chaque incursion dans la surface, le stade se soulevait ; à chaque dernière passe manquée, un long soupir descendait des gradins. Mais ils se contentent d’un nul et de cinq unités après trois journées, car le Casa Sports a tenu bon. Il repart à Ziguinchor avec un point (0-0) qui satisfait ses supporters, tout de vert vêtus, qui ont comme à leur habitude chanté pendant les 90 minutes. Ce point est bien mieux que la défaite enregistrée lors de leur dernier déplacement à Amadou Barry, où ils s’étaient inclinés 2-0.

Même si le Kop Jaune et Bleu aurait mérité que son équipe lui offre le bonheur de jubiler sur un but ou une victoire, les supporters savent au moins une chose : ce Guédiawaye de Tabane est plus solide que celui de l’exercice écoulé. C’est réconfortant avant la réception de Génération Foot lors de la prochaine journée. « Contre GF, c’est un match que l’on doit gagner. On ne veut pas enchaîner deux matchs chez nous sans gagner », promet le coach Tabane Dieng. Qui veut marquer son territoire.

Demba VARORE

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