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Abatalib Fall : « Pas de pressing haut consommateur d’énergie sur 90 minutes »

Le Sénégal croise le fer avec la Belgique, ce mercredi 1er juillet 2026, au Seattle stadium, dans le cadre des seizièmes de finale de la Coupe du monde. Pour ce match couperet, Abatalib Fall, entraineur de football, relève que la clé du match sera l’équilibre et estime que les Lions ne devraient pas se jeter dans un pressing suicidaire, ni de subir 90 minutes. Dans cet entretien, il décortique les failles belges et livre le plan de jeu qui peut faire tomber les Diables Rouges.

Entretien.

Coach, le Sénégal affronte la Belgique ce mercredi. Comment les Lions doivent aborder ce match capital ?

Ce sera un match qu’il faudra aborder avec plusieurs ingrédients. La Coupe du Monde vient de commencer pour nous. On n’a plus droit à l’erreur. Nous avons besoin de compétiteurs partout. Le coaching de match sera fondamental pour être dans l’immédiateté, en apportant des réponses par rapport à la dynamique du jeu.

Sur le plan tactique, les Diables Rouges jouent souvent en 3-4-3. Comment le Sénégal doit se comporter pour les contrer ?

Avec trois défenseurs centraux et des pistons comme Thomas Meunier ou Maxim De Cuyper qui montent haut, le 3-4-3 belge laisse souvent des espaces dans le dos des latéraux quand ils se projettent. Le Sénégal doit étirer le bloc via les courses d’Ismaïla Sarr et Sadio Mané dans le couloir libéré par les pistons. Les Lions doivent également presser en bloc médian plutôt que haut, car les trois centraux belges Meunier – Brandon Mechele – Arthur Theate sont à l’aise dans la relance courte avec Youri Tielemans et Hans Vanaken devant eux. Ensuite, il va falloir que Pape Thiaw utilise un milieu en losange ou un double pivot pour neutraliser la supériorité numérique belge au milieu, 4 contre potentiellement 3.

Le sélectionneur des Lions devrait-il reconduire le même onze contre l’Irak ou apporter du sang neuf pour ce match couperet ?

La victoire 5-0 contre l’Irak, plus large victoire jamais réalisée par une sélection africaine en Coupe du Monde, plaide pour la continuité. L’équipe a retrouvé des automatismes et de la confiance. Cependant, une touche de fraîcheur athlétique au milieu pour absorber l’intensité belge peut être utile. Changer plus de 2 ou 3 postes serait risqué à ce stade.

En défense, comment gérer la profondeur et la vitesse de Jérémy Doku et éventuellement Romelu Lukaku ?

C’est deux profils très différents. Doku est un dribbleur explosif, il emmène le danger en transition et bon en un contre un. Il faut un latéral avec un bon temps de retard défensif et un soutien systématique du milieu relayeur, sans laisser d’espace dans le dos. Quant à Lukaku, son entrée est probable en cours de match. Il a une puissance physique et un sens du but en surface. Les centraux sénégalais doivent garder de l’énergie en seconde période et ne pas se faire prendre dos au jeu sur les ballons longs. Donc, pour la clé du match, il ne faut pas laisser le bloc défensif s’étirer entre la vitesse de Doku sur l’aile et la présence physique de Lukaku dans l’axe. D’où l’importance de la communication entre latéraux et défenseurs centraux.

Au milieu, faut-il muscler le jeu pour répondre à l’impact physique belge, ou privilégier la technique ?

Les deux, en réalité. Pas l’un sans l’autre. Il faut un profil de récupérateur type Gana Guèye est capable d’aller au contact face à Tielemans et Vanaken, combiné à un relayeur technique pour sortir vite le ballon une fois récupéré et ne pas subir tout le match. Jouer uniquement dans le combat épuiserait l’équipe face à un effectif belge expérimenté. Jouer uniquement la technique laisserait trop d’espace de progression aux Belges au milieu.

Quel doit être le plan de jeu du Sénégal : attendre et contrer, ou prendre le ballon et imposer votre rythme ?

Une approche hybride semble la plus réaliste. Il faut un bloc médian-bas compact en phase défensive. Pas de pressing haut consommateur d’énergie sur 90 minutes face à une équipe plus complète techniquement. Mais avec des transitions rapides, il faudra exploiter la vitesse de Sarr et Mané dès la récupération du ballon. Je crois que l’attaque (du Sénégal) peut faire la différence sur des contres rapides plutôt qu’en cherchant à dominer la possession face à une Belgique supérieure dans la conservation. Une bonne solidité défensive organisée, des transitions rapides, l’exploitation des largeurs laissées par les pistons belges : c’est le scénario le plus réaliste pour faire douter les Diables Rouges.

Abatalib Fall, sélectionneur U20 féminine

Abatalib Fall, sélectionneur équipe nationale féminine U20

Par Cheikh Demba NDIAYE

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