Belgique – Sénégal (20h) : Les Lions pour éteindre les Diables rouges
Lions et Diables rouges de la Belgique se retrouvent ce mercredi au Lemun Field de Seattle pour un seizième de finale de Coupe du monde qui sent le soufre. Alors que le Sénégal a lancé son tournoi avec une victoire écrasante contre l’Irak (5-0), c’est une autre compétition qui commence pour les Lions afin de poursuivre l’aventure dans ce Mondial et renouer enfin avec le succès dans un match à élimination directe.
C’est un autre Mondial qui commence pour le Sénégal. La phase à élimination directe est d’un autre calibre que la phase de groupe. L’aspect émotionnel entre qualification et élimination donnant une autre saveur à la compétition.
Le choix des hommes : la clé du succès ?
Les Lions ont peut-être lancé leur tournoi à partir de la 3e journée de la phase de poule avec une victoire face à l’Irak (5-0) synonyme de qualification pour les 16e de finale.
Un succès qui a peut-être aussi permis au sélectionneur national de trouver son onze pour la suite de la compétition, à quelques ajustements près. Pape Thiaw s’est rendu compte que le choix des hommes était prépondérant à la réussite au haut niveau. Ses choix contre la France (3-1) et la Norvège (3-2) ont été défectueux, au contraire des choix gagnants opérés face à l’Irak.
Dès lors, une éventuelle qualification face à la Belgique passera certainement par des choix opportuns. Dans les cages, le forfait d’Edouard Mendy devrait permettre à Mory Diaw d’enchainer une deuxième titularisation en Coupe du monde.
La plus grosse interrogation réside dans l’axe et l’identité du joueur qui accompagnera Moussa Niakhaté, si une défense à 4 est choisie. Deux choix semblent se dégager : la titularisation d’un Pathé Ciss, qui a donné satisfaction lors de son entrée contre l’Irak. Ou alors le retour du capitaine, un choix qui peut s’avérer risqué, tant les interrogations sur l’état physique et mental de Kalidou Koulibaly ne sont pas levées.
A gauche, Jackobs, auteur d’une bonne prestation contre les Irakiens, semble avoir pris de nouveau l’ascendant dans son mano à mano avec El Hadj Malick Diouf. Au milieu, Pape Gueye devrait faire retour à la place numérique de Habib Diarra.
Enfin, le Sélectionneur pourrait trancher au poste d’excentré droit, en titularisant pour la première fois Illiman Ndiaye dans ce Mondial ou alors en reconduisant Ibrahima Mbaye. En conférence de presse, Pape Thiaw a assuré que l’objectif était d’aligner la meilleure équipe possible : « Depuis le début du tournoi, je cherche à aligner la meilleure équipe possible. J’ai 26 titulaires, tout le monde est concerné. Ceux qui entreront devront apporter leur pierre à l’édifice ».
Duel tactique : Qui fera le plus mal en transitons ?
Ce duel face aux Diables rouges ne se limitera pas qu’au choix des hommes, l’aspect tactique sera aussi déterminant. Face à une équipe de Belgique qui exerce un football de rupture, les Lions devront jouer sur leurs atouts pour mettre en mal le bloc des Diables rouges. La Belgique demeure redoutable en transition pour mettre en orbite le virevoltant Doku, ou alors en phase de possession avec le métronome De Bruyne et un Trossard qui sait jouer entre les lignes. Mais le point faible des Diables rouges résident certainement dans l’arrière garde et c’est là que Lions devront faire mal, en transition, mais aussi en phase de possession pour désarticuler le bloc belge.
Le pressing sénégalais devra être aussi efficient pour perturber la relance belge et profiter de récupérations hautes et se créer des situations de but.
L’adversaire
La Belgique est à la recherche de sa gloire d’antan, une génération qui n’a certes pas remporté de trophée, mais qui a ébloui le monde du football avec une demi-finale de Coupe du monde 2018, incarnée par la génération des Hazard, Kompany et Merteens.
De cette génération, De Bruyne et Lukaku font encore de la résistance. De Bruyne n’a plus son rythme d’il y a 10 ans, mais garde toujours une vision de jeu au-dessus de la moyenne et une qualité de passe encore destructrice.
Lukaku se retrouve désormais dans la peau d’un Joker, mais demeure un attaquant puissant, capable de bouger les défenseurs, et de trouver le chemin des filets l’occasion. Alors que Doku et Trossard peuvent faire la différence à tout moment.
A l’image du Sénégal, la Belgique a démarré timidement le tournoi, avec deux nuls d’entrée face à l’Egypte (1-1) et l’Iran (0-0), avant de dérouler face à la Nouvelle Zélande (5-1).
Les Diables rouges tenteront certainement de réduire l’impact de la relation milieu-attaque coté sénégalais.
Match à élimination directe : imiter la génération 2002
Un défi majeur se présente face aux Lions, renouer avec une victoire dans un match à élimination directe en Coupe du monde depuis le dernier succès en 2002 face à la Suède (2-1) en 8e de finale. Depuis, les Lions ont perdu face à la Turquie (1-0) en quart de finale dans cette même édition.
En 2018, les Lions été sortis au premier tour. Il faut donc attendre 2022 pour revoir les Lions dans un match à élimination directe avec une élimination sèche avec à l’Angleterre (3-0) en 8e de finale.
Les hommes de Pape Thiaw ont donc l’occasion de renouer avec la victoire en phase à élimination directe.
La gestion des émotions sera aussi déterminante dans ces configurations qui peuvent s’allonger jusqu’à la séance de tirs au but.
Un match et des histoires
Ce rendez-vous en 16e de finale marque aussi des retrouvailles entre certains acteurs des deux équipes. Amadou Onana, milieu des Diables rouges, est natif de Dakar, et revient dans son pays naissance chaque année. Idrissa Gana Gueye a été lancé en milieu professionnel par Rudi Garcia à Lille lors de la saison 2010-2011. Le sélectionneur de la Belgique a aussi une histoire commune avec son homologue sénégalais puisqu’il a contribué aux débuts de Pape Thiaw en pro à Saint Etienne : « J’ai lancé Gana alors qu’il était très jeune, une saison historique où on fait le doublé championnat-Coupe de France, et il est titulaire en finale face au Psg, cela démontre que dès le début j’ai vu ses qualités. Pape Thiaw, lui je l’ai connu à Saint Etienne, j’étais dans le staff de Robert Nouzaret et comme je m’occupais des jeunes, j’avais remarqué Pape et j’ai conseillé à Robert de le lancer, et il ne l’a pas regretté ».
Un seizième pour une première, car le Sénégal et la Belgique s’affrontent pour la première fois, avec au bout une qualification pour les huitièmes.
Les Lions devront ainsi éteindre toute tentative du Diable pour poursuivre l’aventure américaine.
Aziz Kane







