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Abdoulaye Oualy : « Le but contre Teungueth FC m’a valu une prime de…»

Ailier virevoltant du Jaraaf de Dakar, Abdoulaye Oualy revient sur les moments fondateurs de sa jeune carrière. De ses débuts hésitants à Tambacounda à son explosion au plus haut niveau national, en passant par ses blessures, ses doutes inexistants et ce but décisif contre Teungueth FC récompensé par une prime spéciale, le joueur se confie sans détour dans notre rubrique « Premières et dernières fois ».

La première fois que tu as quitté Tamba ?

Tamba représente tout pour moi. Je suis né et j’ai grandi là-bas. J’en profite pour remercier les habitants pour le trophée de joueur du mois qui m’a été décerné.

En 2017 quand j’étais à Don Bosco et que j’étais surclassé en senior, j’étais encore élève, et je ne disputais que les matchs à domicile. Je ne pouvais pas effectuer les déplacements en National 2. En 2018, j’ai commencé à me concentrer davantage sur le football, même si je ne faisais toujours pas les voyages. Et puis lors du match retour contre Diamono de Kaolack à Tamba, j’ai livré une grosse prestation et nous leur avons infligé leur première défaite de la saison.

Quelques temps après, leur directeur technique m’a appelé pour me proposer de rejoindre le club kaolackois en vue du National 1, puisqu’ils allaient être promus. Ils ont convaincu mes parents que je pourrais continuer mes études, même si, moi, j’avais déjà fait le choix de me consacrer uniquement au football. Ils m’ont proposé un salaire, le plus élevé du club à l’époque. J’ai arrêté l’école, je suis allé à Kaolack et je me suis pleinement investi dans le championnat. J’ai réalisé une très bonne saison.

Ensuite à Kaolack, Sonacos partageait le même stade que nous. On jouait souvent des matchs amicaux. À l’époque, ils venaient d’être relégués en Ligue 2. Pendant le mercato, ils me voulaient déjà, mais j’ai préféré rester en National 1, pensant pouvoir décrocher un club de Ligue 1.

Après leur relégation, plusieurs joueurs ont été libérés. Tapha Seck est arrivé sur le banc. Il m’a appelé et m’a expliqué qu’il ne m’avait jamais vu jouer, mais qu’on lui avait beaucoup parlé de moi. Vieux Ba, alors coach de Saloum, devenu son adjoint à Sonacos, lui avait aussi vanté mes qualités.

Ils ont insisté, ont discuté avec mon père, et j’ai finalement rejoint Sonacos en 2018-2019 en Ligue 2. J’y ai trouvé de grands joueurs comme Ousmane Gassama ancien de Jaraaf, Malick Fall, Omar Gningue, Abdoulaye Diakhaté ou encore Landing Badji.

Je n’ai pas joué les trois premières journées parce que le président de Diamono refusait de me libérer. J’ai commencé sur le banc avant de devenir titulaire progressivement. À la mi-saison, le Covid a stoppé le championnat. Tapha Seck est parti, l’équipe est retournée à Diourbel. On s’entraînait là-bas et on jouait à Diambars.

Mame Niang et Samba Arona Ba ont pris les rênes. Malgré un effectif renouvelé, on a réussi à se maintenir en 2020-2021. En 2022, nous sommes montés en Ligue 1. Sidath est ensuite arrivé, et on a terminé 5e ou 6e.

Lors de la première journée, on a joué contre le Jaraaf. Depuis ce jour, ils me suivaient de près. En fin de saison, j’étais en fin de contrat avec Sonacos et j’ai rejoint le Jaraaf. C’était un parcours logique. Sortir de ma zone de confort m’a beaucoup apporté.

Le premier joueur qui t’a réellement impressionné au Jaraaf ?

C’est Ousmane Sow. Il y a beaucoup de bons joueurs au Jaraaf comme Issaga Kane ou Babacar Sarr, mais Ousmane me fait penser à Busquets. Il ne perd presque jamais le ballon. Il impose le tempo du jeu, lent ou rapide selon ce qu’il veut. Quand il a le ballon, c’est très difficile de le récupérer. Il est intelligent, difficile à marquer. Les blessures l’ont freiné, mais je crois beaucoup en lui.

La première blessure qui t’a vraiment fait peur ?

C’était en 2022, lors de la 18e journée contre le Stade de Mbour. J’étais le meilleur buteur de Sonacos avec 7 buts. À la 7e minute, en revenant défendre, j’ai subi un tacle qui m’a causé une entorse. Je suis resté plusieurs mois sans jouer et je n’ai même pas terminé la saison. J’ai vraiment cru que je ne rejouerais plus ou que je ne retrouverais jamais mon niveau. Heureusement, on est monté en Ligue 1 et, alhamdoulilah, je suis revenu.

La première personne qui a cru en toi ?

Mon père. Il est passionné de football et nous a toujours soutenus. À Tamba, tout le monde connaît notre famille, car nous sommes une famille de footballeurs. Tous mes frères jouent au football. Où que nous jouions, mon père nous suit. Il a toujours cru en nous, tout comme le reste de la famille.

« En fin de saison dernière, j’ai reçu plusieurs propositions, en Afrique et dans les pays arabes»

La première fois où tu as douté de toi-même ?

Jamais. Je suis quelqu’un de très confiant et optimiste. Je crois en mes capacités. Il peut y avoir des moments difficiles, mais je n’ai jamais douté de moi.

La dernière fois que tu as reçu une proposition à l’étranger ?

En fin de saison dernière, j’ai reçu plusieurs propositions, en Afrique et dans les pays arabes. Mais rien n’a abouti, parfois à cause des agents ou parce que les projets ne me convenaient pas. Je me dis que ce n’était pas encore le bon moment. Je continue de travailler.

Le dernier gardien qui t’a impressionné ?

Amar Fall. À Sonacos, il faisait partie de nos meilleurs éléments. Il a été décisif dans notre montée. Il répondait toujours présent dans les grands matchs. Il y a aussi Abdoulaye Diakhaté et Cheikh Lo Ndoye, chacun avec ses qualités, mais Amar m’a vraiment marqué.

La dernière fois qu’un but t’a valu une prime spéciale ?

C’était contre Teungueth FC, lors de la 6e journée cette saison. C’était notre première victoire après cinq matchs sans succès. J’ai marqué le but décisif en seconde période face à une grande équipe. Ce match a relancé notre saison. Après la rencontre, le président Youssou Dial m’a donné une prime… je ne dirai pas combien, mais c’était beaucoup (rires).

Comment imagines-tu ton premier match professionnel à l’étranger ?

Ce serait exceptionnel. Un rêve d’enfant qui se réalise. Tous les sacrifices consentis, l’arrêt des études, les efforts de mes parents… Ils prient beaucoup pour moi, tout comme mes amis. Les rendre fiers serait énorme.

La dernière fois que tu as pleuré à cause du football ?

C’était en Navétanes, avec l’ASC Tonnerre de mon quartier contre l’ASC Gourel. On a été éliminés en quart de finale après un penalty que j’avais raté. J’ai pleuré. Depuis, je me dis que le football, c’est gagner, perdre, apprendre et avancer.

Réalisé par Ndèye Camara

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