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Amicaux contre Pérou et Gambie : peut-on revoir le fameux 3-4-3 ?

Qui veut aller loin ménage sa monture. Pape Thiaw l’a certainement compris. Depuis sa nomination sur le banc de la sélection nationale, l’ancien coach de NGB fascine par son adaptabilité tactique. Plutôt adepte du 4-2-3-1 et du 4-3-3, il a, pour faire plier le Maroc en finale de la CAN 2025, sorti de sa palette un 3-4-3 qui détonne. À l’orée de deux matches tests face au Pérou et à la Gambie (28 et 31 mars), l’occasion est peut-être idéale pour peaufiner davantage ce système. D’autant plus qu’avec des profils divers et variés, l’expérience est plus que tentante.

Un coup tactique gagnant en finale

Finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, 77e minute : Pape Thiaw lance Ibrahima Mbaye, Abdoulaye Seck et Ismaël Sarr à la place d’Iliman Ndiaye, Antoine Mendy et Lamine Camara. Le Sénégal bascule d’un 4-3-3 à un 3-4-3, et le réajustement s’avère salvateur.

Les Lions deviennent plus incisifs, notamment sur le côté droit où Sarr et Mbaye donnent le tournis à la défense marocaine grâce à des percussions incessantes. Le match commence alors à basculer. Un costume neuf, mais déjà essayé.

Le 3-4-3, une arme déjà testée

Pape Thiaw avait déjà expérimenté ce système en amical face au Kenya, deux mois avant la finale, pour une victoire éclatante (8-0). Le dispositif avait montré des facettes intéressantes : un jeu plus direct, une meilleure assise défensive grâce à une couverture plus efficace et une gestion des espaces plus maîtrisée. L’équilibre global permettait également de limiter les déséquilibres observés dans d’autres systèmes.

Très tôt, l’ancien buteur des Lions a compris l’importance de varier les systèmes et les animations de jeu dans le football de haut niveau. Ses schémas préférentiels (4-2-3-1 et 4-3-3) offrent certes des atouts, mais présentent aussi des limites : déséquilibres, espaces béants entre les défenseurs centraux et un bloc parfois coupé en deux.

Le 3-4-3 vient ainsi corriger certaines de ces lacunes, même si, comme tout système, il n’est pas exempt de défauts.

Une défense renforcée par de nouveaux profils

Les profils actuels de l’équipe nationale offrent de nombreuses possibilités tactiques au sélectionneur. L’arrivée d’un joueur comme Nobel Mendy apporte une option supplémentaire en défense : un axial gauche capable de couvrir les côtés et de relancer proprement, un élément clé dans les principes de jeu de Pape Thiaw.

Associé à des joueurs comme Mamadou Sarr et Antoine Mendy, le Sénégal peut afficher une base défensive solide. Cette concurrence pousse également les cadres à élever leur niveau face à l’émergence de nouveaux talents.

Un milieu en progression mais perfectible

Au milieu de terrain, Idrissa Gana Gueye et Pape Gueye ont franchi un cap lors de la dernière CAN, dominant l’entrejeu avec autorité. Cependant, leurs remplaçants, bien que prometteurs, doivent encore gagner en régularité et s’imposer davantage en sélection.

L’animation des couloirs constitue sans doute l’un des principaux atouts du 3-4-3. Là encore, Pape Thiaw dispose de nombreuses options. En pistons, le Sénégal peut compter sur des profils offensifs reconvertis, comme Krépin Diatta ou El Hadj Malick Diouf, naturellement portés vers l’avant tout en assurant leurs tâches défensives. Ismaël Jakobs présente également un profil similaire.

En finale, le sélectionneur s’était même permis d’aligner Ismaël Sarr en piston, avec Ibrahima Mbaye devant lui. Entre dédoublements, une-deux et jeu en triangle avec le milieu, les ailes deviennent de véritables zones de création et de déséquilibre.

Une attaque au service du mouvement

Avec des profils variés, l’attaque sénégalaise bénéficie pleinement de ce système. Des joueurs comme Iliman Ndiaye, très à l’aise dans le dribble, ou encore Assane Diao et Diakhon, apportent vitesse et percussion. Ismaël Sarr et Ibrahima Mbaye excellent dans les prises de profondeur.

Dans ce contexte, un attaquant comme Bamba Dieng peut se régaler : instinctif, puissant et toujours en mouvement, il profite des espaces et des nombreuses situations créées.

Vers une confirmation contre le Pérou et la Gambie

À l’approche de la Coupe du monde, le niveau d’exigence sera encore plus élevé qu’à la CAN. Les Lions devront hausser leur niveau de jeu. Si le 3-4-3 est reconduit face au Pérou et à la Gambie, cela confirmerait que Pape Thiaw tient là une nouvelle arme tactique dans sa besace. Un atout de taille au moment de se mesurer aux meilleures sélections du monde.

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Aziz Kane

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