Contre la France : Défense à cinq, quatre ou trois ?
Face à la machine tricolore, le Sénégal doit faire un choix : opter pour une muraille à cinq, un mur à quatre ou un mur à trois ? Le sélectionneur Pape Thiaw, maître tacticien, doit décider vite. Car face à l’armada de Mbappé, Dembélé, Doué, Olise, et leur banc de luxe avec Cherki, Barcola, Thuram, chaque option peut faire la différence. La vieille école de Metsu pourrait bien resurgir, comme il l’a laissé entendre en conférence de presse.
« Bruno Metsu, c’était comme un père pour moi. C’était mon mentor et j’ai énormément appris à ses côtés », déclare ce lundi Pape Thiaw. « Demain (mardi), je serai sur le banc du Sénégal et, dans la recette, il y aura forcément quelques ingrédients de Bruno Metsu. »
Souvenez-vous de 2002 : Ferdinand Coly, Omar Daf, Pape Malick Diop, Lamine Diatta… une forteresse inattaquable. Dans l’ombre, Djibril Cissé, Thierry Henry, David Trezeguet, meilleurs buteurs de France, Angleterre et Italie, ont essayé, en vain. Tony Silva, le gardien sénégalais, en muraille, a repoussé tout ce qui bougeait, sauf deux tirs sur les montants.
La défense sénégalaise, épaulée par des guerriers comme Moussa Ndiaye, Salif Diao, Pape Bouba Diop, c’était un cauchemar pour les champions du monde en titre. La France, perplexe, ne savait pas comment percer ce mur ouest-africain. Sur le côté gauche, censé être fragile, El Hadji Diouf, le missile, a lancé l’attaque décisive, en cassant la ligne des Bleus avec Fadiga, et c’est Diop qui a frappé, à la 39e minute, pour faire trembler le stade.
Un retour à la défense à quatre ?
Pape Thiaw, le stratège, connaît la recette. Après la CAN 2025, il a testé, raté, ajusté : le 4-3-3, le 3-4-2-1, le 4-2-3-1. Mais pas dans le style Metsu, avec ce cinquième milieu flagrant tel Aliou Cissé qui décroche pour couvrir en défense. Non, son choix reste flexible. La vraie question : qui pour jouer ?
Krépin Diatta, numéro sûr, à droite. À gauche, c’est l’incertitude : El Hadji Malick Diouf ou Ismail Jakobs ? En charnière, Moussa Niakhaté, après une saison en béton à Lyon, et l’expérimenté capitaine Kalidou Koulibaly ou Mamadou Sarr ? Pape Thiaw attendra le dernier moment. Mais, si le roc d’Al-Hilal reste sur le banc, son remplaçant n’inspire pas la confiance. En effet, le défenseur de Strasbourg, qui a quitté l’Alsace pour Chelsea, tourne au ralenti : 101 minutes cette saison. En revanche, Édouard Mendy, le gardien d’Al Ahli, est indéboulonnable.
Au milieu, c’est la fête mais quelqu’un devrait valablement pouvoir jouer ce rôle de deuxième libero comme Cissé à l’époque. Idrissa Gana Gueye, Pathé Ciss, Pape Gueye, Lamine Camara, Habib Diarra, Bara Sapoko, Pape Matar Sarr… une armée de talents. La clé : maîtriser le terrain, casser la ligne adverse, imposer la domination physique.
Le Sénégal n’a qu’une seule règle : tout donner pour faire tomber la France. Le match s’annonce explosif, et la stratégie sera la clé.
Mohamed NDIAYE




