Sénégal : l’heure d’une refonte totale…
Blâmer qui ? Pape Thiaw ? Les joueurs ? La gestion ? La vérité, c’est que tout le monde est concerné. Après l’élimination brutale du Mondial 2026, le Sénégal doit tout remettre à plat. Sans délai !
« Quand on mène 2-0 à la 84e minute, il faut être irréprochable en défense, même si ça implique de se jeter tête baissée dans le tas. On a échoué. Il n’y a aucune excuse. Le public mérite mieux. » La punchline de Krépin Diatta, simple mais chargée d’une douleur profonde, résonne comme un glas pour tout un peuple.
La défaite face aux Diables Rouges ne marque pas seulement une élimination. C’est le coup de grâce portée à une équipe qui, quelques mois plus tôt, brillait encore comme la championne d’Afrique. « Il est maintenant temps de nous remettre au travail, car le football ne se joue pas seulement sur le terrain », a lancé Diatta ce dimanche sur Instagram. « Nous avons tous une part de responsabilité et nous devons en tirer les leçons. » La défaite est douloureuse, mais ce qui dérange, c’est cette impression d’un potentiel gâché.
De la gloire à la chute : un parcours qui fait mal
Le parcours sénégalais en cette Coupe du monde a été tout sauf ordinaire. Champions d’Afrique, mais privés de leur titre à cause d’un revers administratif, les Lions sont arrivés en Amérique du Nord avec l’étiquette de favoris. Pourtant, le début de leur aventure a été plein de promesses. Ils ont tout donné face à la France, tenant jusqu’à la 66e minute, manquant de peu de mener en première période grâce à Nicolas Jackson et Ismaïla Sarr. La Norvège, elle, s’est imposée de justesse, mais la force offensive démontrée, notamment par l’attaquant de Crystal Palace, laissait entrevoir de belles promesses.
Puis, la victoire 5-0 contre l’Irak, l’éclat offensif, tout semblait promis à un avenir radieux. La qualification semblait acquise, et l’espoir de battre la Belgique, équipe peu convaincante, flottait dans l’air. Mais la donne a changé rapidement. Les Diables Rouges reviennent au score dans les derniers instants, puis écrasent tout dans un final cauchemardesque. La qualification s’envole, laissant place à la défaite, cruelle et injuste.
La gestion des cadres… de la relève
Pape Thiaw, probablement trop confiant, a choisi de reposer ses moteurs du milieu, croyant peut-être que l’affaire était pliée. Résultat : l’élan a été brisé, le rythme perdu. Après le match, Gana Gueye refuse de blâmer l’entraîneur, mais ses paroles en disent long : « Si nous avions gagné, personne n’en parlerait, mais en cas de défaite, on cherche toujours les erreurs. » L’épuisement aussi a fait son œuvre. « J’étais un peu fatigué. J’ai demandé à l’entraîneur [de me faire sortir], je n’étais plus capable d’avancer. »
Ce qui met en lumière une réalité : une gestion des leaders encore trop fragile. Les cadres ne peuvent pas tout porter tout le temps. La relève, encore en apprentissage, doit apprendre à grandir vite avant d’être confrontée à des adversaires aussi coriaces. Kalidou Koulibaly, de retour de blessure, a été débordé par la vitesse et la pression. Les erreurs fatales face à Mbappé, puis Haaland, illustrent le besoin urgent de plus de maturité et de lucidité. Si Pape Thiaw avait été plus alerte, son capitaine éviterait certainement une telle avalanche de critiques.
Un changement en profondeur : la clé de la renaissance
Les couacs hors du terrain, les problèmes entre dirigeants, les tensions dans le vestiaire, ont fragilisé la stratégie et la gestion. Le Sénégal doit se relever, se réorganiser en profondeur : une nouvelle organisation, une stratégie plus solide, un mental à toute épreuve, en direction des prochaines échéances.
Cette défaite amère peut aussi devenir le point de départ d’un renouveau. Le peuple sénégalais, fier de ses couleurs, attend une révolution. La grandeur ne se mesure pas seulement par les victoires, mais par la capacité à se relever, encore et encore. Le vrai défi commence maintenant…et il doit être à la hauteur des ambitions.
Mohamed NDIAYE






