Coupe du monde : L’Afrique sait ouvrir le bal
« Quatre années ont passé. Mais dans les regards, je peux voir cette soif de victoire. Le stade est bondé. Les supporters surexcités… » La Coupe du monde est de retour. Et elle nous rappelle cette chanson de Youssou Ndour qui avait accompagné le Mondial 1998. La star sénégalaise avait raison : le football est universel, fédérateur, intemporel. Malheureusement, ce retour aux États-Unis nous replonge aussi dans des heures sombres que l’on croyait révolues.
Alors que la FIFA avait élargi la compétition à 48 équipes pour offrir à de nouvelles nations leur première participation à la fête planétaire, l’administration Trump a fait tout son possible pour produire l’effet inverse. Des dirigeants, des membres de staffs techniques, des supporters venus de pays africains, et même un arbitre somalien désigné par la FIFA, se sont vu refuser l’entrée sur le sol américain. L’Iran, dont les matchs de poules se déroulent pourtant aux États-Unis, ne pourra pas y passer une seule nuit. Face à cette discrimination organisée depuis Washington, la FIFA a choisi le silence coupable préférant pourtant s’empresser de sanctionner le maillot de Haïti jugé à connotation politique. Deux poids, deux mesures, cher Gianni !
Mais le ballon va rouler. Et notre amour du jeu, comme toujours, reprendra le dessus. On ne peut pas en vouloir aux supporters.
Ce soir, pour le coup d’envoi de cette 23e édition, c’est un remake qui s’offre à nous : Mexique contre Afrique du Sud. Les deux équipes s’étaient déjà retrouvées lors du seul Mondial organisé en Afrique en 2010, pour un match nul (1-1) qui avait électrisé Johannesburg. Les Aztèques ont beaucoup ouvert le bal mais enregistrent sur une série de cinq matchs d’ouverture sans victoire. Leur toute première entrée en lice remonte à la première édition en 1930, face à la France. Une leçon inaugurale à 4-1. Suivront les raclées contre le Brésil (4-0 en 1950), la Suède (3-0 en 1958), avant le 0-0 à domicile contre l’URSS en 1970. Les Bafana Bafana, eux, disputeront leur deuxième match d’ouverture, le quatrième de l’histoire pour le continent africain.
Car l’Afrique n’a pas souvent eu le privilège d’ouvrir la compétition. Mais quand elle l’a fait, elle a marqué les esprits. En 1990 à Milan, les Lions indomptables du Cameroun ont terrassé l’Argentine de Diego Maradona, championne du monde en titre, sur le seul but de François Omam-Biyik. Douze ans plus tard, à Séoul, les Lions du Sénégal ont bouffé les coqs de la France, à la fois championne du monde et d’Europe, dans l’un des plus grands exploits de l’histoire du football africain.
Ce soir, l’Afrique du Sud hérite de ce rôle de lanceur de bal. Et quelque part, cette désignation porte en elle une responsabilité symbolique : celle d’un continent qui a su, à chaque fois, écrire des pages mémorables quand on lui a offert la scène. Et on espère que la 23e édition sera aussi celle où l’Afrique ouvrit le bal avant de le clore le 19 juillet.
D.V.
Mondial 2026
Groupe A
11 juin 2026
19h00 Mexique – Afrique du Sud
12 juin 2026
02h00 Corée du Sud – République Tchèque




