Édito – 2027, le pari africain d’Infantino
La levée de boucliers de l’UEFA après les révélations du Times n’a rien d’anodin. En envisageant d’ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés, Gianni Infantino touche à ce qui constitue l’essence même du football mondial. La Coupe du monde n’est pas un actif financier. C’est un patrimoine commun.
Officiellement, cette opération vise à générer davantage de revenus pour les 211 fédérations. Mais le calendrier interroge. À moins de neuf mois de l’élection présidentielle de 2027, cette promesse de nouvelles ressources ressemble aussi à une opération de séduction politique. Avec 54 voix, l’Afrique représente le plus important bloc électoral de la FIFA. Dans un climat de défiance avec l’UEFA, difficile de ne pas voir dans cette stratégie une manière de consolider une majorité en s’appuyant sur les fédérations les plus dépendantes des financements de Zurich.
Depuis plusieurs années, Gianni Infantino donne le sentiment de vouloir concentrer toujours plus de pouvoirs : multiplication des compétitions, gouvernance de plus en plus verticale et projets qui placent les intérêts économiques au premier plan. Cette nouvelle initiative renforce l’impression d’une FIFA façonnée autour de son président plutôt qu’autour de l’intérêt général du football.
La FIFA n’est pas une entreprise privée et son président n’en est pas le propriétaire. À vouloir gouverner seul et faire de l’argent le principal moteur des réformes, Gianni Infantino prend le risque d’éloigner l’institution de sa mission première : servir le football, et non le pouvoir.
Bacary CISSÉ, président Niaguis FC







