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FSF : la gestion bicéphale des deux Abdoulaye divise

À la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), une question revient avec insistance dans les coulisses : qui dirige réellement ? Officiellement, l’instance est présidée par Abdoulaye Fall. Mais dans les faits, de nombreuses voix internes décrivent une gouvernance à deux têtes, incarnée par le tandem qu’il forme avec Abdoulaye Saydou Sow. Une gestion bicéphale qui, selon plusieurs sources, alimente frustrations et incompréhensions au sein même du Comité exécutif (Comex).

Des décisions qui passent mal en interne

La nomination du Directeur Technique National (DTN) et la mise en place du nouvel attelage ont mis le feu aux poudres. Certains membres du Comex affirment ne pas avoir été consultés, découvrant des décisions majeures une fois actées. À l’inverse, d’autres assurent que le président avait reçu mandat pour agir. Deux versions, un même malaise : celui d’un processus décisionnel jugé opaque.

En interne, le rôle de Abdoulaye Saydou Sow est au cœur des critiques. Officiellement Secrétaire général, il est décrit par plusieurs sources comme allant bien au-delà de ses prérogatives, au point d’occuper un rôle quasi politique dans la gestion quotidienne. Certains parlent même de « super-pouvoirs », estimant que son influence relègue les vice-présidents au second plan.

Des vice-présidents en retrait

Selon nos informations, les échanges entre certaines figures du Comex se limitent désormais au strict minimum professionnel, signe d’un climat interne particulièrement tendu. Au-delà des hommes, ce sont aussi des lignes politiques qui divisent.

Le Comex, fort de 23 membres, reste marqué par des alliances issues des dernières élections. Au lieu de s’estomper avec le temps, ces fractures semblent se durcir. Des profils comme Babacar Ndiaye, proche de Mady Touré, ou encore Abdoulaye Cissé et Amadou Kane, qui soutenaient Augustin Senghor, sont aujourd’hui minoritaires et marginalisés dans les prises de décision. Résultat : une fédération traversée par des rivalités internes qui freinent toute dynamique collective.

La question n’est plus de savoir s’il y a malaise, mais jusqu’où il peut aller. Une gouvernance concentrée peut offrir de l’efficacité à court terme. Mais à long terme, elle expose à un risque majeur : la rupture.

Rupture avec une partie du Comex. Rupture avec les principes de transparence. Rupture, peut-être, avec la base même du football sénégalais. La gestion bicéphale des deux Abdoulaye divise. Et désormais, elle s’assume au grand jour.

Khadim DIAKHATÉ

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