Grand Reportage – Fayako, l’île où le football devient une promesse d’avenir
Il est 9h30, ce dimanche 29 juin, quand le convoi quitte Thiès. À bord, Pape Matar Sarr, international sénégalais, champion d’Afrique, mais avant tout fils de Fayako, un petit village insulaire de la région de Fatick. À ses côtés, son épouse et des membres de sa fondation. Le voyage est plus qu’un déplacement : c’est un retour au cœur de l’enfance, de l’essentiel, de la vérité.
Le cortège traverse Mbour, puis bifurque vers Foundiougne. Là, changement de décor : la modernité du nouveau pont côtoie le calme ancestral du fleuve Saloum.
Mais on choisit l’authenticité. C’est en pirogue, avec des gilets de sauvetage soigneusement répartis, que le groupe traverse les eaux tranquilles.
Sur l’eau, le silence domine, à peine troublé par le ronronnement des moteurs. À droite, des mangroves ; à gauche, des bancs de sable et des piroguiers. Un silence majestueux, que seul le clapotis de l’eau vient troubler.
L’escorte militaire ferme la marche, comme pour honorer la mémoire d’un enfant du pays qui revient avec le cœur plein de promesses.
Mais ce n’est pas une simple balade. La Marine nationale sénégalaise encadre la traversée fluviale, assurant la sécurité du cortège sur le bras de mer. Les sapeurs-pompiers, eux, sont postés sur les berges, en appui.
Un dispositif impressionnant illustre la portée de l’événement : ce n’est pas seulement un retour au pays, c’est un acte symbolique fort, un engagement citoyen qui mobilise l’État, les communautés et la société civile.
Fayako : une île discrète, un besoin criant
Après plus de 30 minutes de navigation, les embarcations accostent à Fayako. Le village, presque invisible sur la carte, est un chapelet de maisons en banco, posé entre les palmiers et le ciel. Il y a peu d’habitants, mais beaucoup d’espoir dans les regards.
Les rues sont sablonneuses, les infrastructures quasi inexistantes. L’école, qui accueille la cérémonie, est à elle seule un symbole :
- Pas de clôture
- Des salles de classe délabrées, aux murs fendillés
Et pourtant, c’est ici que l’on installe le podium, les tentes, les micros. Parce que c’est ici que tout doit commencer.

Des dons pour construire, pas seulement pour offrir
Durant la cérémonie, la Fondation PMS remet une série de dons ciblés, pensés pour répondre à des besoins urgents :
Pour l’école :
- Un pack informatique complet (imprimante, photocopieuse),
- Une installation solaire avec batterie, pour fournir de l’électricité de manière autonome.
Pour la case de santé :
- Financement de la clôture du poste de soins, afin de sécuriser les lieux et améliorer l’hygiène.
Pour les femmes du village :
- Un fonds de soutien pour leurs activités génératrices de revenus.
Pour la sécurité fluviale :
- 50 gilets de sauvetage pour les piroguiers.
Une parole sincère, une vision à long terme
“Ce que je vis dans ma carrière, je veux le partager. Fayako m’a construit, je me dois d’y revenir.”
— Pape Matar Sarr
“Ce partenariat montre que les sportifs peuvent devenir des acteurs de développement.”
— Représentant du PNUD
“Ce jour nous redonne de la dignité. Fayako n’a pas été oublié.”
— Maire du village
Fayako 2025 : penser le sport autrement
Cette journée donne le coup d’envoi du programme Fayako 2025, une initiative portée par la Fondation PMS, avec le soutien du PNUD, de l’ONPN, de Senecartours et d’autres partenaires. L’objectif : faire du sport un levier global de développement, qui touche à l’éducation, la santé, l’emploi et l’autonomisation des femmes.
Une pirogue pour l’espoir
Ce dimanche, Fayako n’a pas accueilli une star, mais un bâtisseur. En redonnant de la lumière à cette île oubliée, Pape Matar Sarr propose une autre manière d’être une star : non pas en brillant seul, mais en éclairant les siens. Ce que Fayako a vécu ce jour-là, c’est plus qu’un retour — c’est le début d’un avenir possible.
“Fayako représente tout pour moi. Ce sont mes racines. Je ne reviendrai jamais les mains vides.”
Par Khadim DIAKHATÉ






