Malick Sambou : « Xaliss Casa Sports lañ ma Nguenté »
Révélation du début de saison du Casa Sports, Malick Sambou, le milieu offensif, s’impose comme l’un des hommes forts de l’équipe ziguinchoroise. Entre régularité retrouvée, gestes techniques assumés et amour profond pour le club de son enfance, le jeune talent revient sur son parcours, ses ambitions et le lien unique qui l’unit au Casa Sports : « Xaliss Casa Sports lañ ma nguente ».
Malick Sambou, quelle appréciation faites-vous de votre début de saison avec le Casa Sports ?
Malick Sambou : Je peux dire que c’est satisfaisant, même si on n’a joué que six matchs. Nous n’avons pas encore perdu, nous sommes deuxièmes du classement. Mais il reste beaucoup de travail, surtout pour gagner à l’extérieur. Toutes nos victoires ont été obtenues à domicile, et à l’extérieur ce ne sont que des matchs nuls. Quand on se déplace, on ne doit pas seulement à prendre un point ou éviter la défaite : on doit tout pour gagner. On travaille dur pour obtenir autant de points à l’extérieur qu’à domicile. Défensivement, on n’encaisse pas beaucoup et on marque aussi. Il faut juste continuer : marquer et ne pas encaisser.
Vous attendiez-vous à être parmi les meilleurs joueurs dès le début du championnat ?
Oui, je m’y attendais. Quand on regarde le milieu de terrain, aujourd’hui je fais partie des anciens : c’est ma troisième saison. Le coach et mes coéquipiers me font confiance. C’est pourquoi, quand je joue, je me donne à fond. J’essaie de me comporter comme un leader, d’organiser le jeu et de pousser nos attaquants à être plus décisifs.
Ajel nous pressait, alors je me suis dit que je devais réussir cette sortie de balle. En trois passes, on est arrivés dans la surface et ça s’est terminé en but. L’objectif était atteint.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre début de saison, personnellement ?
Je suis décisif et constant. Depuis la première journée, je crée des occasions, je fais des passes, je provoque des penalties et je marque. La saison dernière, je manquais de constance. Cette saison, je l’ai retrouvée et j’espère que ça va continuer.
Votre enchaînement contrôle–crochet–passe subtile sur le but contre Ajel a beaucoup fait parler. Ces gestes sont instinctifs ou réfléchis ?
C’est naturel, mais aussi réfléchi. Sur le terrain, tout se décide en une fraction de seconde, souvent avant même de recevoir la balle. Quand tu as des qualités techniques, tu les utilises. Avant de recevoir le ballon, je me suis retourné pour analyser la position de mes coéquipiers. Ajel nous pressait, alors je me suis dit que je devais réussir cette sortie de balle. En trois passes, on est arrivés dans la surface et ça s’est terminé en but. L’objectif était atteint.
D’où Malick Malick Sambou tient-il sa technique ?
Depuis tout petit. J’ai intégré très jeune une école de football. Il y a une part d’inné, mais il y a aussi beaucoup d’apprentissage. Mon coach formateur, Dominique, à Santhiaba, m’a appris énormément de gestes techniques. J’ai grandi avec ça.
Physiquement, vous êtes plutôt frêle. Cela vous a-t-il déjà freiné ?
Oui, les saisons précédentes cela m’a freiné. Mais cette année, avec le coach Balla Djiba et Stéphane Badji, on travaille beaucoup physiquement. Je suis petit, mais très endurant. On a beaucoup travaillé là-dessus.
Dans un championnat très physique, comment tirez-vous votre épingle du jeu ?
Tout est dans les entraînements. Le coach a une stratégie, on travaille la résistance, l’impact, la récupération. La technique ne suffit pas : avec le physique, tout devient plus facile. Pour être performant et constant chaque week-end, il faut pouvoir jouer 90 minutes sans problème. Tout se construit à l’entraînement.
La saison passée, vous avez joué le maintien. Comment avez-vous vécu cela ?
C’était très difficile. Même aujourd’hui, quand j’y pense, ça me fait mal. À chaque match, tu y crois, mais tu perds. Après les rencontres, tu ne dors pas. L’effectif n’était peut-être pas très étoffé, il y avait beaucoup de nouveaux et des jeunes. On était en reconstruction. Les autres clubs savaient que Casa était en reconstruction et ils en profitaient. Heureusement, on a réussi à se maintenir. En fin de saison, l’équipe a commencé à prendre forme, et ça continue cette année.
Qu’est-ce qui a changé cette saison ?
Beaucoup de choses. La mentalité d’abord. L’effectif est jeune, les entraînements sont plus intenses, les consignes plus claires. Les supporters aussi se sont beaucoup mobilisés. L’année dernière, avec les défaites, ils étaient découragés. Cette saison, on gagne à domicile, le stade est plein, et on veut surtout ne pas les décevoir.
Quel objectif le club s’est-il fixé ?
D’abord jouer les premiers rôles, être dans le top 3. Ensuite, on verra. L’appétit vient en mangeant. D’ici peu, vous verrez, on pourra prétendre au titre. C’est ce qu’on veut, mais on va avancer étape par étape.
Qu’est-ce qui différencie le Casa Sports des autres clubs ?
Casa, c’est un club historique. Ce n’est pas seulement Ziguinchor : c’est toute la Casamance. Porter ce maillot n’est pas donné à n’importe qui. Tu dois tout donner. Dans les villages les plus reculés, les gens suivent l’équipe et l’aiment. On nous montre des anciennes vidéos du club, on nous raconte l’histoire. Ça nous pousse à nous dépasser.
Que représentent les supporters pour vous ?
Ils ne nous laissent jamais. C’est une famille. Ils sont proches de nous, même à l’entraînement. Avant les matchs, dans le vestiaire, on parle d’eux : on n’a pas droit de les décevoir. Ils laissent leurs activités pour venir nous soutenir. Contre le Stade de Mbour, même à Mbour, ils étaient nombreux. On doit gagner pour eux.
En 2011, le Casa avait gagné un trophée. Il pleuvait mais on est allés accueillir l’équipe. Je courais derrière le bus, mon père m’a reconnu et m’a fait monter.
Avez-vous grandi en étant supporter du Casa Sports ?
« Xaliss Casa lañ ma nguente ». Mon père, Bourama Sambou, était dirigeant du club. Avant même ma naissance, il travaillait là-bas. Il vient juste d’arrêter parce qu’il a pris de l’âge. Il a tout gagné avec le Casa Sports. Depuis tout petit, j’ai rejoint l’équipe, j’ai fait toutes les catégories, jusqu’à l’équipe première.
Alliez-vous au stade Aline Sitoé Diatta quand vous étiez enfant ?
Oui, beaucoup de fois. Je ne me souviens pas du nombre exact mais j’y allais très souvent.
Quel joueur du Casa Sports était votre idole ?
Stéphane Badji. En 2011, le Casa avait gagné un trophée. Il pleuvait mais on est allés accueillir l’équipe. Je courais derrière le bus, mon père m’a reconnu et m’a fait monter. Il m’a demandé qui était mon idole : j’ai dit « Stéphane Badji ». Il m’a amené vers lui et j’ai pris une photo. Je lui rappelle souvent cette histoire. Mon père me disait : « Si tu suis Stéphane, tu vas réussir ». C’est un honneur de travailler aujourd’hui avec lui.
Un match du Casa Sports qui vous a marqué ?
Je me souviens de plusieurs finales et grands matchs, mais l’année où j’ai pris cette photo avec Stéphane, c’est celle qui m’a le plus marqué.
Vos objectifs personnels ?
Être constant, gagner des matchs, aider l’équipe, gagner des trophées avec le club qui m’a vu grandir. Ensuite, poursuivre ma carrière en Europe, progresser, aller en équipe nationale et gagner des titres continentaux si Dieu le veut.
Entretien réalisé par Ndèye CAMARA
- « Mon baptême a été financé grâce à l’argent du Casa Sports »






