A LA UNE AS Bambey Équipes nationales Foot Local

Mamadou Abdoulaye Ndoye (Frosinone) : « À un moment, j’avais décidé de rentrer au Sénégal »

Passé par l’AS Bambey, Mamadou Abdoulaye Ndoye poursuit son ascension en Italie, où il évolue aujourd’hui à Frosinone. Capable de jouer défenseur central, arrière gauche ou piston, il ambitionne de faire partie de la sélection U23 du Sénégal et de participer aux qualifications à la CAN.

Mamadou Abdoulaye Ndoye, pouvez-vous nous parler de vous et de votre parcours, de Bambey à la Serie B italienne ?

J’ai été formé à l’école de football Serigne Mbaye, à Ouakam. Ensuite, le coach Abatalib Fall m’a contacté pour rejoindre l’AS Bambey. Je connaissais déjà le coach. J’y ai joué une partie de la saison.

Après notre montée en Ligue 2 en 2024, le coach Lucho Dethié Samb m’a appelé pour m’informer de tests organisés au terrain des Maristes à Dakar. J’ai demandé l’autorisation à Abatalib, qui m’a encouragé. J’ai réussi les tests et je suis parti à Livourne, mais les deux parties n’ont pas trouvé d’accord.

Par la suite, mes agents m’ont proposé à la Reggina, que j’ai rejointe en milieu de saison. J’y ai disputé 20 matchs et délivré cinq passes décisives en Serie D. Après cela, plusieurs clubs me voulaient, mais mon entourage a préféré que je rejoigne Frosinone, en Serie B.

 »Ici, on insiste beaucoup sur la tactique et la technique, quel que soit le poste. Il y a aussi un gros travail sur l’aspect offensif. Au Sénégal, on met davantage l’accent sur la défense, ce qui est important, mais ici le jeu est plus porté vers l’avant ».

Depuis votre arrivée à Frosinone, vous évoluez avec l’équipe B. Comment se passe votre fin de saison ?

C’est un peu compliqué collectivement, mais on continue de se battre pour l’équipe. Personnellement, ça va : j’ai joué 30 matchs et inscrit un but. J’ai eu le temps de jeu que je souhaitais.

Mamadou Abdoulaye Ndoye

Mamadou Abdoulaye Ndoye

Pensez-vous pouvoir intégrer l’équipe première la saison prochaine ?

Oui, je le crois. Je travaille dur et je continue à progresser. On verra ce qui se passera la saison prochaine. Je me suis déjà entraîné avec l’équipe première pendant un mois et demi. Actuellement, j’ai aussi plusieurs propositions

Vous avez rejoint l’Italie après avoir évolué dans un club de National au Sénégal. Y a-t-il une grande différence dans le jeu ?

Oui, il y a une grande différence. Ici, on insiste beaucoup sur la tactique et la technique, quel que soit le poste. Il y a aussi un gros travail sur l’aspect offensif. Au Sénégal, on met davantage l’accent sur la défense, ce qui est important, mais ici le jeu est plus porté vers l’avant. Ce que j’ai appris au Sénégal et ce que j’ai découvert ici sont très différents.

Comment s’est passée votre intégration en Italie, notamment à Reggina ?

C’était très difficile : le climat, la nourriture, la langue, mais surtout le jeu. À mon arrivée à Reggina, tout le monde parlait italien ou anglais, et je ne comprenais ni l’un ni l’autre. Heureusement, un Sénégalais, Racine Ba, m’a beaucoup aidé en traduisant les consignes du coach.

Le climat aussi a été compliqué. Je suis arrivé en été, mais l’hiver a été très dur à supporter. Je me sentais fatigué, isolé, je ne parlais à personne. À un moment, j’avais même décidé de rentrer au Sénégal.

C’est là que j’ai appelé Papis Demba Cissé, l’ancien capitaine de l’équipe du Sénégal. Il m’a énormément aidé et conseillé de rester, en me disant que tous les joueurs passaient par là au début. J’ai suivi ses conseils, et aujourd’hui tout va beaucoup mieux.

Comment avez-vous rejoint Frosinone ?

Après mon passage à Reggina, plusieurs clubs s’intéressaient à moi. Mais mes agents ont été séduits par le projet sportif de Frosinone. Moi, je me concentrais sur le terrain, car le transfert relevait de leur travail.

Vous avez participé à la montée de l’AS Bambey en Ligue 2. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Ce sont surtout les coachs, Abatalib Fall et Lucho Dethié Fall. Ils m’ont intégré comme un membre de la famille et m’ont beaucoup respecté. L’ambiance, la cohésion du groupe… c’était vraiment exceptionnel, même si je n’y suis pas resté longtemps.

Le président Abdoulaye Fall a été élu à la tête de la FSF. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

J’étais très content et fier de lui. Quand il a annoncé sa candidature, je lui ai envoyé un message pour l’encourager. Après son élection, je l’ai félicité. C’est comme un père pour moi.

 »Porter le maillot du Sénégal est une fierté. Mais je sais que seul le travail paie. Pour l’instant, je me concentre sur les U23, avec aussi en ligne de mire les Jeux olympiques de 2028. »

Vous pouvez jouer comme piston, axial ou latéral. D’où vous vient cette polyvalence ?

Je la dois à mon coach Serigne Mbaye. À l’école de football, il me faisait jouer à plusieurs postes. Je me souviens d’un match où il m’a aligné arrière gauche alors que je voulais jouer au milieu. J’ai marqué trois coups francs ce jour-là. Après le match, il m’a dit que cela me servirait un jour. Aujourd’hui, je comprends.

Je peux évoluer à ces trois postes, mais je suis plus à l’aise dans l’axe dans une défense à trois, et en latéral dans une défense à quatre.

Comment décririez-vous votre style de jeu ?

Même en étant défenseur, j’aime participer au jeu offensif. J’aime récupérer des ballons, me projeter vers l’avant et délivrer des passes décisives.

Qui sont vos modèles ?

D’abord Papis Demba Cissé, qui m’a beaucoup appris. C’est un ami, un conseiller, presque un membre de la famille. Il m’avait même offert des crampons.

Sur le terrain, j’admire Benjamin Mendy, Nuno Mendes et El Hadji Malick Diouf. Je regarde souvent leurs vidéos pour m’inspirer de leurs qualités défensives et offensives.

Les qualifications pour la CAN U23 approchent. Y pensez-vous ?

Oui, c’est un objectif. Je suis éligible pour jouer avec le Sénégal et je rêve d’y participer. Je travaille dur pour cela.

Vous imaginez-vous bientôt en équipe nationale A ?

Oui, c’est un rêve pour tout joueur. Porter le maillot du Sénégal est une fierté. Mais je sais que seul le travail paie. Pour l’instant, je me concentre sur les U23, avec aussi en ligne de mire les Jeux olympiques de 2028.

Mamadou Abdoulaye Ndoye Frosinone

Entretien réalisé par Ndèye Camara

Articles similaires