Moustapha Mbow (Paris FC) : « Chaque non-sélection me pousse à montrer plus, à être meilleur »
Solide défenseur du Paris FC, Moustapha Mbow s’impose comme l’un des éléments les plus réguliers de son équipe. Dans cet entretien, l’international sénégalais revient sur la lutte pour le maintien de son club, son évolution personnelle et ses ambitions avec les Lions, tout en affirmant que chaque non-sélection est pour lui une motivation supplémentaire pour progresser.
Entretien
Moustapha Mbow, le Paris FC traverse une période importante dans la course au maintien. Comment le groupe vit-il cette situation actuellement ?
On est tous conscients de l’enjeu, c’est une phase décisive de la saison. On reste concentrés match après match, on travaille dur à l’entraînement. Il y a de la détermination dans le groupe, personne ne baisse la tête et ça se traduit en match où on ne lâche rien. On sait que chaque point compte maintenant.
Le club s’est récemment séparé de son entraîneur. Comment les joueurs ont-ils accueilli cette décision ?
C’était une surprise pour beaucoup d’entre nous, surtout après tout le travail fourni avec le coach Gilli (Stéphane). On l’appréciait beaucoup humainement et tactiquement. Mais on est des pros, on accepte la décision du club et on s’adapte vite aux méthodes et à la vision du nouveau coach (Antoine Kombouaré). Il apporte tout son expérience, tout comme le club on a confiance en lui pour nous guider à atteindre nos objectifs de fin de saison.
Dans ce contexte particulier, quel est l’état d’esprit dans le vestiaire ?
L’état d’esprit est combatif. Il y a de la solidarité, on se parle beaucoup, on se motive mutuellement. On sait que c’est dans ces moments qu’on voit le vrai caractère d’une équipe. On reste positifs et unis et ça se voit en match les résultats commencent à suivre et l’équipe fait aussi preuve de solidité surtout défensivement.
« J’ai disputé 102 rencontres sur 105 possibles en 3 saisons avec le Paris FC : c’est énorme. Comme je ne suis jamais rassasié il me reste des matches pour faire encore mieux et aider le club à atteindre ses objectifs »
Est-ce que cette situation renforce encore plus la solidarité entre les joueurs ?
On a toujours été solidaire avant tout l’état d’esprit est familial au sein du club. Certes quand les résultats sont compliqués et qu’il y a des changements, ça rapproche forcément les joueurs mais on a toujours fait preuve de solidarité. On se soutient, et ça crée des liens encore plus forts.

Moustapha Mbow, le roc de Paris FC
Personnellement, comment gères-tu la pression liée à la lutte pour le maintien ?
On savait que ça allait être difficile car en Ligue 2 on jouait le haut du tableau. Là, l’adversité est différente mais personnellement j’essaie de me concentrer sur ce que je peux apporter à l’équipe. Je ne fais pas de distinction. Chaque match je suis exigeant sur mes performances, mon placement, mes duels, réduire l’influence des attaquants adverses. Je parle beaucoup avec mes coéquipiers et j’essaie de les rassurer derrière pour qu’ils soient libérés et fassent le boulot devant. La pression fait partie du foot, je l’utilise comme carburant pour être encore plus concentré.
Sur le plan personnel, tu enchaînes les matchs et tu sembles avoir gagné une vraie place dans l’équipe. Comment analyses-tu ta saison jusqu’ici ?
Je suis satisfait dans l’ensemble. J’ai joué beaucoup, je me sens important pour l’équipe et ça se traduit sur le terrain. J’ai progressé en régularité, c’est ce que je cherchais. D’ailleurs j’en discutais avec mon entourage qui m’a fait comprendre que j’ai disputé 102 rencontres sur 105 possibles en 3 saisons avec le Paris FC : c’est énorme. Comme je ne suis jamais rassasié il me reste des matches pour faire encore mieux et aider le club à atteindre ses objectifs.
Sur quels aspects de ton jeu as-tu le plus progressé ces dernières saisons ?
Je dirais beaucoup d’aspects mais principalement la lecture du jeu et l’anticipation. Même si j’ai été toujours calme sous pression j’ai également progressé car en Ligue 1 c’est plus rapide. Concernant les relances ça a toujours été mon fort et actuellement je fais de meilleurs choix balle au pied. Physiquement aussi, j’ai gagné en explosivité dans les duels. Le travail individuel avec mes préparateurs paye aussi.
« Si la convocation arrive, super ; sinon, je continuerai à faire encore plus pour rendre difficile au sélectionneur le choix de se passer de moi ».
Les observateurs parlent souvent de ta puissance dans les duels et de ton calme balle au pied. Comment décrirais-tu ton profil de défenseur ?
Je dirais que je suis un défenseur, moderne : fort dans les duels aériens et physiques, mais aussi capable de relancer proprement. J’aime anticiper, être bien placé, et rester calme même quand ça chauffe. Mon objectif est d’être fiable à chaque match.
À quelques jours de la publication de la liste du Sénégal pour les matchs contre le Pérou et la Gambie, dans quel état d’esprit es-tu ?
Je suis serein et motivé et mes dernières performances en club le démontrent. Je continue de travailler fort avec mon club, car je sais que c’est la meilleure façon d’être considéré. Si la convocation arrive, super ; sinon, je continuerai à faire encore plus pour rendre difficile au sélectionneur le choix de se passer de moi.
Une convocation avec les Lions pour la Coupe du Monde est-elle l’un des objectifs majeurs de ta saison ?
Oui, clairement. J’ai disputé la Coupe du Monde U20 en 2019 et prendre part au Mondial senior est plus qu’un rêve mais un objectif de carrière c’est pour ça j’ai mis en place beaucoup de choses pour y arriver. Avec deux préparateurs spécifiques, une bonne nutrition et une récupération optimisée pour être performant. Je sais que je dois être au top en club pour espérer ma place.

Moustapha Mbow, vice-champion d’Afrique U20 avec le Sénégal
Le Sénégal dispose d’une forte concurrence en défense centrale. Comment vois-tu cette bataille pour une place dans le groupe ?
C’est une concurrence saine et très haute niveau. Il y a des grands joueurs, des cadres expérimentés. Ça me pousse à progresser encore plus.
Tu n’as pas participé à la dernière CAN, où Mamadou Sarr avait été retenu. Comment as-tu vécu cette situation ?
Comme tout footballeur sénégalais c’est forcément un objectif de disputer cette grande compétition qu’est la CAN et de la gagner. Mais j’ai transformé ça en motivation car ceux qui ont été sélectionnés le méritent amplement. J’ai respecté la décision du coach et je me suis tenu prêt et à sa disposition en tant que réserviste.
Est-ce que cela t’a donné encore plus de motivation pour continuer à travailler ?
Absolument. Et comme je l’ai dit je vais continuer à bosser pour retrouver la tanière. Chaque non-sélection est une occasion de montrer plus, d’être meilleur.
Ton parcours en Europe a demandé beaucoup de patience. Qu’est-ce qui t’a permis de ne jamais lâcher ?
Ma foi, ma famille et mon amour du foot. J’ai toujours cru en mon projet, même pendant les prêts, les blessures ou les périodes moins visibles. La patience et le travail quotidien, c’est ce qui fait la différence.
« Jouer la Coupe du Monde et la prochaine CAN, et surtout remporter des titres avec les Lions. Représenter mon pays au plus haut niveau, c’est le plus grand rêve ».
Avec le recul, quel moment a été le plus difficile dans ta carrière ?
Probablement mes débuts à Reims ou je suis resté de long mois sans joué à cause d’une blessure qui plus est c’était ma première saison en Europe. C’était dur mentalement, mais ça m’a construit.
Quels sont aujourd’hui tes objectifs avec le Paris FC ?
Le maintien en Ligue 1 d’abord, c’est la priorité absolue. Ensuite, continuer à être titulaire et performer pour aider l’équipe à viser plus haut dans les saisons à venir.
Et avec la sélection sénégalaise, quels rêves aimerais-tu accomplir ?
Jouer la Coupe du Monde et la prochaine CAN, et surtout remporter des titres avec les Lions. Représenter mon pays au plus haut niveau, c’est le plus grand rêve.
Te vois-tu franchir un nouveau palier dans ta carrière dans les prochaines années ?
Oui, je me vois progresser encore, Je travaille pour ça, sans brûler les étapes. Inch’Allah, le meilleur est à venir.

Par Ndèye CAMARA







