Œuvre de destruction patiente et méthodique
Les « Mourabitounes » ne bluffaient donc pas ! Ils comptaient compliquer la tâche des « Lions » autant qu’ils en avaient les moyens. La preuve ? A la 10e minute, moment que le « 12e Gaïndé » avait choisi pour honorer son légendaire n°10, l’inusable Sadio Mané, les Mauritaniens se sont payé une belle séance de conservation de balle à faire croire que la standing ovation de tout le stade, à cet instant précis, leur était effectivement destinée.
Par la suite, ils ont tenu le coup, résisté comme ils ont pu et se sont même permis quelques intéressantes incursions dans le camp sénégalais. Et ils étaient sur le point de boucler la première partie du match sans avoir cédé une seule fois, lorsque l’Homme du jour, Sadio Mané, prit les choses en main : un sublime coup franc qui finit sa trajectoire dans le petit filet d’Abderrahmane Sarr, le portier mauritanien !
Sadio Mané ne pouvait rater SA fête. Celle du Sénégal pouvait commencer. D’autant que, 3 minutes après le retour des vestiaires, le double Ballon d’or africain y alla de son doublé. Deux autres réalisations de l’intenable Iliman Ndiaye et du précieux Habib Diallo vinrent conclure le festival. En fait, il s’est agi d’une œuvre de destruction patiente et méthodique d’un adversaire usé à force de courir derrière le ballon. Un peu comme à Juba, face au Soudan du Sud méticuleusement désarticulé par des « Lions », tout en contrôle et maîtres de leur art.
Au bout du compte, le coach Pape Thiaw et ses joueurs ont ben mené cette fenêtre internationale, recueillant 6 points sur 6 possibles, inscrivant 9 buts sans en concéder un seul pour boucler les éliminatoires de la Coupe du monde 2026 à la première place du Groupe B, directement qualificative à la phase finale prévue (du 19 juin au 19 juillet prochains aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique). Comme attendu et espéré du reste. Car, ce Sénégal-ci est suffisamment outillé pour jouer les premiers rôles en Afrique et peut même se permettre de rêver de gloire sur la scène mondiale.
Avec un effectif de grande qualité et un technicien qui sait tirer le maximum de ses joueurs grâce à une utilisation intelligente des uns et des autres, des titulaires et surtout des remplaçants qu’il maintient assez concentrés et impliqués pour arriver à chaque fois à se mettre en évidence et à jouer pleinement leur partition dans les récitals offerts.
Mais, ce n’étaient « que » le Soudan du Sud et la Mauritanie, les deux équipes les moins bien classées du Groupe B. Elles ont fait avec ce qu’elles ont pu ; cependant c’était loin de suffire pour contrecarrer les ambitions du Sénégal. Cap désormais pour les « Lions » sur des objectifs d’un tout autre calibre : les matches amicaux à disputer, le mois prochain face au Brésil et peut-être au Cap-Vert, qui s’est qualifié à la Coupe du monde devant le « grand » Cameroun et la CAN marocaine en décembre et janvier, en attendant la Coupe du monde en été. Mais, s’ils maintiennent le même état d’esprit, il n’y a pas de raison qu’ils ne soient pas à la hauteur.
B.K.N







