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Pape Dieng : « La dernière fois que j’ai discuté avec coach Amara Traoré ? Lui, il… »

Médaillé d’or des Jeux Africains 2015 et vainqueur du CHAN 2022, Papa Abdoulaye Dieng est notre invité du week-end pour la Rubrique ‘’Les Premières et dernières fois…’’. Le gardien de but qui a rejoint la Linguère de Saint-Louis, cet été, après 11 ans passés à Dakar Sacré-Cœur, nous raconte quelques anecdotes sur sa carrière de footballeur.

Votre premier match avec les pros de Dakar Sacré-Cœur ?

C’était en 2014 contre Guédiawaye FC au stade Demba Diop en championnat de Ligue 2. J’étais très jeunes et j’avais réussi à m’imposer. J’avais 18 ans. On avait gagné (2-0) sur un doublé de Moussa Koné (actuel joueur de Boavista). Je me rappelle que cette saison-là, ma première au club, quand je suis arrivé pour l’intersaison, ils avaient déjà commencé la préparation. J’ai pris le train en marche en pleine préparation. J’ai participé à des matchs amicaux et je me rappelle qu’il y avait d’autres gardiens comme Cheikh Lo Ndoye (actuel Jaraaf) et Abdou Razack, ancien de NGB. Le staff a vu mon talent et on m’a dit que je démarrerai la saison en tant que titulaire. Il y avait d’excellents joueurs dans l’équipe à l’époque avec les Richard Sagna, Moussa Koné, Assane Mbodj qui était le capitaine et son frère Mamadou Mbodj.

Votre première compétition officielle avec une sélection du Sénégal ?

Ma première compétition officielle c’était les Jeux africains 2015 avec les U23. Serigne Saliou Dia était le sélectionneur. Nous avions remporté la médaille d’or. Si je ne me trompe c’était le premier trophée continental remporté par le Sénégal en football. Ensuite, nous avons gagné le tournoi UFOA à Saint-Louis avant la CAN U23 en 2015. On a perdu en demi-finale contre le Nigeria.

Votre première erreur qui a amené un but dans un match officiel ?

C’était contre ETICS de Mboro en 2014 (Ligue 2). J’avais commis une faute dans la surface et pris un rouge. Derrière, ils ont marqué sur penalty et gagné la rencontre 2-0. C’était lors de ma première année à DSC. Le coach Bruno Rohard à l’époque était énervé parce que l’on voulait enchaîner une troisième victoire de suite. C’était difficile pour moi surtout que j’étais jeune et que c’était ma première saison en championnat. Cependant coach Bruno était très exigeant, mais compréhensif. De retour de suspension, je n’avais pas directement joué. Je me rappelle qu’il m’avait mis sur le banc contre RS Yoff. Mais j’ai par la suite repris ma place. Je pensais tout le temps à l’erreur et j’avais peur d’en refaire. Mais au fil des matchs, c’est passé.

Votre première finale perdue en professionnelle ?

C’était la finale de la Coupe de la Ligue en 2015 contre l’AS Douanes qui était championne du Sénégal. Nous, nous étions en Ligue 2. Nous étions des gamins sans grande expérience. Or en face, il y avait des joueurs expérimentés et très bons comme Ibrahima Sorry Keita. Il avait marqué deux buts et Sylvain Badji avait inscrit l’autre. Ils nous ont battus 3-1. Ils avaient réussi le doublé championnat et Coupe de la Ligue. L’année suivante, on est reparti en finale. Mais on a perdu 3-2 contre Diambars.

La première personne qui vous convaincu de devenir gardien de but ?

Personne ne m’a convaincu. Petit, j’étais attaquant. Mais un jour je suis tombé très malade donc je ne pouvais pas jouer. Mais je continuais à aller au terrain. Un jour, j’ai dit à mes amis comme je ne pouvais pas courir, je peux au moins rester dans les cages. Ce n’était pas sérieux donc au début mais au fil des matchs je me sentais à l’aise dans les buts. J’ai commencé à me dire que j’étais plus fort au poste de gardien. Je n’ai plus quitté les cages. Aujourd’hui, j’ai des petits frères qui sont des gardiens de buts mais pour eux aussi c’était leur choix personnel. Peut-être qu’ils m’ont vu jouer et ils ont eu l’amour et maintenant ils le sont. Ils sont de très bons gardiens et j’espère qu’ils réaliseront leurs rêves.

La dernière fois que vous avez eu un carton rouge ?

C’était contre ETICS aussi en 2014. C’était la première et unique fois de ma carrière. J’espère que j’en aurais plus. Un rouge, ça handicape ton équipe et fausse les plans de ton coach.

La dernière fois que vous avez fait un match XXL ?

Je crois que j’ai souvent fait de très bons matchs. L’année dernière surtout avec Dakar Sacré-Cœur, c’était l’une de mes meilleures saisons en Ligue 1. Contre Linguère à St Louis on avait gagné (1-0) j’avais fait de très gros arrêts. Pareil face à l’AS Pikine que l’on avait dominé (2-0) et devant le Jaaraf aussi à Iba Mar Diop (0-0). Après le match contre la Linguère, tout le monde est venu me féliciter. J’avais aidé l’équipe à remporter les trois points et j’avais fait un clean sheet.

Mais pour mon premier gros match, je choisirais celui contre RS Yoff en 2014. Ça représente beaucoup. Parce que c’était après la suspension dont je vous parlais. J’avais fait des arrêts décisifs. J’avais grandement participé à la victoire de notre équipe en championnat (1-0). Le coach et mes coéquipiers m’avaient félicité et j’avais repris confiance.

La dernière fois que vous avez marqué un but ?

Je n’ai jamais marqué de but de ma carrière. Même lors d’une séance de tirs au but. On verra avec le temps. Peut-être qu’un jour je marquerai un but pour aider mon équipe. Après, marquer des buts ce n’est pas l’objectif d’un gardien. Je me concentre pour ne pas en concéder. Je vois Aliou Badara Faty en marquer avec le TP Mazembe. En sélection, on s’entraidait souvent à l’entrainement. Il tirait les penaltys et pratiquement il marquait la moitié. Il avait d’ailleurs marqué le penalty de la qualification au CHAN. C’est un très bon gardien. Il aime ce qu’il fait et il est serein. On est souvent en contact. C’est un bon ami et j’espère qu’il atteindra ses objectifs Inchallah.

Votre dernière discussion avec Amara Traoré ?

Coach Amara parle à toute l’équipe. Il partage son expérience du football. Il nous aide sur tous les plans. Depuis qu’il est là, on voit que l’équipe progresse et se porte mieux. On a de meilleurs résultats qu’en début de saison. Avant ou après les matchs, il nous conseille. Et cela aide toute l’équipe.

Votre dernier souvenir du CHAN ?

Tout était de très bon souvenir au CHAN. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est quand le joueur algérien a raté son penalty. A ce moment-là, seul Dieu savait ce que je ressentais. Le bonheur absolu. La fierté, l’amour du maillot. Tout était mélangé dans ma tête. J’avais versé des larmes sans même faire exprès. Je n’avais joué aucune minute de la compétition mais c’était l’un des plus beaux moments de ma carrière. On était venu pour gagner et c’est ce qu’on a fait. On s’est battu jusqu’au bout. Nous avions tout donné et Dieu nous a récompensés. J’ai prié nuit et jour pour que le Sénégal remporte ce trophée. Je savais que c’était possible car on avait de très bons joueurs, un bon coach, une équipe soudée avec un seul et unique objectif, ramener la coupe à la maison. On sentait le peuple derrière nous et ça nous rassurait. Au final, on a eu raison d’y croire.

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Propos recueillis par Ndèye CAMARA

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