Quand la loi du terrain vous fait triompher
La loi du terrain est toujours la meilleure semble-t-il. Le Sénégal s’apprête à disputer son premier match depuis la Can remportée le 18 Janvier dernier face au Maroc. Une rencontre amicale contre le Pérou qui tombe en pleine bataille juridique après que le Jury d’appel de la Caf a décidé de sacrer le Maroc et que la Fsf a introduit un recours pour contester cette forfaiture. Pourtant, au vu de l’ambiance qui règne au sein de la tanière lors du rassemblement et les réactions qui fusent dans le monde du football, les faits démontrent bel et bien que le Sénégal reste champion d’Afrique.
Le football reste parfois une affaire de légitimé, et elle est conférée par la vérité du terrain. Car, malheureusement, nous sommes dans une époque où ce sport dépasse le seul cadre du terrain, car il draine d’autres enjeux notamment financiers et géopolitiques. C’est pourquoi les instances du football sont désormais le théâtre de luttes d’influence où certains dirigeants tentent de tripatouiller des faits dont le terrain est le seul juge. Et c’est ce que fait la Caf avec le Maroc pour tenter d’arracher au Sénégal un titre dument gagné à Rabat. Une décision qui s’est heurtée à la volonté populaire, ce bouclier imposant que l’on ne voit pas, mais qui fait face à chaque tentative de confiscation d’un résultat.
Des acteurs sereins
Les joueurs de l’équipe nationale sont les premiers acteurs et les premiers concernés par la situation. C’est eux qui sont allés chercher ce titre, par l’intermédiaire notamment de Pape Gueye auteur du but décisif en prolongations. Mais il faut voir comment ces vainqueurs vivent face à la situation pour comprendre qu’ils demeurent champions d’Afrique. Déjà, à l’annonce de la décision du Jury d’appel de la Caf, certains Lions ont communiqué sur les réseaux sociaux, cet outil de communication de l’ère moderne, pour à la limite railler l’annonce. Niakhaté a défié tout volontaire qui oserait venir chiper la coupe, Pathé Ciss a même sur le ton de l’humour, affirmé avoir proposé sa médaille à son coéquipier marocain Akomach, qui n’en a pas voulu.
Mais au-delà de cette vision du second degré, qui avouons-le, est parfois bienvenu pour apaiser certaines tensions, la bonne ambiance qui règne dans la tanière à l’occasion de ce rassemblement de Mars est une preuve de plus.
Regroupés à Paris pour affronter le Pérou en amical, les Lions sont sereins, comme d’habitude. On ne ne sent ni colère, ni révolte, car dans la tête et le cœur, ils restent champions. C’est comme si en fait rien n’avait changé.
Une sérénité affichée par le benjamin de la tanière, Ibrahima Mbaye. Le minot a été interrogé par Dsports Tv sur sa réaction suite à la décision de la Caf, il a affiché sa sérénité, et a même révélé un bout d’une discussion qu’il a eu avec son coéquipier marocain Achraf Hakimi : « Je n’ai pas eu de réaction particulière, parce qu’on a gagné sur le terrain. On a la médaille, elle est encore chez moi. Et le trophée est à la maison. Pour moi, ça ne change rien : on a gagné sur le terrain. On s’est juste dit que c’était un fait. Pour moi, j’ai gagné la CAN. Après, notre discussion est restée privée ».
Le monde du football, autre tribunal populaire, continue de réagir à la décision de la Caf. Et les réactions sont unanimes et vont dans le sens du Sénégal. Didier Deschamps, sélectionneur de la France et premier adversaire du Sénégal, a fait part de sa surprise : « La Can ? Je suis surpris. Cela fait deux mois qu’il y’ a eu le titre de champion d’Afrique. Le domaine juridique, c’est n’est pas mon domaine. C’est pour le moins surprenant » va-t-il déclaré.
Pep Guardiola va même plus loin : « Je ne connais pas la raison, mais c’est une décision qui a été prise en coulisses. Les décisions se prennent désormais en coulisses, et nous ne voyons pas les visages de ceux qui sont à l’origine de ces décisions ».
Les anciens joueurs ne sont pas en reste et sont dans la même logique. Ahmed Hossam Mido, ancien attaquant des Pharaons d’Egypte, n’a pas épargné la Caf : « La CAF est une vraie blague !! Je le dis depuis des années. L’Afrique mérite mieux ! Il doit y avoir une révolution dans le football africain… tous ces gens doivent partir aujourd’hui, pas demain ».
Même son de cloche chez Wayne Rooney, ancien international anglais, connu pour son franc parlé, et qui n’a pas manqué de tancer les marocains : « C’est fou, si j’étais un joueur marocain, je ne l’accepterais pas. Le Sénégal les a battus équitablement ».
La mise au point du Tas et le recours de la Fsf
Bien que le tribunal populaire trouve toujours le moyen de se passer des décisions prises dans les bureaux, il existe cette juridiction particulière, le Tribunal Arbitral du Sport, légitime pour rendre des verdicts en adéquation avec le droit et la vérité du terrain.
Ce 25 Mars, le Tas a publié un communiqué pour accuser réception du recours de la Fsf. Pour bien mettre en exergue des demandes précises de la partie sénégalaise : « Enregistré par le Tas le 25 Mars 2026, l’appel conclut à ce que la décision de la Caf soit annulée et que la Fsf soit déclarée vainqueur de la Can ; La Fsf demande également la suspension immédiate du délai pour le délai de dépôt de mémoire d’appel jusqu’à ce que les motifs complets de la décision de la Caf soient notifiés ».
Le lendemain, le pool d’avocats de la Fsf a réagi à Paris avec des arguments pour assurer que le droit est avec le Sénégal, suggérant une procédure accélérée et même la constitution d’un dossier au tribunal pénal.
En attendant donc le verdict du Tas et le débat alimenté par la décision historique de la Caf, le Sénégal se sent aujourd’hui plus qu’hier champion d’Afrique, et le tribunal populaire le considéré aussi comme tel. Car oui, la vérité du terrain est toujours la meilleure.






