Saliou Sonko : « Mon premier salaire dans le foot, c’était 50 000 FCFA, j’étais à… »
Joueur polyvalent, capable d’évoluer aussi bien en défense qu’au milieu de terrain, Serigne Saliou Sonko est l’invité de notre rubrique « Les premières et dernières fois ». Le joueur de la Sonacos réalise actuellement un bon début de saison.
Saliou Sonko, ton premier match en tant que capitaine avec Sonacos ?
Saliou Sonko : C’était cette saison, lors de notre match contre Teungueth FC, qui s’est terminé sur un score nul (0-0). Je me sentais bien et je me suis dit que je devais donner le ton et assumer pleinement mon rôle de leader. Être capitaine, c’est une grande responsabilité : tu dois seconder le coach sur le terrain, replacer tes coéquipiers et les calmer dans certaines situations. Le jour du match, dans les vestiaires, l’entraîneur m’a simplement dit : « Sonko, tu seras le capitaine ». Mais même sans le brassard, à mon poste, je me dois d’être un leader et de montrer le bon exemple. J’ai fait mon match, nous avons partagé les points, et depuis, je suis toujours le capitaine.
La première chose qui te vient à l’esprit quand tu penses à l’équipe nationale locale ?
Ce serait quelque chose d’extraordinaire. Quand la patrie t’appelle, c’est exceptionnel de défendre les couleurs de ton pays. C’est une immense fierté et j’espère pouvoir vivre cette expérience très bientôt.
Le premier match qui t’a fait dire : « Je peux réussir dans le football » ?
C’était à Tambacounda, quand j’évoluais à Coton Sport. J’ai débuté à Don Bosco avant de rejoindre Coton Sport. Ensuite, lors de la saison 2020-2021, j’ai signé à l’AS Saloum avec Moustapha Seck, où j’ai disputé 26 matches. Quand le coach Tapha Seck est parti à l’US Ouakam, il m’a emmené avec lui. Après une saison en National 1 puis une autre en Ligue 2, je me suis dit qu’il était temps de prendre les choses au sérieux. A Ouakam, j’y ai côtoyé de grands joueurs, très expérimentés, et je me suis rendu compte que c’était possible.
Mes coéquipiers m’ont beaucoup aidé, notamment Samba « Toucouleur » Seck à Ouakam, qui me répétait que j’avais des qualités impressionnantes. Pascal aussi me disait souvent que j’étais polyvalent, à l’aise à tous les postes, et que je devais continuer sur cette lancée.
La première fois où tu as été homme du match ?
C’était contre TFC, lors de mon premier match en tant que capitaine. Je l’ai accueilli avec beaucoup d’humilité. Je me suis dit que seul le travail paie et que cette distinction était le fruit de mes efforts. Je sais toutefois que je peux faire mieux : redoubler d’efforts, travailler dur, rester humble et concentré.
Ta première prime ou ton premier salaire dans le football ?
C’était 50 000 FCFA, à l’AS Saloum (N1 à l’époque). Je me suis dit que ce n’était que le début. Je l’ai aussitôt envoyé à ma mère. Je lui ai simplement dit : « On nous a donné de l’argent, je te l’envoie, fais-en ce que tu veux ». Tout ce que je fais, c’est pour elle. Elle est tout pour moi. Je me suis toujours dit que mon premier salaire irait à ma mère.
La dernière fois que tu t’es disputé sur un terrain ?
Cela ne m’est jamais arrivé. Je préfère motiver mes coéquipiers plutôt que tenir des paroles négatives. Se disputer avec un partenaire ne mène à rien : quand on perd, on perd ensemble. Le coach est aussi là pour nous apprendre et nous apporter quelque chose. Je préfère apprendre plutôt que me battre.
La dernière fois qu’un joueur professionnel t’a offert son maillot ?
C’était Chérif Salif Sané, actuellement entraîneur de Coton Sport. À l’époque, j’étudiais à Mbour et j’étais en vacances à Tambacounda, où je jouais les Navétanes. Après un match de sélection auquel je participais, il m’a appelé et m’a dit : « Serigne Saliou Sonko, tu ne dois pas jouer ici. Avec tes qualités techniques et ta vision de jeu, tu mérites d’être découvert ».
C’était un bon joueur, passé par Dakar Sacré-Cœur et Casa Sports, sélectionné avec l’équipe locale par Moustapha Seck et même par Aliou Cissé en équipe nationale A. Depuis ce jour, nous sommes restés en contact. Il me conseille beaucoup et m’aide à progresser.
La dernière fois que tu as été surpris par un adversaire ?
C’était la saison dernière, contre Casa Sports, lors du match aller. Malick Sambou m’a énormément fatigué. C’est un très bon joueur, rapide, qui ne te laisse pas le temps de réfléchir. Je le dominais physiquement, mais techniquement, il est très fort. En un éclair, tu le vois devant les cages. En seconde période, le coach a ajusté la stratégie pour mieux le contenir. Nous avons encore eu des difficultés, mais moins qu’en première mi-temps.
La dernière fois que tu t’es blessé et que ça t’a fait peur ?
C’était lors de notre première saison en Ligue 1 avec l’US Ouakam. En préparation du match contre Teungueth FC, je me suis blessé à l’entraînement et j’ai été absent pendant un mois et demi. C’était ma première blessure et j’ai vraiment eu peur. Je me demandais si je pourrais rejouer un jour. Mais cette épreuve m’a beaucoup appris et m’a permis de gagner en expérience. Aujourd’hui, je sais mieux prendre soin de mon corps.
La dernière fois que tu as pleuré pour le football ?
C’était lors du match contre Wallydaan, au moment de la montée de l’US Ouakam en Ligue 1 en 2023. J’ai marqué le but de la victoire qui nous a permis de valider l’accession, après des années d’attente suite à la relégation. C’était exceptionnel, devant nos supporters. Ils étaient heureux, et j’ai pleuré en voyant leur joie et leur fidélité. C’était un moment extraordinaire.
Réalisé par Ndèye CAMARA






