Entretien I Samba Mballo (US Gorée) : « Le football a ses réalités »
Pour sa première saison en Ligue 1 sénégalaise, Samba Mballo a terminé vice-champion du Sénégal et meilleur gardien du championnat. Serein et solide dans ses cages, l’ancien de Oslo s’est livré à Dsports sur ses performances. Content et fier il est sans être totalement satisfait. Et sur sa non convocation en équipe nationale, Samba préfère tout remettre entre les mains de Dieu. Il s’est aussi prononcé sur la relégation de son ancienne équipe Oslo, malgré les bons joueurs dans son effectif.
Vous avez été élu meilleur gardien de la saison moins d’une semaine après avoir perdu le championnat à la dernière journée. Ce trophée suffit-il pour vous consoler ?
Être meilleur gardien c’est bien mais cela ne peut pas me consoler, j’aurais voulu que ce soit un trophée collectif. Gagner le championnat avec l’équipe, c’était mon objectif. Entre les deux, j’aurais choisi de gagner le championnat. Ça aurait été plus bénéfique. Perdre le championnat a vraiment été difficile. On voulait tellement le gagner. Toute cette saison, on s’est sacrifié pour y arriver. On a tout donné jusqu’à la dernière minute mais Dieu l’a voulu ainsi. C’était difficile dans le vestiaire, après la rencontre. Mais le président Augustin Senghor était là pour nous remobiliser. Quand on gagne ou on perd, il est toujours là pour nous encourager. Il nous a apporté son soutien et dit qu’il était fier de voir que l’on s’est battu toute la saison.
Qu’est-ce qui a manqué à l’US Gorée dans la course au titre ?
On a manqué de rien. C’est juste que ce n’était pas pour nous. Les gars ont tout donné. De la défense jusqu’à l’attaque, on a fait ce que l’on pouvait. On a joué tous nos matchs comme si c’était des finales. Des fois les matchs sont compliqués, mais on ne peut pas toujours gagner. C’est difficile d’enchainer les victoires parce qu’il n’y a pas de petites équipes dans ce championnat.
Savoir que vous avez battu le champion du Sénégal à l’aller (2-0) comme au retour (1-0) n’amplifie-t-il pas la déception ?
Non c’est le football. Gagner deux fois contre une équipe ne veut pas dire que vous serez champion. Ils ont perdu contre nous mais ils ont gagné d’autres matchs. Pas de regret. Notre seule déception, c’est au finish de ne pas remporter ce championnat.
Globalement, comment évaluez-vous votre première saison avec US Gorée ?
C’est une continuité de l’année dernière. J’étais en Ligue 2 et l’équipe dans laquelle j’étais a réussi la montée. Le travail continue. Je ne suis pas encore satisfait. Il me reste beaucoup de chose à accomplir mais je reconnais que c’était bien dans l’ensemble. Je ne suis pas totalement satisfait mais content et fier pour une première.
Ce trophée de meilleur gardien de la Ligue 1 sénégalaise, il représente exactement quoi pour vous ?
Beaucoup. Ça prouve que j’ai beaucoup progressé. L’an passé, j’étais en Ligue 2 avec Oslo, on est monté en Ligue 1. C’est ma première saison en première division et je suis désigné meilleur gardien, c’est donc un grand pas dans ma carrière. Mais tout ça c’est grâce à mon coach qui m’a donné la chance de garder les buts d’une grande équipe et mes coéquipiers qui ont montré une énorme solidité.
Malgré ce titre de meilleur gardien, sur quels aspects pensez-vous devoir vous améliorer davantage ?
On peut toujours s’améliorer quand on est dans le milieu professionnel. Je suis bien balle au pied mais je travaille toujours cet aspect pour continuer à m’améliorer là-dessus. Ma détente, mes relances, ma lecture du jeu et mes anticipations, je ne cesse de travailler tous ces aspects pour être perfectionniste. Après, je crois que mes entraineurs seront bien plus placés pour me dire ce que je fais le mieux et ce que je dois améliorer.
Quels sont vos modèles à ce poste ?
Mon modèle c’est Jan Oblak, le gardien de l’Atletico Madrid. C’est un gardien que j’admire énormément. Il est bon sur sa ligne, il est solide, il est serein devant ses cages et a un bon sens de communication avec ses défenseurs. Ça c’est un grand atout pour un gardien de but.
Au match aller contre AJel, vous avez encaissé un somptueux but de Ousseynou Fall Seck. L’avez-vous revu, pensez-vous qu’il était évitable ?
J’étais un peu surpris, peut-être avec un déplacement plus rapide je pouvais l’arrêter. Mais c’est comme ça des fois on encaisse des buts qu’on pouvait arrêter des fois non, c’est le football et c’est comme ça, mais je pense que je pouvais le stopper. Mais j’avoue que la trajectoire du ballon m’avait surpris et le tir était puissant. Mais pour moi tout ce qu’un gardien peut encaisser il peut l’arrêter.
Oslo avec lequel vous avez été promu en Ligue 1 la saison passée retourne en Ligue 2. Cette contreperformance vous surprend elle ?
Oui ça m’a beaucoup surpris vraiment. Quand on a commencé la saison, personne ne pensait que Oslo retournerait en Ligue 2. Ils ont de très bons joueurs comme Bop Gueye, Ousmane Diassy, Khalifa Ababacar Diouf, Mor Talla Ka… Mais le football a ses réalités, ce que tout le monde veut, tout le monde ne peut pas l’avoir. J’ai beaucoup de respect pour ce club qui m’a formé, qui m’a beaucoup appris. J’aurais aimé qu’il reste dans l’élite. C’était mon souhait. Mais c’est la loi de la compétition : il y a un champion, des relégués et des montées chaque année.
La sélection locale s’apprête à disputer le CHAN 2024. Etes-vous confiant de faire partie de la liste ?
Seul Dieu sait. Je travaille. Je me concentre sur ce que je fais. Le reste Dieu en décidera.

Entretien réalisé par Ndèye CAMARA







