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L’Olympique de Marseille ces dernières années, c’est au moins un Sénégalais dans l’effectif. La saison dernière, trois Lions ont défendu les couleurs olympiennes. Mais pour l’exercice 2024-2025, l’OM risque d’évoluer sans un Sénégalais. Pape Gueye est déjà parti, Iliman Ndiaye et Ismaila Sarr sont annoncés sur le départ. Pour y voir plus clair, Dsports a contacté le journaliste marseillais Samuel Massilia. Ce dernier est revenu sur la saison des Sénégalais, leur avenir sur la Canebière…

Entretien

Samuel, vous suivez au quotidien l’actualité de l’Olympique de Marseille. Ces derniers jours, on annonce Iliman Ndiaye du côté d’Everton, vous confirmez ?

A titre personnel, je ne peux pas le confirmer. Mais pour moi, son départ de Marseille me semble inévitable. En plus, en lisant un peu sur le net, je remarque que c’est une décision sagement réfléchie d’Iliman Ndiaye qui a envie peut-être de retourner en Angleterre pour des raisons personnelles.

Est-ce que c’est un transfert qui occupe l’actualité à l’OM ces derniers temps ?

Dans la ville et sur les réseaux sociaux, beaucoup parlent de ce transfert. Il faut savoir que quand Ndiaye est arrivé à l’OM, c’était son rêve d’enfant de porter ce maillot et de jouer dans ce stade (Vélodrome) et de vivre dans cette ville (Marseille). Il a eu un accueil fantastique quand il est arrivé à l’aéroport. Après, les supporters ont observé chaque fait et geste d’Iliman Ndiaye sur le terrain avec une grande attente. C’est ce qui a peut-être impacté ses performances.

Peut-on parler d’échec pour Iliman Ndiaye à Marseille ?

Son aventure marseillaise est clairement un échec. C’est malheureux de le constater, mais c’est la réalité. Il y a ce que l’on rêve et ce que l’on vit. J’étais assez content de son arrivée à Marseille l’année dernière. Il avait ce profil d’un joueur frisson par sa technique. Le fait d’être un meneur de jeu mobile. Il avait cette faculté à pouvoir soulever le Vélodrome. Pourtant, il fait partie des dix joueurs les plus utilisés durant la saison dernière.

Mais l’instabilité chronique sur le banc de l’OM (succession des entraîneurs) ne l’a pas aidé aussi. Donc, il y a plusieurs circonstances qui font que Ndiaye n’a pas réussi à Marseille. 4 buts et 3 passes décisives, c’est vraiment un rendement faible. Il faut aussi rappeler que le contexte marseillais est difficile. Ici, on demande l’immédiateté dans les résultats. La performance est exigée tout de suite.

« A Marseille, c’est : « Je t’aime, moi non plus »… on n’est pas patient »

L’arrivée de Roberto De Zerbi sur le banc n’a-t-elle pas précipité son départ ?

Je ne pense pas. Avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur, j’aurais aimé voir Ndiaye évoluer sous les ordres de De Zerbi. Je pense que la fin est un peu inachevée. C’est un joueur qui a construit une partie de sa vie en Angleterre et il aimerait y retourner.

En dehors de Ndiaye dont le départ n’est pas encore acté, on parle aussi de son compatriote Ismaïla Sarr qui pourrait quitter Marseille cet été ?

Oui, il est aussi une déception. On en attendait beaucoup. C’est un joueur qui est arrivé avec son expérience, un profil qui nous manquait, mais offensivement ça a été un apport minime. Il ne s’est jamais adapté aux schémas tactiques proposés par ses entraîneurs. Ce n’est pas un joueur qui a été décisif. S’il part, son transfert permettra de renflouer les caisses.

Ces dernières années, on constate que les recrues ont souvent du mal à s’adapter quand ils arrivent. C’est le cas récemment de Geoffrey Kondogbia, Joaquin Correa et des Sénégalais. Pourquoi ils n’ont pas réussi à convaincre ?

C’est une bonne question que je me pose souvent. Je me la pose en inverse aussi. C’est-à-dire, certains arrivent en anonyme, ils arrivent à briller. Mais quand ils quittent Marseille, ils sont perdus. Donc, pour répondre à votre question, il y a le contexte très solide, très large pour s’imposer à Marseille.

Mais cela ne suffit pas. Il faut avoir des qualités techniques. Je pense à Pierre Aubameyang qui s’est imposé en attaque olympienne, alors qu’autour de lui, il n’y avait pas de grands joueurs. Contrairement à ce qu’il avait dans de grands clubs comme à Barcelone, Arsenal…C’est parce qu’il a cette expérience. C’est quelqu’un de très adroit devant le but.

A Marseille, c’est : « Je t’aime, moi non plus ». A Marseille, on n’est pas patient. Ce sont des supporters souvent frustrés. Chaque année, on leur promet des trophées et, à la fin, il n’y a rien. La dernière célébration de trophée dans la ville remonte à 2010. Quand on vient ici, on sait qu’il faut mouiller le maillot et, malheureusement pour certains, le contexte est trop fort.

« Pape Guèye avait ce rôle de meneur au milieu de terrain »

Parlons de Pape Guèye qui a officialisé, il y a quelques jours, son départ de l’OM. Est-ce qu’on lui a vraiment donné l’occasion d’exprimer son talent ?

C’est un joueur que j’adore. Il avait ce rôle de meneur au milieu de terrain. Quand il est sur le terrain, il multiplie les aller-retour. Il était utile dans la récupération, c’est un joueur avec le plein d’intelligence. Il a eu sa chance par moments, mais parfois il ne l’a pas saisie. ça arrive dans une saison de rater quelques matchs et de se retrouver sur le banc.

C’est un départ qu’on peut regretter. Aujourd’hui, quand je vois le milieu de terrain de Marseille, on a plus Valentin Rongier, il est blessé et il ne retrouvera plus les facultés qu’il avait avant. Donc, Pape Gueye, c’est un élément que je garderais pour la saison à venir.

Est-ce que les dirigeants de l’OM voulaient vraiment le garder ?

Après, il faut voir en interne. Encore une fois, on n’a pas les tenants et les aboutissants. A un moment donné, il demandait une revalorisation salariale par l’intermédiaire de son agent. Mais dans un club où les finances sont surveillés de près, il y a le rendement sportif et financier à prendre en compte.

Souvenez-vous, à l’poque de Vincent Labrune, il y avait Florian Thauvin qui était mis sur le banc parce qu’il ne voulait pas partir alors que le club avait besoin d’argent pour renflouer les caisses. Finalement, il était obligé de quitter l’OM pour Newcastle. Moi, en tant que « spécialiste » de l’Olympique de Marseille, je pense qu’on va le regretter, on va regretter le départ de Pape Gueye.

« Il faut qu’on aille investir au Sénégal »

On parle de Villarreal comme prochain club, une bonne destination selon vous ?

C’est une bonne piste. En tant que suiveur du football, je le vois bien s’imposer dans le championnat espagnol, ça me semble cohérent. Villarreal, c’est une équipe avec un milieu de terrain où il y a Etienne Capoue. Par le passé, il y avait Coquelin (Francis). L’arrivée de Gueye va renforcer Villarreal.

Quand on parle de l’OM, on pense à Mamadou Niang, Souleymane Diawara, Habib Bèye, Bouna Sarr, Abdoulaye Diallo, Sylvain Ndiaye…qui ont marqué l’histoire du club. Pourquoi Marseille ne réussit plus aux Sénégalais ?

J’aimerais bien qu’on retrouve l’époque de Mamadou Niang qui est mon joueur préféré. C’est vrai que Bamba Dieng a été un échec parce qu’il avait la lourde responsabilité d’être le fameux grand attaquant qu’on attendait depuis des années. Donc, c’était difficile d’endosser ce costume quand on n’a pas d’expérience. A un poste comme le sien, Dieng ne pouvait pas s’imposer malheureusement.

Après, pourquoi les Sénégalais ne réussissent plus ? C’est peut-être un concours de circonstances. On va peut-être recruter d’autres qui vont fonctionner. Il faut qu’on aille investir au Sénégal. Il y a des joueurs qui ont énormément de potentiel et qui peuvent s’imposer à l’OM, ça dépend des postes. Pourquoi ne pas recruter des défenseurs, ou gardiens, un poste qui est un vrai débat à Marseille parce que Pau Lopez ne fait plus l’unanimité.

Propos recueillis par Aliou FAYE

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