Tabane Dieng, (AJEL) : « Le groupe a souffert de cette issue du championnat mais…»
De la 6e place à la lutte pour le titre. En une saison, Tabane Dieng a fait passer AJEL de Rufisque d’outsider à sérieux prétendant pour le titre de champion. Entre fierté d’un parcours exceptionnel et amertume d’avoir raté de peu le titre, le coach revient sur la gestion de son groupe, les choix forts, et son avenir encore incertain entre AJEL de Rufisque et les rumeurs qui l’envoient déjà au Yakaar.
Entretien
Coach, quand la saison a commencé, vous voyiez déjà jouer le titre avec l’AJEL, ou l’objectif a-t-il évolué match après match ?
Au début de la saison, notre premier objectif était d’être compétitifs et de faire mieux que la saison précédente. Mais très vite, à travers le travail quotidien, l’état d’esprit du groupe et les résultats obtenus, nous avons compris que nous pouvions viser plus haut. Le titre est devenu un objectif crédible au fil des journées.
S’il y a un match, une décision, un moment où vous êtes dit le titre est jouable, c’était lequel ?
Je pense que c’est après plusieurs matchs face à des adversaires directs où l’équipe a montré une grande maturité. À ce moment-là, j’ai senti que nous n’étions plus seulement une équipe capable de faire des résultats, mais une équipe capable de rivaliser pour le sommet.
Vous avez raté de peu le titre, ça fait plus mal que de ne jamais y croire ? Comment le vestiaire a digéré cela ?
C’est vrai que quand on est si proche, la déception est immense. Mais avec le recul, il faut aussi reconnaître le parcours exceptionnel réalisé. Le groupe a souffert de cette issue du championnat, mais il reste fier du travail accompli. Nous avons transformé une frustration en source de motivation pour l’avenir.
La saison dernière, l’équipe s’est classée à la 6eplace. Cette année, elle est classée 2e. C’est quoi la patte Tabane Dieng qu’on a vue cette saison à AJEL de Rufisque ?
Je ne parlerais pas de patte Tabane Dieng uniquement. C’est avant tout le fruit d’un travail collectif. Mais si je dois retenir quelque chose, c’est la rigueur, l’organisation, la discipline tactique et la conviction que chaque match doit être abordé avec ambition et humilité. Nous avions construit une équipe difficile à battre et capable de rivaliser avec n’importe qui.
Y a-t-il un choix tactique ou un joueur que vous avez lancé contre l’avis de tous, et qui a payé ?
Dans une saison, il y a toujours des choix qui suscitent des interrogations. J’ai toujours assumé mes décisions en me basant sur le travail observé à l’entraînement. Certains joueurs ont bénéficié de ma confiance alors que beaucoup doutaient d’eux, et ils ont répondu sur le terrain. Cela fait partie du rôle d’un entraîneur.
Qu’est-ce que cette saison vous a appris sur vous en tant que coach que vous ne saviez pas avant ?
Cette saison m’a confirmé ma capacité à gérer la pression et à maintenir un groupe concentré sur ses objectifs malgré les difficultés. Elle m’a également appris qu’il faut rester fidèle à ses convictions tout en gardant une grande capacité d’adaptation.
Entre la pression du résultat et la gestion d’un groupe, qu’est-ce qui vous a le plus épuisé cette saison ?
Sans hésiter, la gestion de tout ce qui entoure le terrain. Le football ne se limite pas aux entraînements et aux matchs. Il faut gérer les émotions, les attentes, les critiques et parfois certaines situations qui n’ont rien à voir avec le sportif. C’est souvent ce qui demande le plus d’énergie.
Si vous pouviez rejouer 10 minutes d’un match de cette saison, vous choisiriez lesquelles et vous changeriez quoi ?
Je choisirais probablement les dix dernières minutes d’un match xxoù nous avons laissé échapper des points importants. Avec l’expérience, il y a toujours des détails tactiques ou émotionnels que l’on aimerait mieux maîtriser. Mais le football est ainsi fait et il faut accepter les leçons qu’il nous donne.
Votre prolongation à AJEL de Rufisque a été annoncée à grande pompe. Qu’en est-il réellement ? Allez-vous continuer l’aventure ou avez-vous d’autres contacts ?
À ce jour, aucune décision définitive n’a été prise. Mon contrat est arrivé à son terme et il n’y a pas encore eu d’échanges officiels concernant une prolongation. J’ai énormément de respect et de reconnaissance pour AJEL. Pour le reste, nous prendrons la meilleure décision pour toutes les parties au moment opportun.
D’aucuns disent aussi que vous allez rejoindre le Yakaar de Rufisque. Est-ce que cette information est avérée aussi ?
Je respecte toutes les institutions sportives, y compris le Yakaar de Rufisque. Aujourd’hui, beaucoup de rumeurs circulent dans le football. Je préfère ne pas commenter les spéculations. Mon attention reste portée sur le bilan de la saison et sur la réflexion concernant mon avenir. Le moment venu, les informations officielles seront communiquées.





