A LA UNE Mondial 2026

« Une autre mentalité, de vrais guerriers » : Ferdinand Coly met en garde face à l’Irak

« On entendait parler de quarts de finale, de demi-finale, de ramener la Coupe à la maison…» Ferdinand Coly n’a pas sa langue dans sa poche. La hype était à son comble : le Sénégal, géant africain du Mondial. Mais voilà, après deux revers cuisants (3-1 contre la France, 3-2 face à la Norvège), le rêve s’est fissuré. Place à l’urgence, à la résilience, à l’espoir… tout en restant lucide.

12es au classement des troisièmes avec la pire différence de buts (-3), les Lions doivent tout donner face à l’Irak ce vendredi. La victoire est une nécessité, la qualification une obsession, même si la route est semée d’embûches. Et selon Ferdinand, le vrai changement pourrait venir… du banc.

« Il y a des joueurs qui méritent peut-être qu’on leur donne vraiment leur chance »

« Il y a des joueurs qui méritent peut-être qu’on leur donne vraiment leur chance, comme Iliman Ndiaye ou Habib Diarra », déclare Coly à Afrik-Foot. La question : après deux désillusions, va-t-on revoir la même sélection, vendredi ?

« Le coach assume ses choix, il a raison de le dire », concède Ferdinand. « Mais contre l’Irak, il va falloir adopter une autre attitude, une autre mentalité, avec de vrais guerriers. » Et pour cause ? « Les Irakiens ont de la qualité et ne vont pas se laisser faire, car ils ont aussi une chance de se qualifier. » La partie s’annonce rude, voire explosive.

« Il faudra en faire davantage, aller au combat »

Les déclarations d’avant le tournoi, ces discours d’optimisme béat, résonnent aujourd’hui comme un écho lointain. Ferdinand Coly insiste : « D’abord, passer le premier tour, et ensuite voir. » Mais pour gagner contre les Lions de Mésopotamie, il faut tout mettre sur la table, se battre comme des fous. Il faut du courage et de la sueur. « Il faudra en faire davantage, aller au combat », lâche-t-il.

Depuis le début du Mondial, la colonne vertébrale des Lions n’est pas à la hauteur de son aura. Kalidou Koulibaly, notamment, qui revient d’une longue absence pour blessure, est en difficulté. « Cela me fait de la peine, car c’est un très bon joueur, qui a beaucoup fait pour la sélection », confie-t-il, soulignant son manque de compétition. « Quand vous avez en face de vous Mbappé, Dembélé, Haaland ou Sorloth, ça ne pardonne pas. » Ferdinand Coly le sait : dans ce Mondial, on ne joue pas qu’au football, on joue avec la fierté d’un peuple.

« Il y a moins de Sadio-dépendance, mais… »

Sadio Mané, la légende vivante, symbole du Sénégal, semble moins influente qu’auparavant.
Coly reste toutefois optimiste : « Il y a moins de Sadio-dépendance, mais il reste un joueur très important. Or, depuis le début de la Coupe du monde, il est un peu à l’image de l’équipe, son influence dans le jeu est assez limitée. J’espère que vendredi, tous ceux qui seront sur le terrain seront ultra motivés, car ce sera un match très difficile… »

Les Lions, champions d’Afrique, naviguent en eaux troubles. Leur fierté affichée au Stade de France, leurs médailles brandies avec orgueil, semblent déjà loin. La sanction de la CAF a secoué leur trône. Pourtant, cette génération tenace a toujours su rebondir. Trois finales de CAN en quatre ans, deux titres, une histoire de résilience et d’audace. La suite doit être éclatante, pas une élimination prématurée qui ternirait leur réputation.

Mohamed NDIAYE

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